Réserve naturelle nationale de la Bassée
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| Superficie |
854,68 ha[1] |
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| Catégorie UICN |
IV |
| WDPA | |
| Création | |
| Administration |
Association AGRENABA |
| Site web |
La réserve naturelle nationale de La Bassée (RNN155[2]) est une réserve naturelle nationale située en Île-de-France. Classée en 2002, elle s'étend sur une surface de 854 hectares dans la plaine alluviale de la Bassée, vaste vallée fluviale inondable du bassin versant de la Seine.
Cette réserve présente une grande diversité de paysages. Les milieux humides, tels que les prairies et les roselières, contrastent avec des zones plus sèches, appelées « montilles ». Ces dernières sont des buttes formées par l’accumulation de dépôts sableux au fil des siècles.

La réserve naturelle se situe dans le département de Seine-et-Marne. Elle s'étend sur les communes d'Everly, Gouaix, Grisy-sur-Seine, Jaulnes, Mouy-sur-Seine, Noyen-sur-Seine, et Les Ormes-sur-Voulzie.
La Bassée est un segment de la vallée de la Seine, dans une vaste plaine inondable en amont de Paris. Elle s'étend entre la confluence de l'Aube et de la Seine en amont, et celle de la Seine et de l'Yonne en aval.
Histoire du site et de la réserve
L’introduction de la mécanisation et le développement de l’élevage hors sol ont profondément modifié la physionomie du paysage de la Bassée. À la fin du XXᵉ siècle, les prairies ainsi que les friches arbustives et herbacées ne constituent plus qu’un faible pourcentage de l’occupation des sols, la fauche étant progressivement abandonnée au profit du pâturage intensif et des cultures.
Depuis le début du XXIᵉ siècle, les surfaces agricoles restantes diminuent probablement en raison de l’augmentation des exploitations d’alluvions, qui cèdent la place à des plans d’eau de tailles variées.
Ces profondes modifications de l’occupation des sols entraînent des conflits d’usages. En effet, la Bassée francilienne se caractérise par ses importantes ressources naturelles, notamment grâce à la présence d’aquifères considérables, exploitables pour l’alimentation en eau potable de la région parisienne ; d’importants volumes de sables et graviers alluvionnaires, actuellement exploités dans de nombreuses activités industrielles ; et de sols alluviaux riches, favorables aux activités agricoles.
Mais elle se caractérise également par un grand intérêt écologique, illustré par la présence de la plus grande, et de l’une des dernières, forêts alluviales du Bassin Parisien, dont les limites s’étendent bien au-delà de celles de la réserve naturelle ; un ensemble de prairies et d’ourlets humides particulièrement riches sur les plans floristique et phytoécologique ; un réseau de noues et de milieux palustres d’un très grand intérêt écologique.
Ces richesses suscitent l’intérêt des naturalistes locaux et des associations seine-et-marnaises, et alimentent leurs préoccupations. C’est dans ce contexte que naissent les premiers projets de création d’une réserve naturelle dans la Bassée.
Écologie (biodiversité, intérêt écopaysager…)
En termes de surfaces, un enjeu primordial concerne les forêts alluviales, dont les végétations d’intérêt représentent 63,4 % de la surface de la réserve. La chênaie-ormaie riveraine des grands fleuves, avec ses faciès de boisements à vigne sauvage, constitue à elle seule 63,1 % de la surface totale de la réserve[3].
Les prairies humides occupent ensuite une part plus modeste, avec des végétations d’intérêt représentant 1,3 % de la réserve. Elles sont suivies par les mégaphorbiaies, dont les végétations d’intérêt couvrent 0,3 % de la surface de la réserve.
De manière plus ponctuelle ou linéaire, les végétations aquatiques représentent 0,1 % de la surface de la réserve et 3 800 m de noues ; les végétations riveraines couvrent 0,02 % de la surface de la réserve et 380 m de noues ; les ourlets s’étendent sur 1 800 m.
Flore

Les données disponibles révèlent une richesse floristique de 634 espèces indigènes et naturalisées, dont 6 espèces subspontanées, représentant 45 % de la flore de l’Île-de-France. Les espèces cultivées n’ont pas été prises en compte.
Parmi les 634 espèces identifiées depuis 1989, 42 sont désormais considérées comme disparues ou douteuses : elles n’ont pas été observées depuis l’ancien plan de gestion en 2004. Ces disparitions sont dues principalement à la destruction ou à la modification de leurs habitats, comme c’est le cas de Stellaria palustris ou Adonis annua.
Enfin, certaines mentions anciennes semblent probablement liées à des erreurs d’identification, notamment pour Utricularia vulgaris, Senecio aquaticus ou Oenanthe fistulosa.

