Rue du Prieuré (Toulouse)
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La rue du Prieuré du côté de la rue Peyrolières | |
| Situation | |
|---|---|
| Coordonnées | 43° 36′ 07″ nord, 1° 26′ 29″ est |
| Pays | |
| Région | Occitanie |
| Département | Haute-Garonne |
| Métropole | Toulouse Métropole |
| Ville | Toulouse |
| Quartier(s) | Capitole |
| Début | no 48 rue Peyrolières |
| Fin | no 17 rue Jacques-Cujas |
| Morphologie | |
| Longueur | 119 m |
| Largeur | entre 4 et 8 m |
| Odonymie | |
| Anciens noms | Rue Saint-Pierre-Saint-Martin (XIVe siècle-1806) Cul-de-sac Saint-Martin (XVIe siècle) Petite-rue Sainte-Ursule (1806-1947) |
| Nom actuel | 12 avril 1947 |
| Nom occitan | Carrièra del Priorat |
| Histoire et patrimoine | |
| Création | avant le XIVe siècle |
| Lieux d'intérêt | École maternelle Lakanal |
| Protection | Site patrimonial remarquable (1986) |
| Notice | |
| Archives | 315555601624 |
| Chalande | 318 |
| modifier |
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La rue du Prieuré (en occitan : carrièra del Priorat), est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Description
La rue du Prieuré est une voie publique. Elle se trouve dans le quartier Capitole.
Elle ne mesure que 119 m de long et elle n'est large que de 4 m environ dans ses parties les plus étroites. Elle naît perpendiculairement à la rue Peyrolières, se prolonge vers l'est, puis fait un coude vers le sud et se termine au croisement de la rue Jacques-Cujas.
La chaussée compte une voie de circulation automobile à sens unique, de la rue Léon-Gambetta vers la place de la Bourse. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
Voies rencontrées
La rue du Prieuré rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants :
Transports
La rue du Prieuré n'est pas directement desservie par les transports en commun Tisséo. Elle se trouve cependant à proximité immédiate des rues rue Léon-Gambetta et Jean-Suau, parcourues par la navette Ville. Les stations de métro les plus proches sont, au nord, la station Capitole et, au sud, la station Esquirol. Sur la place du même nom se trouvent également les arrêts des lignes de Linéo L4 et de bus 44.
Il existe plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse dans les rues les plus proches de la rue du Prieuré : les stations no 4 (15 rue Sainte-Ursule) et no 11 (2 place de la Daurade).
Odonymie

La rue du Prieuré tient son nom d'un petit prieuré médiéval, le prieuré Saint-Pierre-Saint-Martin, qui se trouvait à l'angle formé au milieu de la rue (emplacement au-devant du no 5-5 bis)[1],[2].
Au Moyen Âge, la rue était d'ailleurs désignée comme la rue Saint-Pierre-Saint-Martin ou, à partir du XVIe siècle, comme le cul-de-sac Saint-Martin[1],[2]. Après la Révolution française, le prieuré et sa chapelle ayant été complètement démolis, la rue fut désignée comme la petite-rue Sainte-Ursule, à cause de la proximité du couvent Sainte-Ursule (emplacement des actuels no 5 bis rue du Prieuré et no 11-13 rue Sainte-Ursule)[1],[3]. En 1947, une commission municipale décida de supprimer les appellations qui pouvaient prêter à confusion et attribua à la rue son nom actuel[4].
Histoire
Moyen Âge et période moderne
Au Moyen Âge, on désigne comme la rue Saint-Pierre-Saint-Martin deux impasses, l'une partant de la rue Peyrolières, l'autre de la rue des Drapiers (actuelle rue Jacques-Cujas) qui aboutissent toutes les deux à l'église Saint-Pierre-Saint-Martin (emplacement à l'angle de la rue du Prieuré). Cette église, dépendant du prieuré de la Daurade, a probablement été établie au XIIe siècle[5],[2]. Sa nef unique, de 20 mètres de long sur 8 mètres de large, est flanquée au nord de trois chapelles[6]. Au début du XIVe siècle, il semble qu'un hospice, l'hôpital de Pons Adémar, jouxte le prieuré[1]. En 1336, lorsque les limites des capitoulats de la ville sont modifiées, l'église devient le centre d'un petit capitoulat (Partita Sancti Petri et Sancti Martini en latin), mais il est absorbé un siècle plus tard par le capitoulat de la Daurade, en 1438, lors de la réforme de Charles VII[7].
