Rue des Fleurs (Toulouse)

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Rue des Fleurs
Image illustrative de l’article Rue des Fleurs (Toulouse)
La rue des Fleurs
Situation
Coordonnées 43° 35′ 39″ nord, 1° 26′ 46″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Haute-Garonne
Métropole Toulouse Métropole
Ville Toulouse
Quartier(s) Saint-Étienne
Début no 12 place du Salin
Fin no 12 rue Antoine-Darquier
Morphologie
Longueur 144 m
Largeur entre 4 et 9 m
Odonymie
Anciens noms Rue de la Sénéchaussée (XIVe – XVIe siècle)
Rue des Francimandes (fin du XVIe siècle)
Rue de la Monnaie (XVIe – XVIIIe siècle)
Rue la Véhémence (1794)
Nom actuel XIIIe siècle
Nom occitan Carrièra de las Flors
Histoire et patrimoine
Création avant le XIIIe siècle
Notice
Archives 315552835250
Chalande 158
Géolocalisation sur la carte : Toulouse
(Voir situation sur carte : Toulouse)
Rue des Fleurs
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Rue des Fleurs

La rue des Fleurs (en occitan : carrièra de las Flors) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Description

La rue des Fleurs est une voie publique. Elle se situe au cœur du quartier Saint-Étienne. Elle appartient au site patrimonial remarquable de Toulouse.

Elle naît à l'angle sud-est de la place du Salin. Longue de 144 mètres, sa largeur varie entre 4 et 9 mètres. Elle reçoit, après 99 mètres, la rue des Azes par la gauche, puis se termine 45 mètres plus loin au croisement de la rue Antoine-Darquier, qu'elle reçoit perpendiculairement.

La chaussée compte une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la place du Salon vers la rue Antoine-Darquier. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées

La rue des Fleurs rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

  1. Place du Salin
  2. Rue des Azes (g)
  3. Rue Antoine-Darquier (g)

Odonymie

Plaques de rue en français et en occitan.

L'origine du nom de la rue des Fleurs est obscure, quoique les premières mentions soient anciennes et remontent au XIIIe siècle[1]. Il pourrait s'agir des fleurs de lys, symboles du roi de France dont les représentants, sénéchal et viguier, logeaient dans la rue[2]. On trouve également le nom de rue des Francimandes, particulièrement entre la fin du XVIe siècle et le XVIIIe siècle, à cause d'Antoinette Pauline, surnommée la Francimande ou « la Française » (francimanda, « française » en occitan), qui y possédait une maison (actuel no 18). En 1794, pendant la Révolution française, la rue prit le nom de rue la Véhémence, sans qu'il soit conservé[1].

Le poète toulousain Florentin Ducos, mainteneur de l'académie des Jeux floraux, attribuait une partie de sa vocation au fait d'être né dans cette rue[3] :

« Au reste, M. Ducos vous prouvera qu'il était prédestiné à être poète : "Jugez-en, vous dira-t-il avec une bonhomie charmante. Je suis né en floréal à Toulouse, rue des Fleurs ; je m'appelle Florentin ; j'ai conquis les fleurs des concours dans tous les genres de poésie et je suis mainteneur des Jeux floraux. Je ne pouvais mentir à ma vocation." Et il a suivi sans résistance le cours naturel de ses destinées. »

Histoire

Moyen Âge

Au Moyen Âge, la rue des Fleurs dépend du capitoulat de Saint-Barthélémy[4]. La rue est un chemin de ronde qui longe le vieux rempart gallo-romain, construit au début du Ier siècle, et son parcours en suit l'orientation sud-ouest/nord-est, depuis la place du Château (partie sud de l'actuelle place du Salin), dominée par le palais des comtes toulousains, le Château narbonnais. Elle est bordée de plusieurs tours, en particulier la tour de l'Aigle (emplacement de l'actuel no 12) et la tour de la Sénéchaussée (emplacement de l'actuel no 22 bis). La rue est mentionnée dans le Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle d'Eugène Viollet-le-Duc, pour servir de limite au Château narbonnais.

À partir de la fin du XIIIe siècle, après la réunion du comté de Toulouse au domaine royal, l'administration royale se développe, et le Château narbonnais se retrouve trop petit. Progressivement, le côté sud de la rue est occupé par les bâtiments de la viguerie (emplacement de l'actuel no 2) et de la sénéchaussée (emplacement des actuels no 16 à 22 bis). Du côté nord de la rue, à l'entrée de la place du Château se trouve également la Maison de la Monnaie où est battue la monnaie toulousaine, et qui a deux issues dans la rue (emplacement des actuels no 1 et 5 bis)[4].

