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Régiment Royal-Champagne cavalerie

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Le régiment Royal-Champagne cavalerie est un régiment de cavalerie du royaume de France, puis de la République française et du Consulat, créé en 1682.

Création1682
Dissolution1803
PaysFrance
AllégeanceDrapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Faits en bref Création, Dissolution ...
Régiment Royal-Champagne cavalerie
Image illustrative de l’article Régiment Royal-Champagne cavalerie
Étendard du régiment de Royal-Champagne, avers

Création 1682
Dissolution 1803
Pays France
Allégeance Drapeau du royaume de France : entièrement blanc Royaume de France
Type régiment
Rôle cavalerie
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Création et différentes dénominations

  •  : création du régiment de Tallard cavalerie
  •  : renommé régiment de Duras cavalerie
  • 1710 : renommé régiment de Villequier cavalerie
  •  : renommé régiment de La Mothe-Houdancourt
  •  : renommé régiment de Brissac cavalerie
  •  : renommé régiment de La Rochefoucauld cavalerie
  •  : renforcé par incorporation du régiment de Preissac cavalerie et renommé régiment Royal-Champagne cavalerie[1]
  •  : renommé 20e régiment de cavalerie
  • 1792 : renommé 19e régiment de cavalerie
  •  : licencié

Équipement

Étendards

4 étendards « de ſoye jaune bordez de noir, Soleil d’or au milieu brodé, & frangez d’or »[2].

Le porte étendard ou cornette de la compagnie du mestre de camp avaient un soleil rayonnant et le Nec pluribus impar royal mais sur les couleurs de la famille du mestre de camp, rouge pour Duras, jaune avec bordure noire et armoiries d'argent à bandes d'azur pour Villequier. Les autres escadrons étaient du modèle jaune bordé de noir avec des franges dorées, en soie de cinquante centimètres (environ) de côté. En 1690 s'y ajoutait une cravate blanche ; en 1761 les étendards furent homogénéisés pour tous bleu frangé d'or semé de vingt-deux lys d'or ayant sur une face le soleil et la devise royale, de l'autre les armes de Champagne.

Habillement

Habit du Royal-Champagne, collection du musée de l’Armée.

Historique

Mestres de camp et colonels

  •  : Camille d'Hostun, comte de Tallard puis duc d’Hostun en , brigadier de cavalerie le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , maréchal de France le , †
  •  : Jacques Henri II de Durfort, marquis de Duras puis duc de Duras en 1689, † 1697
  •  : Jean de Durfort, comte de Duras puis duc de Duras le , frère du précédent, brigadier de cavalerie le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , maréchal de France le , † 1770
  • 1710 : Louis Marie d’Aumont, marquis de Villequier, †
  •  : Louis Charles de La Mothe-Houdancourt, marquis de La Mothe, brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant général le , maréchal de France le , †
  •  : Jean Paul Thimoléon de Cossé, chevalier de Brissac puis duc de Brissac le , brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant général des armées du roi le , † 1784
  •  : Jean Joseph de La Rochefoucauld-Langeac, marquis de La Rochefoucauld, brigadier le , maréchal de camp le
  •  : Jean François de La Rochefoucauld, vicomte de La Rochefoucauld, marquis de Surgères
  •  : Armand Alexandre de La Rochefoucauld, comte de Roye
  •  : Jean-Baptiste du Barry comte d'Hargicourt
  •  : Jules Faret, marquis du Fournès
  •  : Antoine de Wardner
  •  : Barrail de Saint-Sulpice
  •  : Jean Louis La Roque
  •  : Sébastien Provence
  •  : Charles Claude Liévain de Bonne d’Abouval
  •  : Nicolas de Bonardy de Saint-Sulpice

Composition

Le décret de l'Assemblée nationale du qui a réformé la cavalerie a donné au Royal-Champagne le 20e rang dans la série des régiments de cavalerie.

Campagnes et batailles

Le 19e régiment de cavalerie a fait les campagnes de 1792 à 1794 à l’armée du Nord. Lors de la déclaration de guerre de la France à l’Autriche, il est avec deux escadrons à l’armée du Nord, un à l’armée du Rhin et un à Tournai.
Campagnes des ans IV et V à l’armée de Sambre-et-Meuse ; an VI à l’armée de Mayence ; an VII aux armées de Mayence, du Danube et du Rhin ; ans VIII et IX à l’armée du Rhin. Il se distingue à la bataille de Hohenlinden, le . Licencié en l’an XI (1803), le régiment fournit un détachement au 1er régiment de carabiniers et ses escadrons sont incorporés aux 9e, 10e, 11e régiments de cuirassiers.

