Safi al-Din Ardabili

poète et mystique iranien, fondateur de l'ordre soufi des Séfévides (1252-1334) From Wikipedia, the free encyclopedia

Safi al-Din Ardabili, né en 650 AH/1252-3 à Ardabil et mort le dans la même ville[1],[2],[3] est un théologien et poète persan qui a fondé l'ordre soufi de la Safavyeh et donné son nom à l'État du même nom. Il était un disciple de Sheikh Zahid Gîlanî, le fondateur de l'ordre de la Zahediye. Grammairien érudit, il a laissé plusieurs poèmes en dialecte azéri. Safi al-Din Ardabili écrivait en azéri ancien et en persan. On dit qu'Ardabîlî a également écrit des poèmes en kurde. Les poèmes qui ont été préservés sont connus sous le nom de Dobeytî[N 1].

Naissance
Nom dans la langue maternelle
صفی‌الدین اردبیلیVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
Safi al-Din Ardabili
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
صفی‌الدین اردبیلیVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Amin al-Din Jebrail (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Parentèle
Khvajeh Ali Safavi (en) (petit-fils)
Ismaïl Ier (descendant)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Maître
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Selon Valdimir Minorsky, le gendre de Safi al-Din Ardabili était un homme riche qui vivait dans le Gilan. Plus tard, les rois kurdes lui donnèrent la région d'Erdebil[3]. Sur un document, la généalogie d'Ardabîlî est la suivante : Sheikh Sefiyedîn Ebû Fordreetah Îsheq, fils de Sheikh Amîn Cebraîl, fils de Salih Qudbedîn Ebûbekir, fils de Selahedîn Reşîd, fils de Mihemed Hafizê Kelamellah, fils de Cewad, fils de Pîroz Şahê Kurde de Sencan (Pîroz Şah Zêrînê Sencanî)[4].

Biographie

Safi est né en 1252 ou 1253 dans la ville d'Ardabil, en Azerbaïdjan — région qui constitue la partie nord-ouest de l'Iran[5],[6]— alors sous domination mongole[7]. La ville, située dans une zone montagneuse près de la mer Caspienne, était un centre pour le commerce pendant cette période[6].

Lignage et parents

Safi-ad-Din était d'origine kurde[8],[9]. Selon Vladimir Minorsky, l'ancêtre de Sheykh Safi al-Din, Firuz-Shah Zarrin-Kolah, était un homme riche qui vivait dans la région du Gilan. Par la suite, les rois kurdes lui cédèrent Ardabil et ses dépendances. Minorsky fait référence aux affirmations de Cheikh Safi al-Din, qui fait remonter ses origines à Ali ibn Abu Talib, mais exprime des doutes à ce sujet[10],[4],[N 2].

Le père de Safi s'appelait Amin al-Din Jibrail, et sa mère Dawlati[11]. La famille était d'origine kurde[1],[2],[12],[8],[9], et sa langue principale était le persan[6]. La vie du père de Safi est obscure; Ibn Bazzaz, dont le récit a été déformée, indique qu'Amin al-Din Jibrail est mort lorsque Safi avait six ans ; selon Hayati Tabrizi il est né en 1216 et mort en 1287[13].

Jeunesse

Selon les chroniques hagiographiques, Safi était destiné dès sa naissance à devenir un personnage éminent. Enfant, il a suivi une instruction religieuse, et il a eu des visions d'anges et aurait rencontré les abdal (ar) et les awtad[N 3]. À l'âge de vingt ans (en 1271/2), toujours dans l'incapacité de trouver à Ardabil un murshid (guide spirituel) qui le satisfasse, il partit pour Shiraz, dans le but d'y rencontrer Shaykh Najib al-Din Buzghush, qui lui avait été recommandé. Mais ce dernier mourut avant que Safi n'arrive[5].

La rencontre de Zahed Gilani

Le Cheikh Zahed Gilani désignant son gendre Cheikh Safi-al-Din comme son successeur spirituel en 1301. Miniature de 1679, Musée Reza-Abbasi, Téhéran.

