Rıza Nur, né le 30 août 1879 et mort le 8 septembre 1942, est un chirurgien, homme politique, diplomate et écrivainturc. Il a joué un rôle important dans les années qui ont immédiatement suivi la Première Guerre mondiale, où il a été ministre, il participa aux premières institutions kémalistes avant de s’en éloigner et d’entrer en opposition ouverte au régime d’Ankara et est devenu un critique d'Atatürk.
Jeunesse et formation
Né à Sinop, sur les rives de la mer Noire, Riza Nur reçut une formation classique dans les écoles ottomanes avant d'intégrer la Faculté impériale de médecine à Istanbul. Il sera diplômé médecin à la fin de sa formation vers 1901 avant d'y être intégré en tant que enseignant/assistant, il exerça dans plusieurs hôpitaux de la capitale notamment en tant que chirurgien à l'hôpital militaire de Gülhane avant de se faire remarquer pour ses écrits réformateurs dans la presse médicale[1],[2].
Carrière politique dans l’Empire ottoman
Au tournant du XXᵉ siècle, il rejoignit les milieux modernistes et devint sympathisant du Comité Union et Progrès (CUP), qui renversa le règne du sultan Abdülhamid II en 1908. Élu député à la Chambre des députés ottomane, il plaida en faveur de réformes administratives et sanitaires. Son engagement lui valut plusieurs conflits internes et une période d’exil[1].
Rôle dans la guerre d’indépendance turque
Après la Première Guerre mondiale et l’occupation d’Istanbul, Rıza Nur rallia le mouvement national dirigé par Mustafa Kemal. Membre de la Grande Assemblée nationale de Turquie dès 1920, il devint l’un des interlocuteurs diplomatiques du gouvernement d’Ankara.
Il participa de manière importante aux négociations du Traité de Lausanne, où il fit partie de la délégation turque aux côtés d’İsmet İnönü. Son action porte notamment sur les dossiers des minorités, de la souveraineté et du statut des détroits.
La délégation turque à la Conférence de Lausanne, dont Rıza Nur faisait partie aux côtés d’İsmet İnönü.
Rıza proposa de reconnaître la Grande Assemblée nationale comme le gouvernement légitime, d’abandonner la monarchie, mais de maintenir le contrôle du gouvernement turc sur le califat. À la conférence, Rıza fut critiqué par le Premier ministre grec Elefthérios Venizélos pour sa position concernant la situation des Grecs pontiques[3].
Ministre et figure de la jeune République
À la suite de la victoire turque, Rıza Nur occupa plusieurs portefeuilles ministériels, dont celui de l’Éducation et de la Santé[4]. Il soutint les premières réformes institutionnelles, mais bientôt ses relations avec Mustafa Kemal et l’aile dominante du mouvement républicain se détériorèrent.
Il accusa les dirigeants d’usurpation de pouvoir, critiqua la centralisation politique, et se retrouva rapidement marginalisé, puis surveillé.
Exil, écrits et controverse
Fuyant l’hostilité politique croissante, Rıza Nur s’exila en France puis en Égypte. Durant ces années, il rédigea l’essentiel de son œuvre littéraire et mémorielle, dont les «Hayat ve Hatıratım» («Ma vie et mes mémoires»)[5].
Un ensemble volumineux et polémique, ses écrits contiennent des analyses historiques, des jugements personnels souvent sévères, et des attaques directes contre de nombreuses figures de la vie politique turque — ce qui leur conférera un statut très controversé. Plusieurs chercheurs notent que ces mémoires sont subjectives et doivent être utilisées avec précaution[2].
Retour et fin de vie
Il rentra en Turquie en 1938, après la mort d’Atatürk. Bien que critiqué, il continua à écrire jusqu’à sa mort à Istanbul en 1942.
Notes et références
(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé «Rıza Nur» (voir la liste des auteurs).
12(en) Sona Khachatyran, Dr. Rıza Nur and his relationship to the Turkish History Thesis (lire en ligne)
12(en) Hülya Adak, «Who is Afraid of Dr. Riza Nur's Autobiography?», dans Autobiographical Themes in Turkish Literature: Theoretical and Comparative Perspectives (lire en ligne)
↑(en) «VENIZELOS AND RIZA CLASH AT LAUSANNE; Altercation Between Ex-Premier of Greece and Turk Envoy Disrupts a Session. ALARM IN THE NEAR EAST Conference Is Told of Massacres of Moslems and of Destitution of Christian Refugees. Alarming Reports From East. Conference on the Straits. (Published 1922)», The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
↑(en + tr) Veysel Ergüç, «Turkism in the Thought of Dr. Rıza Nur: A Reading from the Perspective of Primordialism», İçtimaiyat Sosyal Bilimler Dergisi, vol.5, no2, (lire en ligne)