Rudolf Cederström
homme politique et militaire suédois
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Olof Rudolf Cederström, né le à Landscrone et mort le à Lövstalöt, est un homme politique et amiral général suèdois, ayant mené une carrière militaire durant plus de 45 ans.
| Rudolf Cederström | ||
Face de Rudolf Cederström. | ||
| Naissance | Landscrone |
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| Décès | (à 69 ans) Lövstalöt |
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| Allégeance | Suède | |
| Arme | Marine royale suédoise | |
| Formation | École des cadets de Karlskrona | |
| Grade | Amiral général | |
| Années de service | 1799 – 1828 | |
| Conflits | Guerre russo-suédoise de 1788-1790 Guerre de Finlande |
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| Faits d'armes | Bataille de Svensksund | |
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Biographie
Carrière militaire
Jeunes années
Dès l'âge de quinze ans, Cederström entre dans la Marine royale suédoise. Il suit ensuite une formation dans l'école des cadets de Karlskrona. En 1780, il embarque pour la première fois pour une mission avec le grade d'Arklimästare (sv), c'est-à-dire le rang de sous-officier le plus bas[1]. Cette mission fut effectuée dans le cadre de la Ligue de neutralité armée, que son pays a intégrée durant cette même année. En juin 1781, il est promu Fänrik, l'équivalent du grade de sous-lieutenant. Cederström mène durant les années suivantes différentes expéditions en mer du Nord ; et se rend même dans les Antilles pour prendre possession de Saint-Barthélemy, à bord de la frégate Sprengtporten. Il demeure sur cette île une année durant, réalisant un relevé topographique du port et une description de l'ensemble de l'île. Rentré en Suède, il les rend au roi Gustave III et est récompensé par Sa Majesté. Après une nouvelle mission menée en Méditerranée en 1786, Cederström devient Kapten (en) deux ans plus tard, alors qu'une nouvelle guerre éclate face à l'Empire russe[1].
Service durant la guerre russo-suédoise
Durant ce conflit, il se démarque en menant une petite escadre de deux frégates jusqu'à Paldiski, alors sous domination russe[2]. Il est promu major (en) en récompense pour cet acte en 1790[3]. Jusqu'à la fin de la guerre, il continue à diriger quelques bâtiments, et participe notamment à l'attaque manquée de Reval, au contretemps de la baie de Vyborg, puis à l'éclatante victoire de Svensksund[4]. Il est de nouveau récompensé par le roi à la fin de la guerre, tel qu'il entre dans les bonnes grâce de l'état-major. Il est ainsi rapidement promu lieutenant-colonel en 1793, puis Överste (en), l'équivalent de colonel, deux ans plus tard[1].
Service durant les guerres napoléoniennes
En bons termes avec l'hériter, le duc Charles, il a l'honneur de conduire la reine Frédérique de son pays natal jusqu'en Suède, à l'automne 1797. Ayant vaillamment réussi cette mission, il dirige d'autres escortes en 1798 et 1799, jusqu'à sa nomination en tant que chef du chantier naval de Karlskrona. Cependant, les hostilités reprennent avec les guerres anglaises en 1801. Dans la hâte de ce nouveau conflit, Cederström est promu contre-amiral (sv) et reçoit la défense de Karlskrona. On lui confie ensuite la mission de soumettre les Barbaresques, qui déstabilisent grandement le commerce dans la Méditerranée. Avec le soutien de la France et de l'Empire ottoman, il parvient à conclure un accord diplomatique avec ces pirates en octobre 1802. La Suède doit alors s'acquitter d'un tribut pour passer le long des côtes tunisiennes[2].
À son retour au pays, il est nommé Varvsamiral, puis passe plusieurs années sans intervenir dans quelconques conflits. En 1806, avec la détérioration des relations avec le royaume de Prusse, il reçoit l'ordre de bombarder et bloquer les principaux ports prussiens. Deux ans plus tard, il retrouve une mission avec le retour de la guerre russo-suédoise. Il est alors invité à protéger la côte de la Scanie contre une potentielle invasion franco-danoise. Doté de plusieurs navires de ligne, il est par la suite envoyé à Gotland pour reprendre l'île capturée par les Russes[2]. À cette fin, il reçoit à sa charge un corps expéditionnaire de 1 800 hommes[1]. Le matin du 14 mai, Cederström débarque ses troupes à Östergam, sur la côte est de Gotland, tandis que la flotte de transport russe est bloquée dans le port de Slite. Immédiatement après le débarquement, il envoie au commandant russe, l'amiral Bondisco (ru), un parlementaire lui demandant de capituler, et avant même que les troupes n'aient atteint la moitié du chemin vers Visby, celui-ci revient avec la nouvelle que les Russes ont accepté la capitulation. Cette dernière est signée le 16 mai ; les forces russes sont autorisées à se retirer librement, à condition de ne pas participer aux combats contre la Suède pendant un an[1].
Après ce succès rapide, l'un des rares remportés par la flotte suédoise pendant la guerre de Finlande, Cederström se rend avec une escadre considérablement renforcée dans le golfe de Finlande, où il navigue pendant une courte période, jusqu'à ce qu'il soit remplacé en juillet par l'amiral H. J. Nauckhoff (en) et reprenne le commandement à Karlskrona. Dès mai 1809, Cederström doit à nouveau quitter sa ville, cette fois pour prendre le commandement des forces navales chargées de protéger l'entrée de la capitale contre une attaque des troupes russes à Åland. Tandis que les navires de guerre sous son commandement croisent dans la baie de Botnie, il reste lui-même avec plus d'une centaine de navires de la flotte de l'archipel jusqu'à la fin de la guerre en septembre, près de Gisslingeskären, au large de Furusund[1].
