Révolution (voilier)
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Révolution | |
Révolution dans le Solent | |
| Autres noms | Revolootion |
|---|---|
| Type | Monocoque |
| Histoire | |
| Architecte | Jean-Marie Finot |
| Lancement | 1972 |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 11.20m |
| Maître-bau | 3.96m |
| Tirant d'eau | 1.95m |
| Déplacement | 5.5t |
| Lest | 2.4t |
| Voilure | GV: 25m²
Genois: 55m² Spi: 115m² |
| Carrière | |
| Pavillon | France |
| Port d'attache | Saint Malo |
| modifier |
|
Révolution est un voilier prototype en aluminium de course au large. Construit en 1972 par Royal huisman[1], sur des plans de Jean-Marie Finot[2].
Révolution est dessiné par le Groupe Finot, mené par Jean-Marie Finot, au début de l'ère IOR (version Mk1). Sa forte largeur pour un One Tonner de l'époque lui procure une excellente stabilité. Le frégatage prononcé du bordé lui permet de passer facilement dans une mer agitée. Le pont « flush-deck » réduit le fardage et l'arrière volumineux diminue le tangage dans le clapot[3].
La volonté de centrer les poids en regroupant les écoutes au centre du cockpit facilite les manœuvres. Cette disposition sera à l'origine des prises de ris modernes, en remplacement des bômes à rouleaux[3]. Jean-Marie Finot utilise dès cette époque un ordinateur et une table traçante pour optimiser les formes de carène, une approche avant-gardiste pour l'époque[4].
Carrière sportive
1973 : Des débuts prometteurs et l'Admiral's Cup
Les entraînements du voilier Révolution débutent au printemps 1973 au départ de Saint-Malo, son port d'attache. Le bateau sert alors de laboratoire technologique pour l'architecte Jean-Marie Finot, qui souhaite optimiser son prototype en aluminium alors que ses propriétaires sont encore peu expérimentés. On estime qu'entre 100 et 200 équipiers se succèdent à bord durant les deux premières saisons pour parfaire les réglages[5].
Aux côtés de Orgueil V (plan Carter 39) et de Milène II (Swan 43), Révolution est sélectionné dans l'équipe de France pour l'Admiral's Cup 1973 à Cowes. Il affiche alors le plus petit rating de l'équipe (la fourchette de l'époque se situant entre 29 et 40 pieds). Le bateau se distingue techniquement en étant le seul de la flotte à utiliser des prises de ris rapides plutôt qu'une bôme à rouleau, système alors standard mais moins performant[6].
La Channel Race et l'incident de Royal Sovereign
Lors de la première course de la saison, la Channel Race, le champion olympique belge André Nélis est à la barre. Dès le départ, il parvient à placer Révolution en tête devant le voilier Lightning, alors mené par Ted Turner[6].
La course est marquée par un fait de navigation insolite : lors du passage du phare de Royal Sovereign, l'équipage de Révolution découvre le voilier britannique Battlecry immobilisé, son mât étant resté coincé dans la plateforme d'hélicoptère surplombant le phare. L'équipage de Battlecry sera contraint de démâter pour dégager le navire[5].
Malgré une erreur de navigation durant la course (confusion de cap entre le 180° et le 270°), Révolution remporte la victoire dans sa catégorie et est sacré « meilleur admiraler » (meilleur performeur individuel de l'épreuve). Lors de la remise des prix, le Prince Philip souligna avec humour que le vainqueur toutes classes se nommait Subversion et le meilleur bateau de la coupe Révolution[6].
Dès sa première saison, Révolution est sélectionné dans l'équipe de France de l'Admiral's Cup 1973, aux côtés de Loргueil et Frieberand III. Il remporte la Channel Race[7].
1975 : Confirmation et performance au Fastnet
En 1975, Révolution est de nouveau sélectionné en équipe de France. Il remporte le Neptune d'Argent et contribue au résultat de l'équipe française[8],[3].Le bateau affiche alors un rating de 30,0 pieds[5].
Sous la direction de Jean-Louis Fabry, l'équipage participe à une saison intense dans le Solent et en Manche :
- Cowes-Dinard : Le bateau termine à une solide 5e place sur 30 engagés en Classe II, confirmant sa rapidité dans les épreuves hauturières[5].
- Admiral's Cup 75 : Malgré une compétition internationale de plus en plus relevée, Révolution signe deux très belles manches de 6e (sur 57 participants) lors des régates inshore. L'équipe de France termine cette édition à la 10e place sur 19 nations[5].
Une performance de premier plan lors de la Fastnet Race
Le point d'orgue de la saison est la célèbre Fastnet Race. Dans des conditions tactiques et physiques exigeantes, Révolution réalise une performance majeure en se classant 5e sur 52 bateaux dans la Classe II (temps réel de 113 h 30 min)[5]. Ce résultat assoit définitivement la réputation du plan Finot comme l'un des rares voiliers capables de rivaliser avec les meilleurs designs américains et britanniques sur la durée d'une course de 600 milles nautiques.
La presse nautique de l'époque, notamment les revues Bateaux et Voiles et Voiliers, consacre plusieurs articles à cette régularité exceptionnelle pour un prototype alors âgé de trois ans[5].
Domination au RORC (1976–1979)
Entre 1976 et 1979, Révolution enchaîne les titres au RORC, s'imposant comme le voilier de course au large le plus régulier de sa génération en Europe. Il est sacré champion du RORC trois années consécutives (1976, 1977, 1978) et remporte à deux reprises le titre de « Yacht of the Year » du RORC (1977 et 1978), toutes classes confondues[3].
