Ryōnen Gensō
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Ryōnen Gensō (了然 元総, 1646 – ) était une prêtresse, enseignante et poétesse japonaise, qui donna des cours aux enfants pauvres. Elle était la fille de Katsurayama Tamehisa, qui fut le descendant de l'influent et puissant daimyo guerrier Takeda Shingen. Sa mère faisait partie de la prestigieuse famille Konoe, célèbre pour son expertise de la calligraphie (ex : Konoe Nobutada), mais également pour avoir fourni plusieurs haut placés à travers divers siècles, sous différentes dynasties, à l'instar de Konoe Motozane et Konoe Motomichi.
L'une des œuvres de Ryonen qui nous sont parvenues. Le récit de sa défiguration.
Ryōnen Gensō est né à Kyoto, au Japon[1] dans une famille dont l'histoire est très riche, remontant à 1 000 ans. Dans sa jeunesse, elle était réputée pour sa beauté et son intelligence. Elle est née dans un grand manoir familial, près des portes d'entrée du Sen'yū-ji[2], un temple bouddhiste fondé des siècles plus tôt, durant la période Heian. Marchant sur les traces de son père, elle hérita de sa passion pour la calligraphie et la peinture ancienne. Dès son plus jeune âge, elle travaillait aux côtés de sa mère au tribunal familial de Konoe, au service d'une concubine du nom de Tofukumon'in. Genso fit la connaissance de la petite-fille et du petit-fils de Tofukumon. Elle fut mariée de force à un homme de seize ans son aîné, et ne put quitter ce mariage qu'après lui avoir donné un héritier. À l'âge de 16 ans, elle contracta un autre mariage arrangé avec le médecin et érudit Matsuda Bansai (1630-1703), avec qui elle eut plusieurs enfants et qui fut son véritable amour.
Elle devint nonne en 1672 et rejoignit Hōkyō-ji, un temple Rinzai dirigé par la princesse Zen'ni, qu'elle quitta après six ans pour poursuivre des études zen plus approfondies et plus personnelles. Arrivée à Kofuku-ji, Genso souhaitait approfondir ses connaissances, mais elle fut éconduite par Haku-o Dotai, car sa beauté était considérée comme une trop grande distraction pour les élèves de l'autre temple. À cause de cela, elle se brûla alors le visage sous le coup du chagrin. Genso a écrit en calligraphie à propos de la défiguration de son propre visage, après avoir parlé à Dotai de sa dévotion au bouddhisme, mais il ne pouvait pas voir au-delà de son « apparence féminine »[3]. Elle retourna à Dotai avec la calligraphie et fut admise dans son temple où elle fut disciple jusqu'à sa mort en 1682. Elle devint abbesse du temple et projeta de contribuer à la construction d'un autre temple à sa mémoire, de par l'influence qu'il eut sur sa vie.
« Dans ma jeunesse, j'ai servi Yoshino-kimi, la petite-fille de Tōfukumon'in, un disciple du temple impérial Hōkyō-ji. Elle est décédée récemment, et bien que je sache que c'est la loi de la nature, la fugacité du monde m'a profondément marquée, et je suis devenue religieuse. »
« Je me suis coupé les cheveux, j'ai teint mes robes en noir et je suis parti en pèlerinage à Edo. J'y ai eu une audience avec le moine Haku-ō de la secte zen Obaku. Je lui ai raconté des choses comme ma profonde dévotion au bouddhisme depuis l'enfance, mais Haku-ō a répondu que même s'il pouvait voir mes intentions sincères, je ne pouvais échapper à mon apparence féminine. J’ai, par conséquent, chauffé un fer à repasser et l’ai appliqué contre mon visage, puis j’ai écrit au gré de mon pinceau : autrefois, pour me divertir à la cour, je brûlais de l'encens d'orchidée ;
Pour entrer dans la vie zen, je me brûle le visage.
Les quatre saisons se succèdent naturellement ainsi,
Mais je ne sais plus qui je suis, au milieu de tous ces changements. »
« Dans ce monde vivant
le corps que j'abandonne et que je brûle
serait pitoyable
si je me percevais comme
Autre chose que du bois de chauffe[2]. »
