Réalisme critique
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Le réalisme critique est une forme philosophique de réalisme qui s'est constituée dans les années 1920 aux États-Unis, parallèlement et quelques années après le mouvement néoréaliste.
Le réalisme critique soutient principalement une théorie de la perception et de la connaissance fondée sur l'idée que la relation entre le sujet et l'objet est indirecte et en partie mentale. L'objet de la connaissance – la chose matérielle – n'est pas saisie directement par la conscience mais indirectement par le biais de représentations qui constituent le contenu de la connaissance. Ces représentations sont perçues intuitivement comme se rapportant à leur objet.
En 1920 se manifeste pour la première fois une école de pensée qui se réclame du « réalisme critique » dans un ouvrage programmatique intitulé Essays in Critical Realism[1]. L'ouvrage paraît sous la forme d'un volume collectif comparable à celui qu'avaient publié huit ans plus tôt les néoréalistes sous l'intitulé : The New Realism. Le groupe des réalistes critiques qui participent aux Essays comprend les philosophes Durant Drake, Arthur Lovejoy, J. B. Pratt, A. K. Rogers, George Santayana, Roy Wood Sellars et Charles Strong.
Les promoteurs de ce mouvement s'accordent pour reconnaître que le néoréalisme a fait œuvre utile par sa critique de l'idéalisme, mais ils estiment insuffisante et incohérente la théorie de la perception et de la connaissance que les néoréalistes ont proposé en contrepartie[1]. Ils considèrent à l'encontre de William James, auquel les néoréalistes se réfèrent sur ce point, que les choses ne sont pas « comme les expériences que nous en avons les présentent ». Charles Strong qui cite cette phrase de James lui oppose celle de Santayana : la perception est « un salut, non une étreinte », ce qui signifie qu'elle n'entre pas en contact avec son objet mais s'y réfère à distance.