Safari à La Paz

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Safari à La Paz
Auteur Gérard de Villiers
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman d'espionnage
Éditeur Plon
Collection Série SAS
Date de parution 1972
Chronologie

Safari à La Paz est le 27e roman de la série SAS, écrit par Gérard de Villiers et publié en juin 1972 dans la collection Plon (Presses de la Cité). Comme tous les SAS parus au cours des années 1970, le roman a été édité lors de sa publication en France à 100 000 exemplaires.

L'action se déroule courant 1972 à La Paz (capitale de la Bolivie). Malko Linge est chargé de retrouver un ancien criminel de guerre nazi. Au demeurant, ce roman est l'un des rares ouvrages de fiction faisant état des nazis réfugiés en Amérique du Sud dans les années 1950 à 1970, protégés par la CIA puis traqués pour les juger.

Dans le numéro de juillet-août 2014 de la Revue des Deux Mondes dont le titre est « G. de Villiers : enquête sur un phénomène français », il est précisé sous la plume de Serge Brussolo, en page 79 de la revue, que « (…) à la fin des années 1960, la vente moyenne d'un SAS tournait autour des 250 000 exemplaires. Gérard de Villiers en écrivait quatre par an. Ce à quoi s'ajoutaient les rééditions continuelles des anciens titres. Au bas mot, plus d'un million de volumes vendus chaque année à un public englobant des couches socioprofessionnelles allant de l'ouvrier métallurgiste au cadre supérieur. Aujourd'hui, en ces temps de grande misère éditoriale, de tels chiffres font rêver. »

Dans son essai consacré à la biographie de Gérard de Villiers et aux romans de la série SAS[1], Benoît Franquebalme indique le succès grandissant des romans dans le public.

Ainsi dès 1967, les ventes sont de 100 000 exemplaires par tome (soit 400 000 exemplaires par an)[2].

À partir de 1976 et dans les années qui suivent, les romans sont tirés à 550 000 exemplaires le premier jour de la parution[3].

Personnages principaux

Les Américains et alliés

  • Malko Linge : Autrichien, agent contractuel de la CIA, héros du roman.
  • James Nicholson : agent de la CIA à Francfort-sur-le-Main.
  • Jack Cambell : chef de poste de la CIA à La Paz.
  • Lucrezia : secrétaire bolivienne de Jack Cambell.

Les Allemands

  • Klaus Heinkel (alias « Klaus Müller ») : ancien nazi réfugié en Bolivie. Malko est chargé de le retrouver.
  • Frédéric Sturm (alias « Don Federico ») : ancien nazi réfugié en Bolivie. Il héberge et protège Klaus Heinkel.
  • Friedrich : vieil Allemand juif, chauffeur de taxi.

Les Boliviens

  • Monica Izquierdo : maîtresse de Klaus Heinkel/Klaus Müller.
  • Pedro Izquierdo : époux de Monica Izquierdo.
  • Esteban Barriga : journaliste bolivien.
  • Hugo Gomez : officier de la police politique bolivienne, protecteur des nazis réfugiés en Bolivie.

Autres personnages

  • Jim Douglas : journaliste américain et activiste de gauche en Bolivie (environ 28 ans).
  • Martine : petite amie belge de Jim Douglas.
  • Moshe Porat : chef d'antenne du Mossad en Bolivie.
  • Samuel et David : agents du Mossad.
  • Père Muskie : prête américain en Bolivie, ami des nazis.
  • « Docteur » Gordon : homme louche en lien avec la police et les narcotrafiquants boliviens.

Résumé

Débuts du roman (chapitres 1 à 4)

Jim Douglas se rend au ranch situé près du lac Titicaca chez chez Frederic Sturm, un ancien nazi ayant trouvé refuge en Bolivie. Il déclare à Sturm qu'il sait qu'il héberge un autre nazi, Klaus Heinkel, ancien tortionnaire. Ses soupçons sont confirmés quand Monica, la maîtresse de Heinkel, sort de la maison. Craignant pour sa sécurité et celle de son « invité », Sturm le tue d'un coup porté à la tête par un piolet, puis viole Monica en échange de sa « protection » (chapitre 1).

Pendant ce temps, la CIA a entendu parler de recherches faites pour retrouver Heinkel. Elle a utilisé celui-ci durant les années 1950 et 1960, et se tient prête à le livrer aux autorités boliviennes, en espérant que celles-ci concluront à la prescription des faits et refuseront de l'extrader. Malko est chargé par l'agence de Francfort de remettre les empreintes officielles d'Heinkel aux autorités boliviennes pour les forcer à l'identifier formellement. Quand Malko arrive à La Paz, le chef de poste de la CIA, Jack Cambell, lui annonce que Heinkel a été retrouvé mort deux jours auparavant. Comme l'affirme un article de journal rédigé par le journaliste Esteban Barriga, il s'est suicidé (chapitre 2).