Mutinerie de 1790

Pendant la Révolution, le régiment, caserné à Hesdin en Artois depuis 1784, se trouve mêlé aux événements politiques locaux. Des tensions opposent le conseil de ville, de tendance aristocratique, à la Garde nationale commandée par l'ancien colonel d'artillerie Varlet de la Vallée. Le , le conseil de ville veut faire appel au régiment Royal-Champagne cavalerie pour réprimer l'agitation populaire contre l'octroi, impôt indirect qui pèse lourdement sur les plus pauvres : le colonel Varlet demande le départ du régiment mais son ordre est aussitôt annulé par le conseil de ville. Les élections municipales de amènent une nouvelle municipalité est aussi aristocratique que la précédente et le , deux conseillers, « aristocrates zélés et ennemis déclarés de la Garde nationale », veulent réquisitionner la troupe régimentaire, fusils chargés, pour s'opposer à toute agitation. Cependant, plusieurs militaires, parfois mariés dans la ville ou en bonnes relations avec les civils, sympathisent avec la cause révolutionnaire : quelques-uns comme le jeune sous-lieutenant Louis-Nicolas Davout fréquentent le club des Jacobins qui s'est formé dans la ville. Le , Davout écrit à un journaliste parisien pour se plaindre de la censure du courrier et autres « injustices » exercées par les officiers du régiment sous le commandement du marquis de Fournès. Le , de nombreux soldats et sous-officiers du régiment vont rencontrer Varlet pour lui proposer une Fédération. Le , un « Pacte fédératif » est conclu devant l'hôtel de ville entre les soldats du régiment, la Garde nationale et la maréchaussée : le conseil de ville refuse d'y participer, ne voulant pas cautionner cette « insubordination » mais, le , l'Assemblée constituante envoie un message de félicitations aux nouveaux fédérés[3].

Les officiers du Royal-Champagne se plaignent vivement de ce mouvement : selon eux, Davout avait appelé les citoyens à se faire justice eux-mêmes et menacé de mettre « à la lanterne » les ennemis de la fédération. À partir du , une mutinerie éclate : les soldats refusent d'obéir à un ordre royal qui les envoie en Normandie et demandent aux officiers de présenter leur comptabilité. Malgré les ordres réitérés de Stanislas de Biaudos de Castéja, gouverneur d'Artois, puis la désapprobation de l'Assemblée constituante, le régiment reste à Hesdin, moins Davout qui se met en permission. Les deux camps envoient des pétitions à l'Assemblée[4].

L'affaire d'Hesdin survient dans une période de forte agitation dans l'armée, avec en particulier l'affaire de Nancy en . Le , l'Assemblée vote un décret condamnant la conduite des soldats du Royal-Champagne. Le marquis de Fournès et le conseil de ville envisagent de se retrancher dans l'hôtel de ville et sélectionnent les éléments les plus sûrs de la Garde nationale. Le , un ordre du roi demande au gouverneur d'Artois d'aller en personne à Hesdin pour ramener dans l'obéissance les cavaliers du Royal-Champagne. Le , sur la place d'Armes, des troupes sûres amenées d'Arras et des gardes nationaux, avec quatre canons braqués, encerclent les soldats du Royal-Champagne ; 36 d'entre eux sont renvoyés dans leurs foyers, quelques-uns emprisonnés, les autres doivent renouveler leur serment de fidélité et désavouer les mutins[5].

Les soldats congédiés vont se plaindre à Paris où ils trouvent des appuis, notamment chez les sans-culottes de la section de Bon-Conseil. Une commission de l'Assemblée arrive à partir du et procède à plus de 200 interrogatoires. Plusieurs soldats, sous la pression de leurs officiers, doivent signer des rétractations. Le , le régiment Royal-Champagne quitte Hesdin pour Falaise en Normandie. Mais la campagne en faveur des soldats congédiés se poursuit et, le , l'Assemblée casse leurs condamnations et ordonne de les réintégrer, non pas dans leur régiment mais dans la maréchaussée. L'élection de Varlet comme maire, le , confirmera la victoire des révolutionnaires. Davout, après six semaines en prison, démissionne de l'armée où il reviendra plus tard : sous Napoléon, il deviendra maréchal d'Empire et prince d'Eckmuhl. Deux autres meneurs de la mutinerie, les sous-officiers François Argod et François Hilarion Point, feront une brillante carrière militaire tandis que plusieurs des officiers impliqués dans la répression à Hesdin choisiront l'émigration[6].

Mémoire et traditions

Personnalités

Le maréchal Louis Nicolas Davout y servit comme sous-lieutenant.

Notes et références

Annexes

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