En revanche, 34 espèces ont été observées pour la première fois depuis 2005. Parmi ces nouvelles espèces, certaines ne sont pas considérées comme rares ; elles auraient pu être omises lors du recensement de la flore en 2004, comme Lychnis flos-cuculi ou Lepidium squamatum. Près d’un tiers de ces espèces est classé comme étant au moins vulnérable. Parmi elles, 48 présentent des enjeux de conservation, dont l’Œillet superbe (Dianthus superbus) et la Vigne sauvage (Vitis vinifera subsp. sylvestris). Parmi ces espèces, 5 relèvent d’une responsabilité nationale. Elles se concentrent principalement dans les milieux dits « ouverts », en particulier dans les prairies.
Faune
Oiseaux nicheurs
Au total, 93 espèces d’oiseaux ont niché dans la réserve naturelle entre 1989 et 2015. Durant la période 2005-2015, 10 espèces ont disparu par rapport à la période précédente, tandis que 9 nouvelles espèces ont été détectées.
Les disparitions peuvent être attribuées à la dynamique globale des populations d’espèces au niveau régional et national, comme c’est le cas pour :
- La Grive litorne (Turdus pilaris) ;
- La Pie-grièche grise (Lanius excubitor).
Elles peuvent également résulter de la perte d’habitats favorables à la nidification, notamment pour des espèces pionnières des anciennes gravières telles que :
- L’Hirondelle de rivage (Riparia riparia) ;
- Le Petit Gravelot (Charadrius dubius) ;
- La Sterne pierregarin (Sterna hirundo).
Certaines espèces, comme le Moineau friquet (Passer montanus) et le Moineau domestique (Passer domesticus), ne semblent pas avoir niché dans le périmètre de la réserve mais ont été observées en périphérie. Par ailleurs, le Tarier pâtre (Saxicola torquata) a disparu sans raison apparente, bien qu’il niche encore à proximité.
L’apparition de nouvelles espèces s’explique par un effort accru de prospection et par la progression de certains habitats, tels que les roselières et les saulaies rivulaires, qui sont favorables au Blongios nain (Ixobrychus minutus) et à la Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus).
Espèces d’intérêt
La réserve naturelle joue un rôle crucial pour 8 espèces :
- L’Autour des palombes (Accipiter gentilis)
- La réserve est le seul site de nidification connu en Bassée, accueillant 8 à 11 couples en Île-de-France.
- La Mésange boréale (Parus montanus)
- Probablement le bastion de l’espèce dans la Bassée, elle représente environ 20 % de la population régionale, avec 50 à 100 couples en Île-de-France.
- La Bondrée apivore (Pernis apivorus)
- Un couple occasionnel dans la réserve et 2-3 territoires occupés en Bassée (7-13 couples en Île-de-France).
- La Rousserolle turdoïde (Acrocephalus arundinaceus)
- Un couple dans la réserve, avec 4-5 territoires occupés en Bassée, qui constitue le bastion francilien de l’espèce (7 couples en Île-de-France, selon les années).
- Le Blongios nain (Ixobrychus minutus)
- Un couple niche de façon occasionnelle dans la réserve, représentant 20-25 % de la population régionale (15-25 couples en Île-de-France).
- Le Busard des roseaux (Circus aeruginosus)
- Un couple occasionnel dans la réserve et 2-3 territoires occupés en Bassée (7-13 couples en Île-de-France).
- Le Pic mar (Dendrocopos medius)
- Plusieurs couples présents dans la réserve, bien que la population de cette espèce reste à évaluer avec plus de précision.
- L’Œdicnème criard (Burhinus oedicnemus)
- Un couple a niché en 2015. L’espèce est occasionnelle dans la réserve, où peu de sites lui sont favorables. Elle est surtout présente dans les espaces cultivés au sud de la Seine.
Mammifères
La réserve de la Bassée abrite 29 espèces de mammifères non volants, bien que seulement 15 aient été recensées récemment. À cela s’ajoutent 16 espèces de chauves-souris.
Reptiles et amphibiens
La réserve accueille 18 espèces de reptiles et d’amphibiens, parmi lesquelles figure l’emblématique Rainette verte arboricole (Hyla arborea).
Insectes
Odonates (libellules)
50 espèces d’odonates ont été recensées dans la réserve. Depuis 2005, les connaissances sur ce groupe se sont améliorées : jusqu’en 2004, seules 29 espèces étaient connues, dont 26 avec des données précises. En une décennie, ce nombre a presque doublé ; la liste des espèces d’odonates présentes dans la réserve est désormais quasiment exhaustive. Une répartition détaillée reste à affiner ; l’autochtonie de certaines espèces au sein de la réserve reste à confirmer.

Lépidoptères (papillons)
325 espèces de lépidoptères ont été observées :
57 rhopalocères (papillons de jour) ;
268 hétérocères (papillons de nuit).
Pour les hétérocères, la majorité des données provient d’inventaires ciblés : la plupart ont été réalisés avant 2005. Près de la moitié des espèces n’a pas été revue depuis cette date. À l’inverse, la connaissance des rhopalocères a progressé depuis 2005 : seules 34 espèces étaient connues à cette époque.
Orthoptéroïdes (criquets, sauterelles, etc.)
Les orthoptéroïdes ont fait l’objet de prospections ciblées en 2004 et 2012, couvrant les principaux milieux ouverts de la réserve. Ces inventaires ont permis d’identifier un total de 40 espèces.
Coléoptères (insectes aux ailes protégées)
Entre 2006 et 2008, une campagne de piégeage réalisée dans le cadre de l’Atlas de Seine-et-Marne a répertorié 229 espèces de coléoptères, grâce à des pièges d’interception.
Statut juridique
La réserve naturelle a été créée le [4].
Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
- Réserve naturelle nationale de la Bassée, sur Wikimedia Commons
Articles connexes
- Liste des réserves naturelles nationales de France (classées par région et département)
Liens externes
Notes et références
- 1 2
- ↑ « La Bassée – Réserves Naturelles de France », sur reserves-naturelles.org (consulté le )
- ↑ Camille Meunier, Plan de gestion de la réserve naturelle de la Bassée 2017-2021, Gouaix, , 112 pages + annexes
- ↑ « Décret n°2002-1277 du 21 octobre 2002 portant création de la réserve naturelle de la Bassée (Seine-et-Marne) », sur Legifrance
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