Rupture de retenue de résidus miniers
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Une rupture de retenue de résidus miniers est un cas particulier de rupture de barrage, c'est en effet une digue à résidus qui cède laissant s'échapper vers l'aval les résidus miniers qu'elle contenait. Aux dégâts occasionnés par la vague submersive et la coulée de boue s'ajoute une catastrophe environnementale: la pollution aux métaux lourds, au cyanure ou parfois au schlamm.

L’extraction minière nécessite de traiter des volumes importants de matériaux. Dans un premier temps, les stériles qui cachent le filon sont éliminés. Ils sont partiellement employés pour constituer la retenue des bassins à résidus. Ces derniers, après broyage fin et traitement (lixiviation à l'acide sulfurique ou au cyanure) sont des boues fines et instables, souvent acides, stockées dans ces bassins. Si la surveillance et l'entretien (exhaure) sont insuffisants, les retenues se dégradent et finissent par céder brutalement, laissant s'écouler un flot qui va polluer les vallées en aval.
Les digues orientées amont sont jugées les plus exposées aux accidents. Le Brésil et le Chili ont interdit leur construction et la cinquantaine de structure de ce type situées dans l'Etat brésilien de Minas Gerais devront être décommissionnées d'ici 2035[1].
Conséquences

La rupture d'une retenue de résidus a des conséquences mécaniques plus importantes que celle d'une simple rupture de barrage. En effet, les effets destructeurs de la vague et de la coulée de boue de celle-ci sont amplifiés par la densité de cette boue, plus lourde que l'eau d'un barrage.
Par ailleurs, la nature des résidus miniers ajoutent une pollution chimique importante dans l'environnement, du fait de restes de produits de traitement : acide ou cyanure ; du fait aussi de la présence de métaux et de sulfures naturels libérés par la finesse du broyage. Ces métaux et sulfures, lorsqu'ils sont prisonniers de la roche réagissent peu avec l'environnement. Mais une fois celle-ci broyée, et c'est le but du broyage, la surface d’interaction est énormément multipliée et les métaux et sulfures sont soudainement libérés et interagissent avec l'environnement.
Pour avoir une petite idée théorique de cette augmentation de surface, un rocher cubique d'1 m3 a une surface extérieure de 6 m2, l'équivalent d'une petite pièce de 2 × 3 m. Une fois ce cube réduit en particules cubiques de 0,1 mm de côté, la surface de l'ensemble devient 6 000 000 000 000 m2, mille milliards de fois plus grande que celle d'origine, de l'ordre de dix fois la superficie de la France.