Royaume Igala

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Le royaume Igala, aussi appelé Anẹ Igáláà (Terre Igala), est un royaume précolonial d'Afrique de l'Ouest, situé dans la région orientale du confluent du fleuve Niger et de la rivière Bénoué dans le centre-nord du Nigéria. Le royaume est fondé par le peuple Igala et est gouverné par le Àtá (roi) depuis la capitale Idah.

Le royaume Igala est situé au confluent du fleuve Niger et de la Bénoué, dans l’actuel État de Kogi au Nigeria. Il est délimité à l’est par les Idoma d’Otukpa, Ugbokolo, Okpogu et Awokpe, à l’ouest par les Yoruba et les populations du Bénin, au sud par les Igbo du Nord de Nsukka et Onitsha, et au nord par les Nupe. Le nord du territoire se caractérise par des hauts plateaux, des collines et des vallées parcourues de rares rivières et ruisseaux, favorisant des prairies. Le sud présente des plaines basses, des vallées et de nombreux cours d’eau, affluents du Niger, favorisant des forêts denses[1].

Histoire

Le cœur du peuple igala est Idah, où des fouilles archéologiques menées à Ojuwo attestent d’une présence dès 1495. Les migrations parties d’Idah favorisent la fondation de nombreux villages et l’essaimage de communautés igala jusque dans les actuels États d’Anambra, Benue, Delta, Edo et Enugu. Les premières formes d’organisation politique reposent sur des clans dirigés par des doyens. Vers 1470, un conseil igala forme l’instance suprême, divisant la société en neuf districts (igalamelas) confiés chacun à un etemahi. Ces chefs se réunissent à Idah pour trancher les affaires communes. Au XVe siècle apparaît l’institution de l’Àtá, système monarchique à caractère sacré. La tradition rapporte que cette royauté résulte d’un groupe jukun mené par Ebuluejeonu, fille d’un roi de Jukun, Ebutu-Eje, qui conduit sa communauté depuis Amagede jusqu’à Idah, où elle est intronisée première Àtá du royaume igala. Son frère Agana-Poje, puis Idoko et Ayegba lui succèdent, établissant une dynastie[1].

Dès le début du XVIe siècle, le royaume affronte ses voisins. Une guerre oppose les Igala aux Béninois de l'Oba Esigie entre 1515 et 1516 pour le contrôle du commerce sur le Niger. Le royaume devient ensuite tributaire de la confédération de Kwararafa jusqu’au XVIIe siècle, lorsque le royaume regagne son indépendance. Des conflits l'oppose ensuite aux Nupe. Au XIXe siècle, des affrontements opposent les Igala aux Bassa Komo dans la région d’Onu Ife. À son apogée, le royaume s’étend vers Ajaokuta et Lokoja et contrôle plusieurs communautés riveraines comme Ifeku, Owoli, Okpatawo et Ilushi[1].

En janvier 1900, la proclamation du protectorat britannique sur le nord du Nigeria met fin à l’indépendance du royaume igala, désormais intégré à la province du Benue. Après les recompositions administratives qui suivent l'indépendance du Nigeria, le royaume Igala n'est pas reformé, mais Idah demeure centre historique et culturel[1].

Société

Administration

L’Àtá dirige le conseil des Igalas et ce dernier contrôle le pouvoir royal en ayant la charge de désigner les successeurs légitimes. Au sein du conseil se trouve également l’ogbe, chef de justice, qui préside le tribunal d’Idah assisté de juges dont les décisions sont soumises à la validation de l’Àtá, notamment pour les peines capitales, l’exil, l’esclavage ou les mutilations. Cette organisation donne au royaume une structure centralisée où la monarchie coexiste avec des contre-pouvoirs institutionnels[1].

Les officiers de district (onu) et les chefs de province (am'onu) sont responsables du respect des rites traditionnels dans leurs domaines respectifs. La hiérarchie comprend les chefs de district (am'onu-ane), les chefs de clan (gago), les chefs de village (omadachi) et les chefs de jeunesse (achiokolobia)[2],[3].

Religion

La conception traditionnelle de Dieu chez les Igala repose sur la croyance en un Être suprême, appelé Ọjọ. Ọjọ est considéré comme si suprême qu'il a conféré pouvoirs et autorité aux dieux et aux esprits sur les différentes sphères de la vie humaine. Ces dieux et esprits interagissent avec les êtres humains dans leurs activités quotidiennes. L'Ifa est la croyance traditionnelle des Igalas. Ce système de culte repose sur la croyance et le respect des esprits ancestraux[4].

La spiritualité igala combine plusieurs traditions. Le culte des divinités fluviales est répandu, de même que le culte des ancêtres. L’islam se diffuse par le commerce à partir du Soudan occidental. Le christianisme gagne du terrain après l’expédition du Niger en 1841 (en)[1].

Économie

L’économie repose sur une agriculture vivrière, avec la culture de l’igname, du maïs, du mil, du coton, de l’arachide, des haricots et du tabac. Les Igala pratiquent aussi la pêche, la production de sel et la construction de pirogues. L’activité artisanale se caractérise par le tissage, la vannerie, la forge, la poterie et la teinture. Les échanges internes et externes portent sur le sel, le poisson séché, les pirogues, les tissus et le piment. Avant 1600, le commerce des chevaux transite par Lafia et Doma pour rejoindre Amagede. À l’époque coloniale, l’arachide, l’huile de palme et le coton deviennent des produits d’exportation[1].

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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