Révolte du coton
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| Date | du au |
|---|---|
| Lieu | Gand |
| Ouvriers du coton |
La révolte du coton (en néerlandais : Katoenoproer) a lieu à Gand en 1839 lorsque les ouvriers du coton exigent des mesures du gouvernement pour améliorer leur situation. L'armée disperse une manifestation le , après quoi le gouvernement accepte un certain nombre de revendications. L'épisode illustre qu'il existait un mouvement ouvrier autonome avant Marx[1].
En 1839, l'industrie de la jeune Belgique traverse une crise économique. Dans la ville textile de Gand, l'industrie cotonnière peine à se remettre de la perte des marchés coloniaux et la concurrence anglaise pèse lourdement. Il y avait aussi de nombreux orangistes, notamment parmi les industriels, qui, après le traité de Londres conclu en avril 1839, voulaient faire une dernière tentative pour défaire la scission belge. Ils essayèrent de capitaliser sur le mécontentement des ouvriers, qui commençait à prendre des proportions menaçantes.
En juillet, le fileur Cesar van Moerkercke écrit au roi Léopold Ier pour demander l'introduction d'un salaire minimum. Le monarque reçoit également une lettre alarmante du conseil provincial sur la situation de l'industrie du lin. Le gouverneur Pierre de Schiervel et le bourgmestre Jean-Baptiste Minne-Barth (nl) sont allés plaider la cause auprès du cabinet Theux, mais leurs paroles rassurantes à leur retour n'ont pas été prises en compte dans la politique gouvernementale. Mi-septembre, 12 des 53 filatures gantoises étaient fermées, les autres ne tournaient pas à pleine capacité. Les salaires des travailleurs du coton avaient chuté et le chômage était endémique. En partie à cause du coût de la vie, les chômeurs et le prolétariat ouvrier étaient confrontés à la faim. Les autorités craignaient que cela ne conduise à des émeutes comme dans le nord de la France.