Réseau émeraude
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Le réseau émeraude est un réseau d'aires protégées, dénommées zones d’intérêt spécial pour la conservation, mises en place dans le cadre de la convention de Berne de 1982. Initialement imaginé par le conseil de l'Europe, il s'étend, aujourd'hui, également sur des pays non européens.

Selon le WWF, le réseau émeraude est l'équivalent du réseau Natura 2000 dans les pays ne faisant pas partie de l'Union européenne[1]. La désignation des ZSCI se base sur des listes d'espèces et d'habitats, comme pour le Natura 2000.
C'est un des éléments de la stratégie européenne pour la biodiversité, qui s'appuie aussi sur :
- le réseau écologique paneuropéen (econet : Ecological Network) ;
- le diplôme européen des espaces protégés ;
- une coopération avec les autres réseaux d'espaces protégés dans le monde ou localement en Europe.
Histoire

La convention de Berne, entrée en vigueur le , prévoit la création de Zones d’Intérêt Spécial pour la Conservation dans tous les États-parties. Cette exigence est précisée dans la recommandation n°16 de 1989[2], promue par le Conseil de l'Europe.
En 1996 puis en 1998, des listes d'habitats et d'espèces devant servir de base à la création des Zones d’Intérêt Spécial pour la Conservation sont publiées par le comité permanent de la convention. Elles doivent permettre de cibler les efforts des états-partis mais également d'éviter la création d'aires protégées qui ne répondraient pas aux objectifs de la convention de Berne.
En 1998, le réseau pour le développement de la recommandation n°16 sur la création de zones d'intérêt spécial pour la conservation a été rebaptisé Réseau émeraude[3].
L'Union européenne, en tant que telle, est aussi partie contractante à la convention de Berne. C'est une des motivations de la directive sur la protection des habitats d'intérêt européen (directive habitats de 1992), et de Natura 2000[4].
En 2004, le Burkina Faso, le Maroc, le Sénégal et la Tunisie ont décidé de rejoindre la Convention et de développer des Zones d’Intérêt Spécial pour la Conservation sur leurs territoires, suivant, ainsi, les recommandations du Sommet mondial sur le développement durable qui s'est tenu à Johannesbourg en 2002[5]. En 2008, c'est au tour de l'Arménie de signer la convention[6].
Les critères précis pour l'évaluation des propositions nationales de sites n'ont été adoptées qu'en 2010 après de longues tractations, et rapidement modifiées en 2013[3].
La constitution du réseau devait être achevée en 2020, mais a pris du retard dans plusieurs pays.
Zones d'intérêt spécial pour la conservation par pays
En , dans le cadre de la préparation de la 45e conférence des parties de la convention de Bernes, le conseil de l'Europe a publié :
- une liste de zones d'intérêt spécial pour la conservation (ZISC) validée sur les critères de la convention de Bernes, pour huit pays: l'Andorre, la Géorgie, le Liechtenstein, la Moldavie, la Norvège, la Suisse, l’Ukraine et le Royaume-Uni[7] ;
- une liste de sites officiellement candidat en Albanie, Arménie, Azerbaïdjan, Bosnie-Herzégovine, Islande, Monténégro, Macédoine du Nord, Norvège et Serbie[8].
Union européenne

L'Union européenne considère répondre aux exigences de la convention de Berne au travers du réseau Natura 2000. La résolution n°5 de 1998, de la convention de Berne reconnait que les sites Natura 2000 font partie du réseau Émeraude[9].
En , l'Union européenne comptait 5 646 zones de protection spéciale (ZPS) pour les oiseaux sur une superficie de 843 245 km2, et 24 191 zones spéciales de conservation (ZSC) (dont les pSIC, SIC) pour les habitats et les espèces sur une superficie totale de 1 051 569 km2, ce qui représente 18 % de la surface terrestre et marine du territoire de l'Union européenne[10].
Andorre
En , l'Andorre compte deux ZISC validés pour 2 610 ha, correspondant aux deux parcs naturels du pays (voir l'article Liste des aires protégées d'Andorre pour plus de détails), soit 5,6% du territoire national[11].
Arménie
L'Arménie a inscrit 23 zones d'intérêt spécial pour la conservation, pour un total de 10 826,2 Km2, ce qui représente un tiers de son territoire national[6]. Les autorités nationales se sont cependant rapidement rendu compte des difficultés que poseraient la gestion d'autant de sites et les autres obligations liées à la convention. En , une nouvelle proposition de 30 sites qui couvriraient un peu moins d'un quart du territoire était en cours de finalisation par le Ministère de l'environnement[12].
Géorgie

