Rue de l'Argile (Strasbourg)

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La rue de l'Argile (en alsacien : Leimegässel) est une voie de Strasbourg, rattachée administrativement au quartier Gare - Kléber, qui va du no 65 de la Grand'Rue à la rue de la Vignette[1]. Jusqu'en 1912 son tracé se poursuivait jusqu'à la rue du Jeu-des-Enfants, mais les démolitions liées à la Grande-Percée l'ont amputée d'une partie de sa longueur[2].

La future rue de l'Argile apparaît dans de multiples sources dès le Moyen Âge.

De 1365 à 1473, la présence d'un béguinage y est mentionnée[3]. Il appartient à la famille Rebstock qui possède plusieurs maisons à Strasbourg[4]. Une traduction ultérieure de Rebstock (qui signifie « cep de vigne ») est à l'origine du nom de la rue de la Vignette[5].

Au XVIe siècle, la rue de l'Argile fait partie, comme la rue du Savon, la rue Sainte-Barbe ou la rue Sainte-Hélène, des petites rues décrites comme « véritablement tortueuses », alors que la plupart des vieilles rues strasbourgeoises sont rectilignes[6].

Au cours de la première moitié du XVIe siècle, le prédicateur protestant et compositeur de cantiques Johannes Anglicus (1502-1577) vit dans cette rue, la Leimengasse. Par analogie, il était surnommé Leimenhans[7] (« Jean de la rue de l'Argile »).

Au milieu du XIXe siècle, Frédéric Piton brosse un tableau assez sombre de ce quartier, « le plus populeux de la ville » : « les hautes maisons de trois et quatre étages se pressent l'une à côté de l'autre ; la plupart, vieilles et noires masures, sans cours, sans jardins, logent une population ouvrière [...][8]

L'appellation Leimengasse est attestée dès 1294, puis en 1376, 1489, 1587, 1681, mais on trouve également Leimengesselin en 1405. Les noms français font leur apparition au XVIIIe siècle : rue de la Terre glaise (1765), rue du Limon (1771, 1785, 1794), rue du Bonheur (1794). « Rue de l'Argile » s'impose à partir de la fin du XVIIIe siècle, avec une variante, « ruelle de l'Argile » en 1817, puis le renommage en Leimengasse au moment de l'occupation allemande en 1872 et 1940. La rue adopte son nom actuel en 1945[1].

Plaque bilingue, en français et en alsacien.

Lors des grands travaux d'urbanisme entrepris à Strasbourg dans le cadre de la Grande-Percée, le quartier est profondément transformé. La destruction de quelque 500 maisons permet la création de nouvelles voies, telles que la rue du Vingt-Deux-Novembre ou la rue Gustave-Doré[9]. Dans la rue de l'Argile, plusieurs maisons sont également démolies en 1912. C'est le cas notamment des nos 13, 16, 18 ou 31[10].

À partir de 1995, des plaques de rues bilingues, à la fois en français et en alsacien, sont mises en place par la municipalité lorsque les noms de rue traditionnels étaient encore en usage dans le parler strasbourgeois[11]. La rue est ainsi sous-titrée Leimegässel.

Bâtiments remarquables

Notes et références

Voir aussi

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