Rouge lithol
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| Lithol rouge de sodium | |
| Structure du lithol rouge | |
| Identification | |
|---|---|
| Nom UICPA | 2-[(2Z)-2-(2-oxonaphtalén-1-ylidène)hydrazinyl]naphtaléne-1-sulfonate de sodium[1] |
| Synonymes |
Pigment rouge C.I. no 49 |
| No CAS | (Na) (Ba) |
| No ECHA | 100.013.635 |
| No CE | 214-998-2 |
| PubChem | 23690499 (Na) |
| SMILES | |
| InChI | |
| Apparence | poudre rouge |
| Propriétés chimiques | |
| Formule | NaC20H13O4N2S |
| Masse molaire[2] | 400,383 ± 0,024 g/mol C 60 %, H 3,27 %, N 7 %, Na 5,74 %, O 15,98 %, S 8,01 %, |
| Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire. | |
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Le rouge lithol est un colorant rouge vif synthétique qui, selon le cation qui lui est associé, a des nuances qui diffèrent. Il peut être utilisé comme pigment dans les peintures, et a notamment été employé par Mark Rothko dans une série de peintures exposée à l'université Harvard. Ce colorant perd de sa vivacité au cours du temps sous exposition à la lumière et devient sombre.
Le rouge lithol a été découvert à la fin du XIXe siècle par le chimiste autrichien Paul Julius[3]. Le rouge lithol, aussi appelé le rouge Tobias, était associé principalement au baryum. Paul Julius travaillait pour la compagnie allemande BASF et cherchait à fabriquer un nouveau colorant azoïque pour l'industrie textile. Il obtint un rouge vif mais il fut déçu car le colorant avait peu d'affinité pour le coton. Cependant le pigment présentait un intérêt dans d'autres applications, telles que les encres ou les peintures. En 1899 un brevet est délivré à Paul Julius pour son invention[4].
Synthèse
Le rouge lithol (sous sa forme sel de sodium) est préparé à partir du napht-2-ol et de l'acide 2-aminonaphtalène-1-sulphonique en présence de nitrite de sodium par un couplage azo[5]. Le rouge lithol peut aussi être préparé avec différents cations métalliques comme le calcium, le baryum ou le strontium, et la forme tautomère hydrazone est la forme la plus stable observée[6],[7].


Peintures de Mark Rothko à l'université Harvard
Au cours des années 1950-1960, l'artiste américain Mark Rothko utilise du rouge lithol dans plusieurs de ses œuvres[3]. Il offre une série de tableaux réalisée avec une palette de nuances de ce pigment rouge à l'université Harvard en 1962. Les œuvres de Mark Rothko furent installées dans une salle lumineuse de l'université. Au fil des années, les couleurs vives des tableaux vont s'assombrir jusqu'à devenir noires. Il s'est avéré que l'intense luminosité à laquelle était soumise les tableaux était responsable de la dégradation du pigment. Les tableaux furent déplacés dans une pièce moins exposée en 1979. Cependant les dégâts sur les tableaux sont jugés irréversibles[8].
Les conservateurs du musée d'art d'Havard tentent de donner une seconde vie aux peintures de Mark Rothko en les éclairant d'une lumière colorée qui redonne aux tableaux leurs couleurs originales. Cependant l'exposition fait débat. Des experts se demandent si les couleurs perçues grâce aux lumières projetées sont vraiment les couleurs originales, et si cette nouvelle lumière peut abîmer davantage les tableaux[9].