S'autoriser de

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D'usage assez recouru dans la « communauté » lacanienne, « s'autoriser de » semble avoir été jusqu'à présent entendu dans sa signification la plus littérale, soit « s'autoriser par ». Quoique Lacan lui-même l'ait précisé à sa façon, en délimitant le champ des questions qu'elle suscita, la formulation « le psychanalyste ne s'autorise que de lui-même », lancée en octobre de 1967[1], entraîna des réactions extrêmes.

D'une part, de ceux qui y voyaient la destitution de l'École en tant que principe de formation et de garantie de la pratique clinique. D'autre part, quelques années plus tard, d'autres en ont déduit un principe d'autonomie absolue, d'indépendance totale du psychanalyste vis-à-vis ses pairs (de même que l'homophonie « pairs » et « père », plus qu'un simple jeu de mots dans le « style Lacan », met en jeu la question de l'autorité).

La signification équivoque de cette formule de Lacan donne lieu encore aujourd'hui à des interprétations.

Pourtant, « s'autoriser de soi-même » ne signifie absolument pas « s'autoriser par soi-même », un pléonasme, puisque la forme réflexive du verbe suppose implicitement que le sujet et l'objet de l'action soient les mêmes. Par contre, « s'autoriser de » est une expression propre à la langue française et qui signifie « s'appuyer de », « se prévaloir de », « se recommander de »[2].

Lacan disait donc, en d'autres termes: « le psychanalyste ne s'appuie que de lui-même » pour son travail. Ce qu'il préciserait dans sa Note Italienne, écrite plus vraisemblablement en 1974[3], en disant: « S'autoriser n'est pas auto-ri(tuali)ser »[4].

Notes et références

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