Révolte du Lanturlu

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La Révolte du Lanturlu, aussi appelée l'Émeute des Lanturelus ou la Révolte des Lanturelus de Dijon, est le nom donné, à cause du refrain « lanturlu »[1] repris en chœur par les émeutiers, à un soulèvement populaire qui éclata à Dijon en 1630.

Richelieu décide, par un édit[2], d'imposer à la Bourgogne, pays d'états, un régime administratif de pays d'élections[3]. Les vignerons et les artisans estiment que la conséquence de l'édit sera l'assujettissement à des impôts toujours plus élevés, les impôts d'un pays d'élections étant directement subordonnés au pouvoir royal au lieu de passer par les traditionnelles assemblées provinciales des pays d'états. Les autorités locales sont majoritairement opposées à cette réforme : le maire, les échevins, les députés des états de Bourgogne. Dès novembre 1629, les députés des trois ordres ont estimé que le projet était préjudiciable à leur ville et à leur province ; une lettre du maire adressée aux échevins parle de ses démarches pour s'opposer à la réforme. Mais la Chambre des comptes soutient la réforme. Cette opposition entre ces instances est ancienne[4]. Les conflits entre les instances ont entre autres porté sur les tailles (impôts directs), sur la gabelle (impôt indirect sur le sel particulièrement impopulaire), ou sur l'autorité pouvant juger les comptables. En 1604, le pouvoir royal avait arbitré en faveur du parlement. Déjà en juillet 1626, il y eut augmentation du pouvoir de la chambre des comptes sur la fiscalité de la province (contrôle des greniers à sel), mesures auquel le parlement avait vainement fait part de son désaccord.

Les vignerons estiment être les premiers concernés par le nouvel édit, les éventuels nouveaux impôts porteraient, entre autres, sur le vin. Jusqu'alors, lorsque le vin est exporté hors de la province, il est taxé, mais il est exonéré lorsqu'il circule à l'intérieur de la province[5]. Les vignerons redoutent une imposition s'appliquant aussi aux ventes locales.

Le bruit court, le , que la Chambre des comptes va approuver la réforme. C'est le point de départ de la révolte. Il y avait déjà quelques jours que certains prévoyaient que des émeutes étaient possibles[6].

Chronologie de la révolte

Les événements débutent le mercredi , ce jour-là une cinquantaine de personnes[7] défilent et font tapage jusqu'à minuit dans un climat plutôt joyeux. Le les vignerons s'attroupent, dès six heures du matin et font sonner le tocsin à l'église Saint-Michel. Le chef est Anatoire Changenet dit « le Roy Machart » (ou « Machas », on ignore la raison pour laquelle il était appelé ainsi, peut-être par son accoutrement très coloré, il s'était habillé pour l'occasion d'une couronne de lierre[8]). La troupe parcourt les rues de Dijon, en chantant le refrain Lanturlu. Les manifestants brûlent un portrait du roi ; crient aussi "vive l'empereur"[9]. Les émeutiers ont prévu précisément leurs objectifs : ils vont saccager sept maisons simultanément, toutes appartenant à de notables et représentant le pouvoir : il se dirigent d'abord vers la maison du trésorier général, ils la saccagent, puis, en se divisant en deux groupes, vont vers d'autres maisons : celle du président de la chambre des comptes, chez le greffier du parlement, chez le correcteur à la chambre des comptes, chez le premier président au parlement Etienne de Loisy. Trois maisons sont incendiées, les autres saccagées. Au total la durée de l'action a été de sept ou huit heures.
La rébellion reprend le 1er mars après-midi mais le commandant Mirebeau fait tirer sur les mutins[10]. Quatorze sont tués place Saint-Michel[11].

Conséquences de la révolte

Bibliographie

Notes et références

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