Malko se rend aux obsèques de Heinz avec la secrétaire bolivienne de Jack Cambell et qui sait parler l'aymara. Il est étonné de constater que les quelques Allemands présents aux obsèques (tous anciens nazis) ont l'air joyeux, et se demande s'il n'y aurait pas quelque chose d'étrange dans la mort de Heinz. Il rencontre le journaliste Esteban Barriga qui a écrit l'article de journal relatant le suicide de Heinz. En fait Barriga n'a même pas vu le corps et s'est contenté de relater ce qu'« on » lui a dit de publier. Le journaliste est manifestement terrifié. Après que Cambell, plutôt stressé et agressif, a demandé à Malko de renoncer à toute enquête, l'Autrichien tente de rencontrer la maîtresse notoire de Heinz, Monica Izquierda. Mais la jeune femme n'est pas retournée vivre chez son mari qu'elle avait délaissé. Malko rencontre toutefois Pedro Izquierda qui est persuadé que Heinkel est encore vivant : Monica, qui ne l'a pas recontacté, n'a même pas assisté aux obsèques de son amant (chapitres 3 et 4).

Aventures (chapitres 5 à 18)

Esteban Barriga est tué par éventration par trois tueurs à gages. Le même soir, alors qu'il sort d'un restaurant avec Lucrezia, Malko subit une tentative d'assassinat par les mêmes tueurs (chapitre 5).

Malko se rend au cimetière allemande de La Paz. Il y voit la pierre tombale qui indique l'identité d'Heinkel et ses dates de naissance et de décès (25 octobre 1913 – 11 mars 1972). Il apprend le « suicide » de Barriga. Après une relation sexuelle avec Lucrezia qui a consommé de la cocaïne, il décide de vérifier que le cadavre dans le cercueil d'Heinkel est bien le sien (chapitre 6).

Malko a embauché deux voyous pour ouvrir la tombe de Heinz. Ils font glisser la pierre tombale et sortent le cercueil. Ce n'est pas Heinz qui est enterré, mais Jim Douglas : Lucrezia l'identifie grâce à ses bottes spéciales (chapitre 7). Puis Malko apprend que Pedro Izquierdo (époux de Monica Izquierdo) et sa maîtresse occasionnelle viennent d'être égorgés. Malko souhaite orienter son enquête vers Martine, la petite amie de Jim Douglas. Mais quand avec Lucrezia il arrive au domicile de la jeune femme, elle vient d'être arrêtée par Hugo Gomez, l'officier de la police politique bolivienne protecteur des nazis réfugiés en Bolivie. Impuissant et bouillant de rage, Malko retourne à La Paz (chapitres 8 et 9).

Pendant ce temps, à la suite d'un stratagème, Martine tue le policier chargé de sa surveillance et s'enfuit. Lors de son trajet vers La Paz, elle rencontre Malko qui est en voiture. Ce dernier comprend qui elle est et lui révèle sa qualité et le but de son voyage. Elle lui dit que le jour de sa mort, Jim Douglas s'était rendu chez l'ex-nazi Frédéric Sturm, dit « Don Federico ». Il y avait emmené par Friedrich, un vieux chauffeur de taxi. Malko organise avec Lucrezia l'exfiltration de Martine hors de la Bolivie (chapitre 10).

Retrouvant Friedrich, Malko se fait conduire au domicile de « Don Federico ». Quand il parle à Friedrich de Jim Douglas, Friedrich perd le contrôle de sa voiture et blesse une vieille femme. Arrivés chez « Don Federico », Friedrich trouve un prétexte pour quitter le ranch. Malko est invité à déjeuner chez le nazi. Il rencontre lors du repas Monica Izquierdo, la maîtresse de Klaus Heinkel. À la fin du repas, on apprend que Friedrich se serait « suicidé » alors qu'il était en garde à vue au commissariat de police au sujet des blessures de la vieille femme. « Don Federico » fait raccompagner Malko à La Paz par l'un de ses chauffeursh (chapitre 11). Le lendemain matin, Malko est arrêté à son hôtel par la police politique bolivienne. Il s'agit d'un coup monté : on retrouve de la cocaïne dans son placard et une importante somme d'argent. Emmené en détention, il est brièvement torturé par le major Gomez, qui lui propose un marché : s'il reconnaît les actes d'achat et de vente de cocaïne, il est immédiatement expulsé ; s'il refuse : il sera condamné à une lourde peine de prison. Malko refuse. Grâce à Lucrezia, Malko est libéré par le major Gomez. L'Autrichien rend compte à David Wise, qui lui ordonne de continuer son enquête (chapitre 12).

