Le tableau suivant donne quelques exemples d'application de la règle de Cannizzaro choisis parmi les nombreuses molécules qui figurent dans son fascicule. Les masses molaires sont exprimées en g/mol.
Bien que les résultats paraissent évidents à notre époque il est intéressant d'en rappeler l'origine expérimentale, soit pour un composé donné :
- la masse volumique du composé gazeux à 0 °C et sous 1 atm ;
- le pourcentage en masse de chaque élément entrant dans le composé.
Par exemple l'ammoniac (Tableau) est un composé d'azote et d'hydrogène de masse volumique 0,76 g/l. Sa masse molaire se déduit de la loi d'Avogadro et a pour valeur 22,4×0,76 = 17 g/mol. L'ammoniac contient 17,6 % d'hydrogène soit pour une mole 17×0,176 = 3 g/mol, donc il contient aussi 17-3 = 14 g/mol d'azote.
Alors que les éléments gazeux à température ambiante sont diatomiques (dioxygène, dichlore...) ce n'est pas forcément le cas pour les autres éléments. Concernant le soufre (avant dernière ligne du tableau), Cannizzaro indique que, contrairement aux éléments gazeux à température ambiante, sa vapeur est constituée d'abord de molécules S6 puis, au-dessus de 1 000 °C, de molécules S2. Il est aujourd'hui connu que le soufre solide est constitué de molécules de cyclooctasoufre (S8). Le soufre fondu bout à 445 °C et les molécules de S8 issues du solide se dissocient de plus en plus au fur et à mesure que la température augmente. La formule S6 correspond alors à une valeur moyenne.
Cannizzaro note que certains éléments et composés inorganiques ne sont pas volatils et que leur masse molaire n'est donc pas mesurable. La loi de Dulong et Petit sur les capacités calorifiques lui permet de contourner cette difficulté. Dans le cas du mercure solide, cette loi donne une masse molaire en accord avec celle de la vapeur qui est monoatomique. C'est pourquoi Cannizzaro utilise la loi de Dulong et Petit et son extension par Kopp pour confirmer les masses molaires atomiques dans divers métaux et halogénures.