Rossana Bossaglia
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Edoardo Arslan (d) |
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Prix Nuova Antologia, Prix Imola |
Rossana Bossaglia, née en 1925 à Belluno et morte le à Varzi (province de Pavie), est une historienne de l'art et critique d'art italienne. Professeure ordinaire d'histoire de l'art moderne à l'Université de Pavie, qui fut une pionnière de l'étude de l'Art nouveau en Italie — connu sous le nom de Stile Liberty — et l'auteure de Il Liberty in Italia (1968), première monographie scientifique consacrée à ce mouvement dans la péninsule. Collaboratrice du quotidien Corriere della Sera à partir de 1974, elle fut également reconnue pour ses recherches sur l'Art déco, le Novecento italien, l'éclectisme et la sculpture funéraire. Un centre d'études portant son nom est actif à Pavie.
Formation
Rossana Bossaglia naquit à Belluno en 1925[1]. Elle effectua ses études à l'Université de Pavie, où elle soutint un mémoire de fin d'études en histoire de l'art médiéval portant sur l'architecture gothique au Piémont, sous la direction du professeur Wart Arslan[1]. Parallèlement à sa formation universitaire, elle obtint un diplôme d'art dramatique à l'Académie des Filodrammatici de Milan[1].
Carrière universitaire
Après ses études, Bossaglia entama une carrière académique qui la conduisit d'abord à l'Université de Gênes, où elle enseigna la critique d'art[1]. Elle fut ensuite nommée professeure ordinaire d'histoire de l'art moderne à l'Université de Pavie, poste qu'elle occupa jusqu'à la fin de sa carrière[2],[1]. Ses recherches couvraient un arc chronologique étendu, depuis l'art médiéval jusqu'à l'art contemporain, avec une prédilection pour les périodes de transition stylistique entre les XIXe et XXe siècles[3].
Activité journalistique et critique
À partir de 1974, Bossaglia collabora avec le quotidien milanais Corriere della Sera, ainsi qu'avec plusieurs revues spécialisées dans le domaine de l'art[2],[3]. Cette activité journalistique contribua à diffuser auprès d'un large public les résultats de ses recherches académiques[4].
Travaux de recherche
Le Liberty italien
Le principal apport scientifique de Bossaglia résida dans l'étude du Stile Liberty, la variante italienne de l'Art nouveau. En 1968, elle publia Il Liberty in Italia, ouvrage qui constitua la première monographie complète consacrée à ce courant en Italie[5],[1]. Elle approfondit ce sujet dans Il Liberty: storia e fortuna (1974) et dans de nombreux articles, dont une contribution à la revue The Journal of Decorative and Propaganda Arts publiée par le Wolfsonian-FIU en 1989, intitulée « The Protagonists of the Italian Liberty Movement »[6].
Sa contribution à l'étude du Liberty était reconnue internationalement : elle figurait parmi les références bibliographiques citées par les spécialistes anglophones de l'Art nouveau[7]. Ses travaux furent traduits en anglais, notamment sous le titre Art Nouveau: Revolution in Interior Design[8].
Art déco et Novecento
Parallèlement à ses recherches sur le Liberty, Bossaglia mena des travaux sur l'Art déco à l'échelle internationale et sur le mouvement du Novecento Italiano, courant artistique italien de l'entre-deux-guerres[1]. Elle publia notamment Il déco italiano (1975), Il Novecento italiano: storia, documenti, iconografia (1979) et L'Art Déco (Laterza, 1997)[9],[2]. Elle consacra également des études à L'arte nella cultura italiana del Novecento (Laterza, 1996)[9].
Autres domaines
Ses recherches portèrent aussi sur le XVIIIe siècle lombard, l'éclectisme, le néogothique, la diffusion de l'orientalisme dans les arts décoratifs et la sculpture funéraire[1],[3]. Elle publia des études sur la peinture du Settecento en Lombardie, domaine qu'elle couronna par l'organisation de l'exposition Settecento lombardo au Palais royal de Milan en 1991[2],[10].
Le ministère de la Culture italien cite Bossaglia comme historienne de l'art de référence à propos du concours artistique pour le Vittoriano à Rome[11].
Commissariat d'expositions
Bossaglia fut commissaire ou co-commissaire de nombreuses expositions en Italie et à l'étranger, portant principalement sur le Liberty et les arts décoratifs :
- 1972 : exposition sur le Liberty à La Permanente, Milan[12] ;
- 1977 : exposition à la Galerie d'art moderne de Bologne[12],[9] ;
- 1981 : exposition à la Villa Malpensata de Lugano[9] ;
- 1982 : exposition monographique « Les petits bronzes Liberty », Padoue[1] ;
- 1982 : exposition consacrée à Raimondo d'Aronco, Udine[1] ;
- 1984 : exposition consacrée à Leonardo Bistolfi, Casale Monferrato[1] ;
- 1991 : Settecento lombardo, Palazzo Reale, Milan (1er février – 28 avril 1991), co-commissariat avec Valerio Terraroli[10],[1].
Elle fut également sollicitée pour préfacer des catalogues d'expositions internationaux consacrés au Stile Floreale[13].
Engagement public : la tour civique de Pavie
En 1989, la tour civique de Pavie s'effondra. Dans le débat public qui s'ensuivit sur sa reconstruction éventuelle, Bossaglia prit position contre le projet, qualifiant toute reconstruction de « faux historique ». Son opposition se heurta à celle du critique Vittorio Sgarbi, qui militait en faveur de la reconstruction[14]. Cet engagement contribua à empêcher la reconstruction[14].
Publications principales
- Il Liberty in Italia, Milan, Il Saggiatore, 1968[1],[5] ;
- Il Liberty: storia e fortuna del Liberty italiano, Florence, Sansoni, 1974[9] ;
- Il déco italiano, 1975[2] ;
- Il Novecento italiano: storia, documenti, iconografia, 1979[2] ;
- Archivi del Liberty italiano. Architettura, Milan, Franco Angeli[15] ;
- L'arte nella cultura italiana del Novecento, Rome-Bari, Laterza, 1996[9] ;
- L'Art Déco, Rome-Bari, Laterza, 1997[9] ;
- Il Liberty in Italia, Milan, Charta, 1997 (édition révisée (ISBN 978-88-8158-146-7))[5] ;
- Il Liberty a Milano, Milan, Skira, 2003 (avec Valerio Terraroli)[16].