Malko rencontre Moshe Porat, le chef d'antenne du Mossad en Bolivie, et ses deux agents Samuel et David. Puis il apprend que le père de Lucrezia vient d'être arrêté : sans doute une mesure de rétorsion du major Gomez. Les deux policiers de la police politique torturent le vieil homme en le plongeant dans une baignoire : il se noie. Ennuyé par cette affaire, Gomez informe Lucrezia de la mort de son père. La jeune femme est effondrée (chapitre 13).

Pendant ce temps, gêné par la traque menée contre son protégé, Frédéric Sturm (« Don Federico ») annonce à Klaus Heinkel (« Klaus Müller ») qu'il va devoir changer de résidence. Enervé par ce qu'il considère comme une trahison, Klaus Heinkel envoie Monica Izquierdo à La Paz pour effectuer une mission. Le lendemain, à La Paz, elle contacte Malko et lui donne rendez-vous dans une boîte de nuit sordide. De la part de Klaus Heinkel, elle lui propose une forte somme d'argent pour cesser son enquête et quitter le pays. Au cours de la conversation, elle évoque un lieu de prière. Malko se dit qu'il tient un bout de poste et renonce au marché proposé (chapitre 14).

Suivant les ordres de Klaus, Monica Izquierdo se rend dans un monastère tenu par le Père Muskie, qui garde nombre de documents secrets remis par des nazis. Malko et Lucrezia ont suivi Monica et interviennent : ils s'emparent de documents compromettant pour Klaus Heinkel. Au cours de la confrontation, le Père Muskie est grièvement blessé. Malko remet les documents dérobés à Moshe Porat aux fins d'analyse. Ces documents montrent que Martin Bormann, le complice le plus proche d'Hitler est toujours vivant et a résidé en Bolivie. Moshe Porat suppose que les nazis réfugiés en Bolivie vont prochainement lâcher Klaus Heinkel (chapitre 15).

« Don Federico » ordonne à Klaus de quitter son domicile immédiatement. Peu après, Klaus est arrêté et amenée devant le major Hugo Gomez., qui le « rançonne » de 50.000 dollars en échange de la liberté et de la protection. La somme payée, Klaus est libre (chapitre 16).

Pendant ce temps, Malko tente de retrouver Raul, le tueur de Pedro Izquierdo. Il se rend à la prison San Pedro où l'homme est incarcéré. Il lui propose un marché : une confession écrite en échange de la libération à court délai. L'homme accepte et révèle tout ce qu'il sait. Plus tard, alors que Malko transporte Raul hors de la prison, la voiture est attaquée. Malko est assommé et Raul est exécuté par les hommes de Hugo Gomez. Malko se réveille au petit matin, allongé dans une chambre, très affaibli et avec une sensation de ouate dans l'esprit. Un catéter le relie à une gourde de produit médical. Il comprend que le liquide est rempli de cocaïne : on veut le tuer en ingérant de force cette drogue, puis on le relâchera en ville. Tout le monde le croira mort d'une overdose. Menotté au lit, il ne peut pas s'enfuir. Mais Jack Cambell, alerté par Lucrezia, intervient fermement auprès de Hugo Gomez pour que Malko soit immédiatement libéré. Ce dernier est effectivement libéré (chapitres 17 et 18).

Dénouement et fin du roman

Roman sur les réfugiés nazis en Bolivie

L'auteur a pu s'inspirer, pour le personnage de criminel de guerre « Klaus Heinkel », de la biographie du nazi Klaus Barbie (alias « Klaus Altmann »), réfugié en Bolivie depuis 1951.

Autour du roman

  • Malko saute en parachute dans le roman. La prochaine fois qu'il sautera à nouveau en parachute, ce sera dans Embargo (1976) - cf. chapitre XXI de Embargo[4], où il est indiqué que Malko n'avait pas sauté en parachute depuis l'aventure Safari à La Paz.
  • L'auteur fait référence à « l'affaire Jack Anderson », du nom du journaliste et lanceur d'alerte Jack Anderson (chapitre II, page 29).
  • Le roman évoque la figure du révolutionnaire Che Guevara, mort exécuté en Bolivie en 1969 (chapitre II, page 30).
  • Le roman évoque le stage que Malko a jadis fait à l'école de la CIA à San Antonio au Texas (chapitre V, page 64, dernier paragraphe).

Notes et références

Articles connexes

Liens externes

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