En 1463, le quartier de l'église Saint-Martin est durement touché par le Grand incendie. Il semble que l'église, entièrement détruite par les flammes, soit reconstruite après 1469[8],[2]. Les membres de l'élite locale regroupent de vastes emprises foncières, qui leur permet de construire de nouvelles demeures : dans la deuxième moitié du XVIe siècle, la famille Viguerie fait édifier un vaste hôtel particulier sur les deux culs-de-sac (emplacement de l'actuel no 4 et actuel no 4 bis)[9]. Le mouvement de reconstruction se poursuit aux siècles suivants de vastes immeubles sont construits au XVIIe siècle, souvent remaniés au siècle suivant (actuels no 1, 7 et 9). On remarque ainsi l'hôtel particulier construit pour Guillaume Rigail d'Ouvrier, conseiller aux Requêtes du Parlement entre 1631 et 1638 (actuel no 12).
La confrérie des Pénitents gris occupe quelques mois l'église Saint-Martin, entre mai et , le temps d'établir leur propre chapelle dans l'actuelle rue des Lois[7],[10]. En 1610, l'église Saint-Martin est finalement concédée par le prieur de la Daurade, Jean Daffis, aux religieuses Ursulines, qui venaient de s'établir entre la rue des Trois-Roys-Vieux (actuel no 13 rue Sainte-Ursule) et la rue Saint-Martin[7],[11]. Elles doivent payer à la Daurade la somme de trois sous toulousains et deux cierges de cire d'une livre[12]. L'église change alors de nom et prend le vocable de Sainte-Ursule[13]. En 1687, les Ursulines achètent les bâtiments de l'hôtel Viguerie (actuels no 4 bis et 8) à son héritière, demoiselle de Coly[14].
Époque contemporaine
Pendant la Révolution française, les congrégations religieuses sont dispersées et les Ursulines doivent abandonner l'église Sainte-Ursule[15]. En 1793, l'église est provisoirement rendue au culte, car l'église du prieuré de la Daurade, devenue église paroissiale, est en travaux. Pourtant, dès 1796, les dépendances de l'église – sacristie, salle du prédicateur –, sont vendues comme biens nationaux à Jean-Jacques Chastanet. Quelques années plus tard, avant 1808, l'église est, elle-même, démolie[16]. En 1796, Jean-Jacques Chastanet a réuni les différents bâtiments des Ursulines (actuels no 4 bis, 6 et 8) : membre du club des Jacobins, instituteur, il souhaite agrandir l'école qu'il dirige rue du Poids-de-l'Huile[14].
En 1804, les bâtiments de l'école de Chastanet sont occupés par la maison de charité de la Daurade. Cette institution a été fondée en 1719, à la suite du legs du conseiller au parlement Luc de Saget, pour loger des religieuses, les « Filles grises », qui se consacrent à donner le bouillon aux pauvres, tandis qu'un apothicaire, un médecin et un chirurgien secourent les malades[15]. Au XVIIIe siècle, cette maison est installée rue Peyrolières (actuel no 39), mais elle est abandonnée par les hospices de la ville, qui préfèrent s'implanter dans de nouveaux locaux rue du Prieuré. Deux ans plus tard, une nouvelle façade est élevée pour le bâtiment voisin (actuel no 8). En 1837, la maison de charité est encore agrandie par l'achat d'un immeuble voisin (actuel no 4). Mais, en 1900, elle est réunie à la maison de charité de la Dalbade (actuel no 2 rue Saint-Jean)[17].