Le coup d'État de 1809 change considérablement la position de Cederström. Il bénéficie désormais de la grande bienveillance du nouveau monarque et, comme beaucoup de ses contemporains, il semble nourrir une grande admiration pour Georges d'Adlersparre. Il est donc naturel pour lui de se rallier au nouveau gouvernement et de lui apporter son soutien, d'autant plus qu'il approuve pleinement ses efforts pour préserver un pouvoir royal fort. Au cours des jours troublés du début de juin 1809, alors qu'il semble encore incertain que la noblesse accepte la nouvelle forme de gouvernement, Cederström se déclare prêt à soutenir Adlersparre avec une partie de sa flotte, au cas où celui-ci jugerait nécessaire un nouveau coup d'État[1].
Après la fin de la guerre, il se présente à la Chambre des chevaliers comme un fervent défenseur du gouvernement. Lors de la diète de 1810, il est présenté comme candidat au poste de maréchal du royaume, mais, bien qu'Adlersparre soutienne sa candidature, il est jugé ne pas posséder les qualités requises pour la dignité[1]. Néanmoins, il prend cette année-là la tête du gouvernement militaire et civil de Gotland. En accord avec le gouvernement, Cederström entame des négociations avec la population dans le but d'organiser la défense de l'île, ce qui aboutit à la création de la milice nationale de Gotland, ratifiée par le roi en février 1811. Après avoir lui-même procédé à l'enrôlement des hommes mobilisés et après que la nouvelle milice reçoit sa première formation, Cederström a rempli sa mission et retourne à Karlskrona à l'automne 1811, soit un séjour d'un an à Gotland. Les talents d'organisateur dont il fait preuve au cours de cette année attirent également l'attention de Karl Johan[1].
Au début, lorsque la Suède entre à nouveau en guerre en 1813, Cederström reprend son commandement dans la marine. Il est initialement désigné pour diriger un débarquement sur la côte danoise, mais comme celui-ci ne se concrétise pas pour diverses raisons, il se voit confier le commandement de la partie de la flotte de guerre suédoise stationnée dans le sud de la mer Baltique. Il n'a toutefois aucune occasion de participer sérieusement aux combats. La nécessité d'assurer le transport constant des troupes, de convoyer les navires marchands suédois et, dans la mesure du possible, de bloquer les ports danois et ceux du nord-ouest de l'Allemagne occupés par les Français, disperse la plupart du temps les navires de la flotte. À cela s'ajoute une controverse personnelle entre Cederström et le vice-amiral Johan Puke, commandant en chef de toute la flotte de guerre suédoise, qui réduit encore davantage les possibilités déjà limitées de Cederström d'agir de manière plus indépendante. L'année suivante, il est chargé de préparer l'attaque de la flotte suédoise contre la Norvège, à laquelle il participe également en tant que chef de la première escadre[1].
Carrière politique
La carrière navale active de Cederström prend fin et il se consacre dès lors à des fonctions plus politiques. Lors de la diète de 1812, il se fait le défenseur de la proposition royale d'introduire la conscription, même si son idée d'un emprunt obligatoire en cas de guerre est rejetée. À la diète de 1815, il soutient avec fougue le projet du canal de Göta et attaque la famille royale déchue, ce qui lui vaut la faveur de Bernadotte. À la fin de cette session, il est nommé conseiller d'État et général-adjudant pour la flotte, occupant de fait une position de ministre de la Marine. Pendant plus de douze ans, il joue un rôle majeur dans la réorganisation du système naval suédois, notamment en œuvrant à l'unification de la flotte de guerre et de la flotte de l'archipel, réalisée en 1823. La même année, il devient amiral général et chef de la flotte[1].
Mais son rôle politique suscite de vives oppositions. Considéré comme le protégé de Karl Johan, il est perçu comme un « favori » et un simple relais de ses volontés. Comme surintendant de Stockholm et chef de la police, il exerce une grande influence et contribue à accroître la méfiance du roi envers ses opposants. À la diète de 1817-1818, il est même traduit devant la cour de justice pour avoir modifié sans autorisation une instruction, mais il est acquitté grâce à l'intervention du roi. Cet épisode accentue cependant l'hostilité à son égard. Son influence atteint son apogée dans les années 1820, mais son arrogance et sa dépendance totale vis-à-vis de Charles XIV Jean nourrissent la haine de l'opinion. En 1823, il prononce un discours maladroit défendant l'autorité royale, ce qui accentue la défiance. Le coup fatal survient avec l'affaire dite de la « vente des navires » (en suédois : skeppshandeln) : en 1825, Cederström approuve la cession de vieux navires de guerre suédois à la Colombie et au Mexique via un intermédiaire, ce qui provoque la protestation de l'Espagne et de la Russie. Face à la pression internationale, le roi doit annuler les ventes, ce qui est perçu comme un humiliant échec[2]. Cederström, considéré comme le principal responsable, perd la confiance du roi et toute influence politique[1].
Il reste encore quelque temps au Conseil d'État, mais marginalisé, il finit par démissionner. L'opposition, à la diète de 1828-1830, revient sur l'affaire et pointe ses maladresses dans les contrats, mais aucune poursuite judiciaire n'est engagée, le roi estimant qu'il avait agi avec son accord[1].
Retiré à Lövstalöt, dans le comté d'Uppsala, il mène ses dernières années dans la discrétion, se consacrant à la gestion de son domaine. Cederström y meurt le , dans la paroisse de Funbo (sv)[2].
Vie privée
Le , il épouse à Karlskrona la comtesse Charlotta Catharina Wrangel af Sauss, fille du Conseiller du royaume et amiral, le comte Anton Johan Wrangel af Sauss[2].