Par la suite, il entendit à différentes reprises que la seule personne capable de lui expliquer ses états mystiques (ḥâl wa-aḥwâl) était un certain Sheikh Zahed Gilani. En 675 AH/1276-7, Safi al-Din finit par le trouver dans le village de Hilya Karin, sur les bords de la mer Caspienne. Il comprit immédiatement que Zahed Gilani, alors âgé de soixante ans, était le murshid qu'il cherchait[5]. Zahed Gilani lui réserva un accueil exceptionnel. Il lui donna en mariage sa fille Bibi Fatima, tandis que le fils de Zahed, Hajji Shams al-Din Muhammad, épousait la fille de Safi[5].

Safi et Bibi Fatima eurent trois fils ; Muhyi al-Dîn, Sadr al-Milla wa-l-Dîn (qui lui succéda plus tard à la tête de la Safavieh), et Abu Sa'id. Avant de mourir, en , Zahed désigna Safi al-Dîn comme son successeur à la tête de la Zahediyeh. Cette transmission de la Zahediyeh à Safi al-Dîn (à quoi s'ajoutaient des questions de propriétés de terrains et de waqfs) a été fort mal prise par certains membres de la tariqa, en particulier par le fils aîné de Sheikh Zahed et sa famille[5].

Murshid

Devenu murshid de la Zahediyeh, Safi al-Dîn renomma la tariqa afaviyya, et entreprit de le réformer, afin de faire de cet ordre actif sur le plan local un mouvement religieux dont les idées se diffusèrent (da'wa) à travers l'Iran, la Syrie, l'Asie Mineure, et même jusqu'au Sri Lanka[14]. Il s'est ainsi assuré une influence politique considérable. Plus tard, en faisant de son fils Sadr al-Din Musa son héritier, il montrait qu'il était décidé à conserver le pouvoir politique dans sa famille[14].

Safi est décédé le à Ardabil, où il a été enterré[14]. Son mausolée devint un important lieu de pèlerinage (ziyarat).

Œuvre

Mausolée de Safi al-Din à Ardabil.

Safi al-Din a composé des poèmes dans le dialecte iranien de l'ancien azéri[15]. Il était un descendant à la septième génération de Firuz-Shah Zarrin-Kolah (en), un dignitaire local iranien[16]. Onze quatrains (rubaiyat) de Sheikh Safi ad-Din Ardabili, ont été répertoriés en 1924 par l'orientaliste Ḥosayn Pīrzāda Zāhedī sous le titre « Poèmes Talyches de Razhi » (Rājī-e Ṭālešī poems)[17]. La langue azérie des quatrains de Sheikh Sefi ad-Din a été étudiée par B. V. Miller. Ce dernier a conclu que le dialecte des habitants d'Ardabil et de la région d'Ardabil est la langue des ancêtres des Talyches modernes, mais déjà dans la première moitié du XIVe siècle[18],[19]. Seuls quelques vers de la poésie de Safi al-Din, appelés Dobaytis (distiques), nous sont parvenus. Écrits en azéri ancien et en persan, ils revêtent aujourd'hui une importance linguistique.

De la tariqa à la dynastie

Safi al-Din a hérité de l'ordre soufi de Sheikh Zahed Gilani, la Zahediyeh, dont il est devenu le murshid en 1301. Par la suite, il a fait de cette tariqa la sienne en la renommant Safaviyeh. Au cours des 170 années qui suivirent, l'ordre de la Safaviyeh acquit une puissance politique et militaire finalement dans la fondation de la dynastie Séfévide, laquelle étendit son contrôle sur des parties du Grand Iran et réaffirma l'identité iranienne de la région[20],[21], devenant ainsi la première dynastie autochtone depuis l'Empire sassanide à établir un état national officiellement connu sous le nom d'Iran[22].

Il faut relever que bien qu'il soit considéré comme le fondateur de la dynastie safavide (1501-1736) — qui a fait du chiisme duodécimain la religion officielle de l'État safavide — Safi al-Dîn était lui-même un sunnite, rattaché au madhab shaféite. Toutefois, en raison du syncrétisme religieux que l'on trouve sous le règne des Mongols, il convient de ne pas accorder trop d'importance à cet élément[5].

Notes et références

Voir aussi

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