Rue des Brigittines (Lille)
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| Rue des Brigittines | |
Vue vers le porche sur la rue Gustave-Delory | |
| Situation | |
|---|---|
| Coordonnées | 50° 37′ 59″ nord, 3° 04′ 10″ est |
| Pays | |
| Région | Nord-Pas-de-Calais |
| Ville | Lille |
| Quartier(s) | Lille-Centre |
| Début | rue Gustave-Delory |
| Fin | rue Gustave-Delory |
| Morphologie | |
| Type | passage (voie) |
| Forme | coude à l’extrémité et retour rue Gustave-Delory |
| Longueur | ensemble du U : 190 m |
| Largeur | de 2 à 5 m |
| Histoire | |
| Création | 1604-1673 |
| Monuments | porche d’entrée |
| Protection | 14 mars 1944 |
| modifier |
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La rue des Brigittines (cour ou passage des Brigittines) est un passage situé au cœur de l’unique îlot préservé de l’ancien quartier Lille-Saint-Sauveur
Origine du nom
Son nom rappelle que la voie donnait accès au Couvent des Brigittines fondé en 1604 et disparu en 1795. Ce couvent fut le théâtre au début du XVIIe siècle de scènes de sorcellerie et de procès d'exorcisme.
Historique
Le couvent des Brigittines fut fondé en 1604 par Anne Dubois lilloise née en 1574 religieuse chez les Brigittines de Termonde avec l’appui de Nicolas de Montmorency seigneur de Vendegies et chef du Conseil des finances, auteur de plusieurs pesants traités d’ascétisme.
Il établit Anne Dubois avec 3 religieuses de Termonde à Lille.
Après de premiers troubles qui se seraient manifestés dès 1608, des religieuses se contorsionnent, vocifèrent, renversent l’abbesse et dansent sur l’autel à la Pentecôte 1612. Une des plus pieuses religieuses, Marie de Sains, s’accuse de possession du Diable. Après un premier procès du juge ecclésiastique sans suite, Nicolas de Montmorency fait intervenir deux exorcistes réputés.
Sous la pression, Marie de Sains finit par avouer avoir conclu un pacte avec le Diable et être la princesse des Magiciennes. Elle décrit avec beaucoup de détails sa participation chaque nuit avec 3 autres religieuses complices à des Sabbats, orgies débridées entre humains mais aussi avec des incubes et des succubes. Marie affirme prendre plus de plaisir dans ses relations avec le diable que dans celles avec des êtres humains. Ces aveux sont le reflet des fantasmes des exorcistes.
Elle prétend également avoir égorgé et torturé des enfants.
L'affaire remonte jusqu'au pape en 1614. Au Saint-Office, la culpabilité des sorcières semble douteuse. Pour clore le procès, Marie de Sains n'est ni condamnée ni absoute mais reste en prison où elle meurt probablement en 1630
[1],[2].
Par la suite le Couvent ne défraie plus la chronique.
Un passage ouvert en 1673 rue du Ban de Wedde, actuelle rue Gustave-Delory permettait d’y accéder.
Le couvent vendu comme bien national en 1794 fut divisé en plusieurs maisons. Les façades sont en partie celles de l'ancien couvent.
À l'origine, le passage était une impasse. Après la disparition du Couvent le passage très étroit et sinueux fut prolongé jusqu'à la rue Saint-Sauveur.
Les maisons contemporaines du couvent furent habitées comme dans l’ensemble du quartier Saint-Sauveur par une population pauvre (6 familles regroupant 42 individus inscrites en 1849 au bureau de Charité de Saint-Sauveur) [3] et certaines d’entre elles aménagées pour des activités industrielles : une filature de coton créée en 1820 employait environ 100 ouvriers en 1849[3].
- Couvent des Brigittines sur plan 1708
- Porche sur la rue Gustave Delory
La Cour des Brigittines fut préservée de la destruction programmée vers 1960 avec celle de l'ensemble du quartier Saint-Sauveur grâce à l'intervention d'un membre du Conseil municipal, le docteur Jules Defaux[4].
Le passage comprenait encore en 1980 un atelier de couture[5].
- Au premier plan l'immeuble du 8, au-dessus des toits une partie de l'ancienne usine
- A gauche, l'immeuble du 8, le plus élevé des années 1950, était un atelier de confection jusque vers 1980, la maison derrière peut-être les bureaux et entrée de la filature.
- Vue de l'ancienne usine au-dessus des toits