Admiral's Cup 1977 et 1979
Révolution est sélectionné une troisième puis une quatrième fois en équipe de France de l'Admiral's Cup, en 1977 et 1979, ce qui témoigne de sa longévité exceptionnelle au plus haut niveau de la compétition offshore[9],[3].
Fastnet Race 1979
En 1979, Révolution remporte la Fastnet Race en Classe III, lors de de cette tragique édition ou 75 bateaux chavirent, cinq coulent et 18 marins perdent la vie, seuls 86 voiliers sur 306 au départ seront classés à Plymouth[10].
Palmarès
| Année | Position | Course | Parcours | Temps compensé | Classe | Skipper |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1973 | Sélectionné dans l'équipe de France de Admiral's Cup | |||||
| 13eme | Seine Bay Race | Classe II | ||||
| 2eme | Torbay Race | Classe II | ||||
| 7eme | Le Havre- Royal sovereign | 225 NM | 43h10min | Classe II | ||
| 7eme | Morgan Cup Race | 215 NM | 42h18min | Classe II | ||
| 5eme | Cowes-Dinard | Classe II | ||||
| 1er | Channel race | 225NM | 30h12min | |||
| 7eme | Inshore Admiral's Cup | |||||
| 1974 | 2eme | Morgan Cup Race | Classe II | J.L Fabry / M. Hennebert | ||
| 5eme | Cowes-Dinard | 34h34min | Classe II | |||
| 1er | Semaine de la Rochelle | Classe I à III | ||||
| 1er | Mémorial Lavat | Classe I à IV | ||||
| 4eme | Cherbourg - Solent | 219 NM | Classe II | |||
| 2eme | Championnat de France de course croisière | Classe I à IV | ||||
| 2eme | Middle Sea Race | Classe II | ||||
| 1975 | Sélectionné dans l'équipe de France de Admiral's Cup, rating 30.0' | |||||
| 8eme | Morgan Cup | 45h30min | Classe II | |||
| 5eme | Cowes-Dinard | 39h28min | Classe II | |||
| 5er | Fastnet Race | 113h30' | Classe II | |||
| 1er | Bidor Hic | 40 NM | Classe I à IV | J.L. Fabry | ||
| 1976 | Champion du RORC | Classe II | ||||
| 1er | Morgan Cup | Classe II | J.L. Fabry | |||
| 1er | Cherbourg - Solent | Classe I et II | ||||
| 1er | Cowes-Dinard | Classe II | ||||
| 2eme | Mémorial Lavat | Classe II et III | ||||
| 1er | Channel Race | 225NM | Classe II | |||
| 1977 | Sélectionné dans l'équipe de France de Admiral's Cup | |||||
| Champion du RORC | TTC | |||||
| "yacht of the Year" RORC | TTC | |||||
| 15eme | Admiral's Cup, French team 6eme/18 | |||||
| ? | Fastnet Race | Classe II | ||||
| 1er | Allan Paul trophy RORC | TTC | ||||
| 1er | Cervantes trophy RORC | Classe I et II | ||||
| 1er | Seine Bay Race | toutes | ||||
| 1er | Cowes-Dinard | Classe II | ||||
| 1er | Tour de Wight | Classe III | ||||
| 2eme | Middle Sea Race | Classe II | ||||
| 11eme | 100h20' | TTC | ||||
| 1978 | Champion du RORC | Classe II | ||||
| "yacht of the Year" RORC | TTC | |||||
| 1er | Allan Paul trophy RORC | TTC | ||||
| 1er | Cervantes trophy RORC | Classe I et II | ||||
| 1er | Guingamp Bowl | TTC | ||||
| 1er | Morgan Cup | |||||
| 1er | Channel Race | TTC | ||||
| 1er | Cowes-Dinard | Classe II | ||||
| 1979 | Sélectionné dans l'équipe de France de Admiral's Cup, rating 28.5' | |||||
| Champion du RORC | Classe III | |||||
| 1er | Morgan Cup | Classe III | ||||
| ? | Cowes-Dinard | Classe II | ||||
| 1er | Channel Race | (toutes classes) | ||||
| 1er | Fastnet Race | Classe III | ||||
| 4eme | TTC | |||||
| 3 | Tour de Wight | Classe II | ||||
| 1980 | 3er | Cowes-Dinard | Classe I à III | J.L. Fabry | ||
| 1981 | 1er | Course Croisière EDHEC | Classe I à III | |||
| 1985 | 2 | Course Croisière EDHEC | Classe I à IV | |||
Après la compétition
Après une restauration en 1983 par ses nouveaux propriétaires Olivier Cardon et Philippe Jarousse, Révolution participe aux régates de l'EDHEC et du Spi Ouest France, contribuant à la formation de nombreux étudiants. En 1986, il est racheté par un couple qui le base à Port-Haliguen[3].
En 1992, le bateau est aménagé pour des croisières familiales dans le respect de son aspect d'origine[3].
En 1994, il est invité aux célébrations du centenaire de la revue Yachting World au « Centenary Rally », rassemblement des yachts représentatifs de l'histoire de la course au large. Son nom est gravé dans le marbre du Royal Yacht Squadron[3].
En 2024, Révolution obtient le label Bateau d'Intérêt Patrimonial (BIP), décerné par l'Association du Patrimoine Maritime et Fluvial. Il est basé à Port-Napoléon[3].