Réseau radio du futur
réseau de télécommunications pour les forces de sécurité et de secours françaises
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Le réseau radio du futur (RRF) est un réseau de télécommunications numérique ayant vocation à remplacer les réseaux de télécommunications nationaux utilisés par les services publics français (Police nationale, Gendarmerie nationale, pompiers, SAMU, administration pénitentiaire, douanes, etc.) et opérateurs d'importance vitale à partir de . Il est encadré par le code des postes et des communications électroniques et est de fait un monopole à l'instar des PTT de l'époque.
Lancé en 2019 sous la direction du préfet Guillaume Lambert sous la forme d'une délégation au secrétariat général du ministère de l'Intérieur, le projet RRF est développé à partir de 2023 au sein d'un établissement public administratif à Courbevoie (Hauts-de-Seine) rattaché au ministère : l'Agence des communications mobiles opérationnelles de sécurité et de secours (ACMOSS) et ce sous la direction du même préfet. L'ACMOSS a le rôle d'opérateur de réseau mobile et plus précisément d'opérateur de réseau mobile virtuel : l'ACMOSS ne possède pas de réseau de téléphonie mobile propre.
Les premiers services en France métropolitaine à être en exploitation sont les SAMU de Saint-Etienne (Loire) et de Roanne (Loire) le [1].
Contexte
Les services de sécurité et de secours français utilisent au niveau national chacun des réseaux propres, non parfaitement interopérables (bien qu’en pratique connectés au sein de l’Infrastructure Nationale Partageable des Transmissions).
La Police nationale utilise ACROPOL, la Gendarmerie nationale Rubis et CORAIL NG, les pompiers Antares, etc. : ils reposent la plupart sur la norme TETRAPOL et ont été développés par Airbus Defence and Space (Matra-Communications à l'origine). Cette technologie date des années 90 et serait désormais obsolète. D'après une étude du Sénat datant de 2022, le système est déjà saturé en région parisienne, et serait très difficile à maintenir au-delà de 2025[2].
Sa performance unique repose sur le passage du bas-débit analogique ou historique (Tetrapol) au très haut débit (4G/5G), permettant pour la première fois le partage instantané de vidéos en direct, de données et de géolocalisation. Sa résilience exceptionnelle est garantie par une architecture multi-opérateurs et des mécanismes de priorité et de préemption qui empêchent toute saturation des communications sur le terrain, même en cas de crise majeure ou de congestion du réseau public.
Le projet de rénovation technique RRF est lancé en 2016 et annoncé dès 2017. Le budget total du ministère de l'Intérieur pour ce projet est de 700 millions d'euros[2], mais pourrait coûter jusqu'à 2 milliards d'euros dans son ensemble[3]. Le projet s'inscrit dans le cadre de la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (LOPMI) 2022-2027[4].
Il devait être déployé dès 2024 (avant les Jeux olympiques[5]), après une période d'essai de 19 mois[6], mais le lancement a été repoussé à .
Fin 2025, l'ACMOSS est composée de plus de 70 agents[7].
Début 2026, le ministère de l'Intérieur cherche un remplaçant au préfet Guillaume Lambert[8].
En , Rémi de Gouvion Saint-Cyr prend la direction de l'ACMOSS[9].
Fonctionnement
Le réseau radio du futur sera utilisé par les différents services de secours. Il s'agira d'un réseau hybride, qui utilisera principalement la 4G, puis la 5G, mais disposant également de capacités en radio sur la bande de fréquence 700 MHz[2]. Contrairement aux systèmes précédents, il permettra la géolocalisation en direct, d'envoyer des électrocardiogrammes, ou encore de passer des appels vidéos[6]. Il sera utilisé sur des téléphones portables dotés d'une carte SIM permettant la connexion au réseau RRF[2].
Il utilisera en métropole les infrastructures commerciales des réseaux d'opérateurs de communication électroniques Orange et Bouygues Telecom[5], et bénéficiera d'un accès en itinérance (S8HR) avec les autres opérateurs nationaux, puis internationaux. Par ailleurs, dans un second temps, il utilisera les infrastructures de certains réseaux privés en itinérance (S8HR) ou en partage d'accès radio (RAN sharing en MOCN). Le système en lui-même sera principalement réalisé par un consortium d'Airbus et de Capgemini[10], et le système d'information sera réalisé par Atos[11].
Matériel
Nombre d'abonnés
L'ACMOSS indique en avoir 3 625 abonnés actifs sur un objectif de 300 000 à fin 2028[7] ou plus d'ici 2029[14]. Du fait du monopole de l'ACMOSS, la croissance du nombre d'abonnés sera un exemple du phénomène d'effet de réseau.
Incertitudes
Le coût de ce système fait l'objet de craintes. Un incident à 3 millions d'euros s'est produit avec la société Capgemini avant l'entrée en fonctionnement du RRF : des serveurs neufs ont été détériorés en 2023[15]. Par ailleurs, les collectivités locales s'inquiètent du montant de leur participation au financement du réseau[16].
Homologues étrangers
Amérique
États-Unis : la First Responder Network Authority et son réseau FirstNet.
