Résolution 2065 de l'Assemblée générale des Nations unies
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La résolution A/RES/2065 (XX) de l'Assemblée générale des Nations unies, adoptée le 16 décembre 1965, a reconnu l'existence d'un conflit de souveraineté entre le Royaume-Uni et l'Argentine sur les îles Malouines. Cette résolution reconnut que la question des îles Malouines fait partie d’une situation coloniale qui doit être résolue à la lumière de ce qui a été exprimé dans la résolution 1514 (XV), qui a établi l’objectif d’éliminer toutes les formes de colonialisme. La résolution appelle les parties à résoudre sans retard le conflit de souveraineté, en tenant compte des intérêts des insulaires.
Abs. : 14
Contre : 0
des Nations unies
Résolution 2065
| Date | 16 décembre 1965 |
|---|---|
| Séance no | 1398e séance plénière |
| Code | A/RES/2065 (XX) (Document) |
| Vote | Pour : 94 Abs. : 14 Contre : 0 |
| Sujet | Question des îles Falkland (Malvinas) |
| Résultat | Adoptée |
Le 3 janvier 1833, des forces britanniques expulsèrent les autorités et la population argentines établies dans les îles Malouines et commencèrent leur occupation illégale, suscitant ainsi une situation coloniale spéciale sans précédent. Cette usurpation a marqué le début du conflit sur la souveraineté des îles Malouines.
À la fin des années 1950, l’Assemblée générale des Nations unies a décidé de promouvoir un processus mondial de décolonisation.
Le 14 décembre 1960, la résolution 1514 (XV) concernant la « Déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux » a été adoptée par 89 votes pour, aucune vote contre et 9 abstentions, presque toutes des pays colonialistes. Ce document a ouvert la porte à des négociations bilatérales entre l’Argentine et le Royaume-Uni. En quatre points (2, 4, 6 et 7), le texte fait référence à l’essence du problème : le respect de l’autodétermination, de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale. Cela fut confirmé l'année suivante par la résolution 1654 (XVI), qui créa ce qui fut connu après la résolution 1810 sous le nom de « Comité spécial des vingt-quatre », chargé de superviser le processus de décolonisation. En particulier, la question des îles Malouines relevait de la compétence du Sous-Comité III.
Au début de la session en septembre 1964, les délégations des deux pays furent autorisées à participer aux débats, mais sans droit de vote. La thèse argentine a été présentée par le conseiller juridique du ministère des Affaires étrangères, José María Ruda, et la thèse britannique par Cecil King. L'échange d'arguments a été houleux et la plupart des membres penchaient en faveur de la position de l'Argentine. La Sous-Comité III a produit un rapport contenant les conclusions des débats, qui contredisaient point par point les arguments du Royaume-Uni.
Le Sous-Comité III a adopté le rapport à l’unanimité et l’a renvoyé au Comité spécial des vingt-quatre. Là, l’argument de l’étape précédente a été répété. Le Royaume-Uni a tenté de porter la question au niveau bilatéral pour empêcher toute nouvelle discussion à ce sujet aux Nations unies. Une fois de plus, la diplomatie argentine a gagné et les membres de l'organisme ont également accepté à l'unanimité les conclusions du rapport reçu. La Syrie a présenté une motion supplémentaire visant à ce que le mot « Malvinas » apparaissent à côté des mots « Falkland Islands » dans tous les documents officiels de l'organisme, qui a été adoptée par 19 votes pour, le Royaume-Uni contre et deux abstentions. Le nouveau rapport a ensuite été renvoyé à la Quatrième Commission des questions coloniales de l’Assemblée générale pour discussion, où il était prévu qu’il soit examiné l’année suivante.
Après l'adoption du projet de résolution par 87 votes pour et 13 abstentions, le 16 décembre 1965, l'Assemblée générale a adopté la résolution 2065 (XX) sur la base du rapport de la Quatrième Commission par 94 votes pour, aucune vote contre et 14 abstentions. Le texte propose formellement que les deux gouvernements mènent des négociations sur la souveraineté conformément aux points susmentionnés du rapport du Sous-Comité III. Il établit essentiellement que les îles Malouines ne peuvent être décolonisées sur la base du principe d’autodétermination et demande aux deux parties de faire rapport au Comité spécial des vingt-quatre et à l’Assemblée générale sur l’avancement des négociations.
Après l’adoption de la résolution 2065, le Royaume-Uni a tenté d’inclure une référence explicite au droit à l’autodétermination dans ce qui est devenu plus tard la résolution 40/21 du 27 novembre 1985, mais l’Assemblée générale des Nations unies l’a rejetée catégoriquement. La raison est simple : contrairement aux cas habituels de colonialisme, c’est-à-dire l’assujettissement d’un peuple entier par une puissance européenne, la question des îles Malouines implique le déplacement d’un jeune État indépendant d’une partie de son territoire et de sa population par la puissance coloniale la plus puissante de l’époque[1],[2].
Vote
Le résultat du vote était le suivant[3] :
Pour : Afghanistan, Algérie, Arabie saoudite, Argentine, Autriche, Belgique, Bolivie, Brésil, Bulgarie, Birmanie, Burundi, République socialiste soviétique de Biélorussie, Cameroun, République centrafricaine, Ceylan, Chili, Chine, Colombie, Congo (Brazzaville), Congo (République démocratique du), Costa Rica, Côte d'Ivoire, Cuba, Dahomey, République dominicaine, El Salvador, Espagne, Éthiopie, Gabon, Ghana, Grèce, Guatemala, Guinée, Haïti, Haute-Volta, Honduras, Hongrie, Inde, Iran, Irak, Irlande, Israël, Italie, Jamaïque, Japon, Jordanie, Kenya, Koweït, Liban, Libéria, Libye, Luxembourg, Madagascar, Malawi, Malaisie, Maldives, Mali, Mauritanie, Mexique, Mongolie, Maroc, Népal, Nicaragua, Niger, Nigéria, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Pologne, Roumanie, Rwanda, Sénégal, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Syrie, Tchécoslovaquie,Thaïlande, Togo, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Turquie, Ouganda, République socialiste soviétique d'Ukraine, Union des Républiques socialistes soviétiques, République arabe unie, République unie de Tanzanie, Uruguay, Venezuela, Yémen, Yougoslavie, Zambie.
Au total, 87 % des membres des Nations unies ont voté en faveur de cette résolution.
Contre : Néant.
Abstentions : Afrique du Sud, Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, France, Islande, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Portugal, Suède, Royaume-Uni.
Absents : Neuf pays.