Réfléchi (1776)
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| Réfléchi | |
| Autres noms | Turot |
|---|---|
| Type | Navire de ligne |
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Lancement | 1776 |
| Statut | Désarmé et détruit en 1793 |
| Équipage | |
| Équipage | 640 hommes[1] |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 50 m |
| Maître-bau | 13,3 m |
| Tirant d'eau | 6,4 m |
| Propulsion | Voile |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | 64 canons |
| Pavillon | France |
| modifier |
|
Le Réfléchi est un navire de guerre français, en service à partir de 1776. Il s'agit d'un vaisseau de ligne de 64 canons de la Marine royale française, construit à l'arsenal de Rochefort.
Le Réfléchi, vaisseau de 64 canons, est mis à l'eau en 1776, à une période charnière pour la Marine royale française. À la suite des lourdes pertes subies durant la guerre de Sept Ans (1756-1763), la France engage un vaste effort de reconstruction navale afin de restaurer sa puissance maritime et de rétablir l'équilibre face à la Grande-Bretagne.
La mise à l'eau du Réfléchi intervient alors que les tensions navales entre la France et la Royal Navy se ravivent. Dans un climat de rivalité croissante sur les mers et les colonies, la Marine royale renforce progressivement sa flotte pour se préparer à d'éventuelles confrontations.
Caractéristiques générales
Le Réfléchi est un vaisseau de ligne de 64 canons, mis à l'eau à l'arsenal de Rochefort en 1776[2]. Il est construit par l'ingénieur naval Antoine Groignard. Le navire appartient à la série des 64 canons développés pour compléter la flotte française après la guerre de Sept Ans, offrant un compromis entre manœuvrabilité, coût de construction et puissance de feu. Moins imposant que les 74 canons, ce type de vaisseau restait néanmoins apte à tenir sa place dans la ligne de bataille et jouait souvent un rôle d'escorte ou de soutien.
Son armement suit la configuration classique des vaisseaux de ce rang[3] :
- 26 canons de 24 livres sur le pont principal (batterie basse) ;
- 28 canons de 12 livres sur la batterie supérieure ;
- 10 canons de 6 livres sur les gaillards.
Ces caractéristiques font du Réfléchi un navire équilibré, représentatif des vaisseaux de 64 canons de la fin du XVIIIᵉ siècle, adaptés à la stratégie navale française visant à allier puissance, économie et efficacité en mer.
Carrière
Guerre d'indépendance américaine (1778-1782)
Le Réfléchi prend une part active aux opérations navales de la Marine royale française durant la guerre d'indépendance des États-Unis. Intégré successivement aux flottes du comte d'Estaing puis du comte de Grasse, il participe à plusieurs affrontements majeurs opposant la France à la Royal Navy.
Sous le commandement du capitaine de vaisseau Armand-François Cillart de Surville, le Réfléchi prend part aux premières campagnes de la guerre. Il combat lors de la bataille d'Ouessant le 27 juillet 1778, premier grand affrontement naval du conflit entre les flottes française et britannique, qui marque le retour de la Marine royale sur la scène atlantique[4]. Il participe ensuite à la bataille de la Grenade le 6 juillet 1779, où la flotte française, commandée par d'Estaing, inflige de lourdes pertes à la Royal Navy et renforce son contrôle sur les Antilles[5]. À l'automne de la même année, le Réfléchi prend part au Siège de Savannah (octobre 1779), où la flotte française, associée aux troupes américaines du général Benjamin Lincoln, tente de reprendre la ville de Savannah, tenue par les Britanniques[6]. Malgré un important déploiement l'opération se solde par un échec. Enfin, le Réfléchi prend part au combat de la Martinique le 18 décembre 1779, un affrontement particulièrement déséquilibré opposant treize vaisseaux britanniques à seulement trois navires français qui parviennent néanmoins à tenir tête à l'ennemi[7].
En 1781, le navire passe sous le commandement du chevalier de Boades, opérant sous les ordres du comte de Grasse. Cette année-là, le Réfléchi participe à la bataille de Fort-Royal le 29 avril, où la flotte française repousse victorieusement une escadre britannique qui bloque l'entrée du port de Fort-Royal[8]. Quelques semaines plus tard, il prend part à la prise de Tobago en mai 1781, au cours de laquelle la flotte française force la reddition des britanniques retranchées sur l'île. Le Réfléchi y est touché par les tirs des batteries côtières, subissant quelques avaries sans pertes majeures[9]. Quelques mois plus tard, il participe à la Bataille de la baie de Chesapeake le 5 septembre 1781, victoire décisive de la France qui permet l'encerclement de Yorktown et précipite la capitulation britannique en Amérique. Au cours de cette bataille, le chevalier de Boades est mortellement blessé par une bordée du HMS Princessa[10].
Le commandement du Réfléchi est alors confié au capitaine de vaisseau Charles de Bernard de Marigny, sous lequel le navire poursuit sa campagne dans les Antilles. En 1782, il participe à la bataille de Saint-Christophe les 25 et 26 janvier, où la flotte française parvient à s'emparer de l'île malgré une forte résistance britannique[11]. En avril 1782, le commandement du bâtiment passe au capitaine de vaisseau Charles René Magon de Médine, qui dirige le navire lors de la Bataille des Saintes du 9 au 12 avril 1782[12]. Cet affrontement majeur, opposant les forces du comte de Grasse à celles de l'amiral Rodney, se solde par une victoire britannique et met un coup d'arrêt aux grandes opérations navales françaises en Amérique.
Service aux Antilles (1784–1786)
En 1784, le Réfléchi sert comme vaisseau amiral de la division des Îles du Vent, placée sous le commandement de Verdun de La Crenne. À ce poste, il occupe une place centrale dans le dispositif naval français aux Antilles. En janvier 1786, il est utilisé comme machine à mâter, servant notamment à démâter puis remâter la goélette La Louise à Fort-Royal. Véritable pièce maîtresse du dispositif naval, le Réfléchi contribue au maintien de la présence française dans la région[13].
Le Réfléchi est rasé et rebaptisé Turot en 1793, avant de disparaître définitivement des registres de la Marine, sans mention ultérieure connue[14].