Comme son prédécesseur Kazimierz Sabbat, il vient des rangs du scoutisme polonais. Après le début de la Seconde Guerre mondiale, quand la Pologne orientale est occupée par l'URSS, il devient membre de l'organisation clandestine scoute Szare Szeregi (en français: Rangs gris) et agent de liaison entre son organisation et l'Armia Krajowa (AK ou l'Armée de l'intérieur), le plus grand mouvement de la résistance polonaise. En , il est arrêté par la police secrète soviétique (NKVD) et condamné à mort en . Le verdict est finalement commué en dix ans de prison. Il est déporté en camp de travail du Goulag de la Kolyma (Est de la Russie).
En 1941, après l'invasion allemande de l'URSS, Kaczorowski, comme la plupart des captifs polonais encore en vie, est "amnistié" après les accords Sikorski-Maïski autorisant la formation en URSS d'une armée polonaise, et il entre dans le 2ecorps d'armée du général Anders. Comme soldat, il participe à la campagne d'Italie et se bat entre autres à Monte Cassino.
Après guerre
Après la guerre, il reste en exil alors que la Pologne devient un régime communiste. Il fait des études à Londres dans une grande école pour le commerce international et travaille par la suite dans l'industrie britannique. En même temps il continue à s'occuper de scoutisme comme président de l'organisation des scouts polonais en exil; il préside la rencontre mondiale des scouts à l'abbaye du Mont-Cassin en 1969 et en Belgique en 1982 et conduit la délégation polonaise au Jamboree international de 1957.
Ryszard Kaczorowski a été un membre influent dès 1949 du troisième et dernier Conseil national de Pologne, l'organe consultatif et d'expertise du président de la République et du Gouvernement polonais en exil. En 1986, il devient ministre de ce même gouvernement[2].
Après la mort de Kazimierz Sabbat, le , en vertu des dispositions de la Constitution polonaise d' de la Deuxième République sur laquelle les autorités en exil fondent leur légitimité, Kaczorowski devient président de la République de Pologne en exil. Quelques mois après son entrée en fonction naît la Troisième République de Pologne dont Lech Wałęsa devient en décembre 1990 le premier président librement élu. Les institutions du gouvernement en exil de Londres prononcent leur dissolution et, le , Kaczorowski remet à Wałęsa les insignes de la présidence de la Deuxième République au cours d'une cérémonie solennelle au Palais royal de Varsovie[3].
↑ Prezydenci Rzeczypospolitej polskiej na Uchodzstwie (Les Présidents de la République de Pologne en exil), Rada Ochrony Pamieci Walk i Meczenstwa, Varsovie, 2002