Réchauffement stratosphérique soudain
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Un réchauffement stratosphérique soudain (en anglais sudden stratospheric warming ou SSW) est un phénomène météorologique où le vortex polaire dans l'hémisphère hivernal voit ses vents généralement d'ouest ralentir ou même s'inverser en quelques jours. Le changement est dû à une élévation de la température stratosphérique de plusieurs dizaines de kelvins au-dessus du vortex.
Durant un hiver habituel de l'hémisphère nord, plusieurs événements de réchauffement mineur stratosphérique se produisent, avec un événement majeur se produisant environ à tous les deux ans. Dans l'hémisphère sud, ils semblent moins fréquents et moins bien compris[1].

Les premières mesures continues de la stratosphère furent prises par Richard Scherhag en 1951. Il utilisa des radiosondes pour prendre des lectures de température fiables dans la haute stratosphère (~40 km d'altitude). C'est sa persistance qui l'a amené à assister au premier réchauffement stratosphérique observé le .
Après sa découverte, Scherhag avait réuni une équipe de météorologues spécifiquement pour étudier la stratosphère à l'Université libre de Berlin. Ce groupe avait continué à cartographier la température stratosphérique et la hauteur géopotentielle de celle-ci dans l'hémisphère nord pendant de nombreuses années en utilisant des radiosondes et des fusées-sondes.
En 1979, les mesures météorologiques par satellites sont devenues beaucoup plus fréquentes. Bien qu'elles eussent été principalement utilisées pour la troposphère, elles avaient également enregistré des données pour la stratosphère. Aujourd'hui, les satellites, les radiosondes stratosphériques et d'autres instruments sont utilisés pour mesurer la stratosphère. L'image ci-contre montre ainsi en rouge la température mesurée selon les données de détection d'un lidar, la bleue est celle du modèle CIRA-1986, la verte est la donnée du satellite Aura/MLS.
Une corrélation entre une forte distorsion de la circulation troposphérique fut graduellement associée à des événements soudains majeurs de réchauffement stratosphérique (Sudden Stratospheric Warning ou SSW). Cette distorsion consiste principalement en l'affaiblissement des ondes de plus petite échelle à l’échelle synoptique et le développement d'une situation de blocage du flux atmosphérique au-dessus d'une région terrestre. Par exemple dans une étude de 1988[2], les anomalies de température, de précipitations et de formations de dépressions météorologiques lors de 17 mois de janvier et février aux États-Unis furent comparées en distinguant les mois ayant un SSW et les autres. Lors des mois de SSW marqués, d'intenses anomalies froides et sèches se développèrent au centre du continent, l'activité cyclonique diminua de 25% à travers les États-Unis (le plus fortement le long de la côte ouest) et des anomalies de la trajectoire des tempêtes hivernales furent observées sur le Pacifique Est, le golfe du Mexique, l'Atlantique, et le nord-est du Canada.