Période moderne

La population de la rue reste, du Moyen Âge jusqu'au XVIIIe siècle, assez mélangée. On trouve des hommes de loi attirés par la proximité du Parlement, établi au XVe siècle, en particulier des procureurs et des attachées à la cour, mais aussi quelques parlementaires. Les artisans sont également fort nombreux et on distingue des boutonniers, des chandeliers et des serruriers. Plusieurs marchands et des changeurs y ont également leur échoppe[4]. On trouve même, au moins au XVIIe siècle, une hôtellerie à l'enseigne de la Ville de Lyon (actuels no 3 et 5)[5].

Le renforcement de l'activité des parlementaires pousse cependant certaines administrations royales à quitter le quartier de la rue des Fleurs. En 1550, la tour de Montmaur, rue de Mirabel (emplacement de l'actuel no 17 rue de Rémusat), est achetée à Jacques Dayra Boysson, seigneur de Montmaur, pour y transférer le tribunal, le greffe et la prison de la sénéchaussée. Les bâtiments de la rue des Fleurs ne sont plus utilisés que comme résidence du sénéchal[6]. En 1551, la viguerie est elle transférée au port de Viviers (emplacement de l'actuel port de la Daurade). Les bâtiments sont dès lors occupés par la chambre d'audience de la Table de marbre[4], juridiction supérieure en matière d'Eaux et Forêts.

Les constructions se poursuivent au XVIIe siècle (actuels no 3, 7, 9, 11 et 18) et au XVIIIe siècle (actuels no 1 bis, 5 et 16). L'hôtel Fajole (actuels no 13), construit en 1744 pour le conseiller au Parlement Jean-Claude-Anselme de Fajole, est caractéristique de ces hôtels particuliers bâtis pour les parlementaires toulousains.

En 1733, la Société des Sciences obtient de pouvoir utiliser une des tours de l'ancien rempart romain, la tour de la Porte-Neuve, à l'angle des actuels boulevard Carnot et rue Maurice-Fonvieille, pour y installer un observatoire. En 1751, la Société, érigée en académie, fait l'acquisition de l'hôtel et des jardins de l'ancienne Sénéchaussée (actuel no 20 bis). La même année, l'ingénieur et astronome François Garipuy, membre de l'Académie, fait installer son observatoire particulier dans la maison qu'il possède à proximité immédiate de l'hôtel de la Sénéchaussée (actuel no 16). Après sa mort, en 1782, les États de la province de Languedoc décident de racheter sa maison et en confient l'usage à l'académie des Sciences à partir de 1787[7].

Époque contemporaine

La Révolution française, qui bouleverse radicalement l'administration du territoire, transforme l'activité de la rue des Fleurs. En 1790, le Parlement est supprimé, et avec lui les autres structures administratives et judiciaires de l'Ancien Régime. En 1828, les travaux de construction du nouveau palais de justice bouleversent également la partie ouest de la rue : cette année, plusieurs maisons sont achetées (anciens no 10-12) pour permettre l'édification de la Cour d'assises[5].

En 1790, l'Académie des sciences est fermées et ses propriétés – ancien hôtel de la Sénéchaussée et observatoire de Garipuy – sont saisies[8]. En 1808, l'empereur Napoléon Ier décide de faire don de la maison de François Garipuy et de son observatoire, passés dans le domaine public depuis 1789, à la municipalité toulousaine. Celle-ci décide en 1839 la construction d'un nouvel observatoire au sommet de Jolimont : les travaux sont achevés en 1847 et l'observatoire de Garipuy abandonné[9]. En 1853, les jésuites achètent l'hôtel de l'ancienne Sénéchaussée et plusieurs immeubles face à l'hôtel Fajole pour faire construire une église (actuel no 22 bis), un séminaire et un noviciat (actuel no 22), sur les plans de l'architecte Henry Bach[10]. Après l'exclusion des congrégations religieuses de l'enseignement en 1880, l'église et le noviciat ferment leurs portes. Les locaux sont utilisés pendant la Première Guerre mondiale comme hôpital géré par le service de santé militaire. Le noviciat est finalement rouvert en 1920, avant d'être transformé pour accueillir le collège Saint-Stanislas en 1929.

Patrimoine et lieux d'intérêt

Notes et références

Voir aussi

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