En 1907, la municipalité décide d'installer l'école maternelle Lakanal dans les locaux de l'ancienne maison de charité, qu'elle loue, puis qu'elle achète en 1914 aux Hospices civils[18]. De 1913 à 1933, l'Union des femmes de France – une des trois sociétés de la Croix-Rouge – installe dans la rue son comité et un dispensaire-école (actuel no 5). Dans les années 1980, la résidence Le Prieuré est construite (actuel no 5 bis)[19].
Patrimoine et lieux d'intérêt
École maternelle Lakanal

- no 6 : sacristie de l'église Saint-Pierre-Saint-Martin ; école maternelle Lakanal.
La sacristie et la salle du prédicateur se trouvaient au sud de l'église Saint-Pierre-Saint-Martin. Elles sont occupées après 1907 par l'école maternelle Lakanal et servent de cantine, de vestibule et de bureau de la directrice de l'école[20],[21].
- no 8 : emplacement du four de l'hôtel Viguerie ; maison de charité de la Daurade ; école maternelle Lakanal.
Immeubles
- no 1 : immeuble.
L'immeuble, qui s'élève à l'angle de la rue Peyrolières (actuel no 50), a connu plusieurs campagnes de travaux qui s'étalent entre les XIIIe et XIXe siècles. Il se compose de trois corps de bâtiment disposés en U, qui s'organisent autour d'une cour séparée de la rue du Prieuré par un mur de clôture.
À gauche, le premier corps de bâtiment, bâti en brique, est construit au cours du XVIIe siècle, quoique la façade principale sur la rue Peyrolières ait été reprise à la fin du XVIIIe ou au XIXe siècle. Il s'élève sur quatre niveaux – un rez-de-chaussée et trois étages décroissants, séparés par un cordon. À l'arrière, la façade sur cour est en pan de bois à grilles, hourdé de brique. Le deuxième corps de bâtiment présente, sur la cour, une mise en œuvre similaire. Il abrite un escalier hors-œuvre en bois dont la construction est caractéristique de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle. À droite, le troisième corps de bâtiment présente sur la cour une élévation irrégulière en brique. Sur la rue du Prieuré, il s'élève sur trois étages et un niveau de comble à surcroît. Au 2e étage, l'arc visible au-dessus de la fenêtre pourrait être un arc de décharge surmontant une ancienne baie géminée du XIIIe siècle, aujourd'hui disparue, avec des restes de cordons en pierre poursuivant les anciens appui et imposte[22].
- no 4 bis : hôtel Viguerie.
Au XVIe siècle, un hôtel particulier est élevé pour un membre de la famille Viguerie, probablement le capitoul Jean Viguerie, sur les deux culs-de-sac que forme alors la rue du Prieuré (emplacements des actuels no 4, 4 bis et 8). La façade, qui s'élève sur deux étages, a conservé des éléments de la Renaissance. Au rez-de-chaussée, une porte latérale en plein cintre, probablement ouverte au XVIIe siècle, conserve une clef de voûte sculptée en pierre. Au 1er étage, les fenêtres rectangulaires ont leurs linteaux sculptés de rosaces. Au 2e étage, les petites fenêtres carrées ont également des linteaux sculptés[9].
- au-devant des no 5-5 bis : emplacement de l'église Saint-Pierre-Saint-Martin.
Un fragment du mur de façade de l'église Saint-Pierre-Saint-Martin, de 2,40 mètres de long et de 8 mètres de haut, subsiste entre les no 3 et 5.
- no 12 : immeuble.
L'immeuble, de style classique, a peut-être été construit pour Guillaume Rigail d'Ouvrier, conseiller aux requêtes du parlement entre 1631 et 1638. Le vaste édifice possède sa façade principale sur la rue Jacques-Cujas (actuel no 17). Au rez-de-chaussée, une arcade de boutique conserve une clé d'arc ornée d'une pointe-de-diamant. Aux étages, décroissants et séparés par des cordons, les fenêtres sont couronnées d'une fine corniche et s'ornent de crossettes originales[23].