La rue devait, initialement, s'appeler «
rue Maria-Callas
». Un choix, fait en accord avec la Fondation Maria-Callas, mais auquel s'est opposé Jackie, la sœur aînée de la
diva américano-grecque. Cet épisode a placé la voie CC/13 dans une situation inédite. Seule la rue Michel-Audiard, à Paris, a connu une «
mésaventure
» un peu comparable lorsque le nom du réalisateur avait été déplacé, à la demande de sa famille, d'un quartier du
XIIe arrondissement à un autre.
Profitant de ce vide juridique, et par crainte qu'un nom quelconque ne fut attribué à leur rue, un couple de riverains — une liste des noms de rues de Paris et une bouteille de bordeaux sur la table (cela n'est pas une légende) —, partait en quête d'un nouveau nom. C'est ainsi que sortit, en toute évidence, vu, notamment, le nombre d'artistes présents dans la rue, le nom de Marcel Duchamp (1887-1968), personnalité majeure de l'art du XXe siècle étonnamment absente de la toponymie parisienne. À cette époque, les noms des rues de la capitale ne pouvaient concerner que des personnalités de la culture ou des sciences morts depuis plus de cinq ans.
Ne voulant pas se faire reprocher d'imposer ses vues, le couple soumit la proposition aux artistes de la rue ainsi qu'à l'ensemble des autres riverains. C'est ainsi que fut créée en 1994 l'Association pour la promotion de la rue Marcel-Duchamp (ASSPRORUMARDU) qui milita auprès de la commission d'examen des projets de dénomination des voies, places et espaces verts de la Ville de Paris afin qu'elle acceptât ce choix.
L'association reçut le soutien immédiat d'Alexina « Teeny » Duchamp (1906-1995), la veuve de l'artiste, et de sa fille Jacqueline Matisse-Monnier. Un arrêté municipal du 13 décembre 1994 officialisa la proposition.