En , la Géorgie compte 66 ZISC validées pour une surface de 1 306 748 ha (1 290 410 ha terrestre et 17 040 ha en mer) soit 18,5 % de la superficie terrestre du pays[12].
Liechtenstein
En , le Liechtenstein compte deux ZISC validées pour un total de 144,7 ha, soit 0,9% du pays[11].
Moldavie
En 2022, la Moldavie avait désigné 61 ZISC pour une surface totale de 2 744,6 km2 soit 8,1% du territoire national[13]. La surface n'a pas évoluée en [11]. La Moldavie suit un programme pour rapprocher sa réglementation sur les aires protégées de celle de l'Union européenne, en vue de son adhésion prochaine.
Norvège
La Norvège a fait une première proposition de 11 sites pilotes en 2006, qui ont tous été approuvés par le comité permanent de la Convention[14]. Aucun site n'est proposé dans l'archipel du Svalbard, qui a été exclu lors de la ratification de la convention de Berne par la Norvège.
En , le baromètre du réseau Émeraude indique que 568 ZISC ont été adoptées par le comité permanent de la convention, en Norvège, pour une superficie terrestre de 4 293 530 ha équivalent à 13,3% de la surface terrestres de la Norvège. Le Norvège compte également 138 site considérés comme candidats pour 527 950 ha[11].
Royaume-Uni
Avant le Brexit, le Royaume-Uni répondait à ses obligation au titre de la convention de Berne via ses sites du réseau Natura 2000. Depuis (18e conférence des parties), l'ensemble des sites Natura 2000 britanniques, soit 284 zones de protection spéciales et 658 zones spéciales de conservation pour le Royaume-Uni métropolitain et deux ZPS et ZSC pour Gibraltar, a été adopté par le réseau émeraude[15].
En , le baromètre du réseau Émeraude indique que 943 ZISC ont été adoptées par la convention. Une grande partie des ZISC est en mer (13 123 200 ha). Le réseau Émeraude couvre 8,6% de la surface terrestre du Royaume-Uni (2 098 330 ha)[11].
Suisse
Le , le WWF et Association suisse pour la protection des oiseaux ont présenté une cartographie des zones qui pourrait rejoindre le réseau Emeraude, sur la base d'un travail lancé quelques années auparavant. Ce qui a conduit la Confédération à proposer une première liste de 37 sites candidats au comité permanent de la convention de Berne, lequel a validé la liste en 2012.
En 2019, la Suisse a classé 1,6% de son territoire national comme zones d’intérêt spécial pour la conservation. Considérant ces résultats insuffisants, alors que la constitution du réseau devait être achevée en 2020, le comité permanent a exhorté la Suisse à désigner d'autres aires protégées[16].
Selon le baromètre du réseau émeraude, au , la Suisse compte 37 ZISC, pour une surface de 64 250 ha soit 1,6% du territoire national[11].
Ukraine
En , le réseau Émeraude en Ukraine compte 377 ZISC, qui couvrent 6 891 650 ha soit 11,4% de la surface terrestre du pays. Par ailleurs l'Ukraine propose 161 nouveaux sites, qui ne sont pas considérés comme candidats officiels[11].
Hors d'Europe
Divers oiseaux, mammifères (marins) et insectes sont de grands migrateurs et vivent à la fois en Afrique et en Europe. Il est donc cohérent d'étendre la stratégie de conservation et de gestion en réseau d'habitats en Afrique et à la grande zone du paléarctique nord-occidental pour ce qui concerne la plupart des oiseaux. Une action concertée de protection de la diversité génétique des espèces, et de leurs habitats, visant aussi à lutter contre la chasse et le commerce illégal relève d'un intérêt général et commun aux deux continents.