Salah Sadaoui
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalités |
française (jusqu'au ) algérienne |
| Activités |
Salah Sadaoui, ou Saadaoui, (en kabyle : Ṣalaḥ Ṣaḍawi, en tifinagh : ⵚⴰⵍⴰⵃ ⵚⴰⴹⴰⵡⵉ ) est un chanteur algérien d'expression française, kabyle, et arabe, né en 1936 à M'Chedallah à proximité de Bouira en Kabylie et mort le à Villiers-sur-Marne en France. Il est considéré comme une des voix de l'immigration algérienne en France, exprimant les difficultés de ces immigrés.
Il est né en 1936 en Kabylie[1],[2]. Après le retour de son père un moment parti en France, il passe son enfance dans la Casbah d'Alger[1],[2]. Dè sa jeunesse, il se découvre un intérêt pour le chant et entre dans une chorale où il fait la connaissance du chef d'orchestre Amraoui Missoum ultérieurement chef de file de la musique algérienne immigrée dans les années 1950 et 1960[1]. Sa passion pour la musique orientale et le chant s’accentue avec la découverte de la musique des films égyptiens[1]. Il participe à un groupe « la Rose blanche » avec des amis pour animer des galas, le week-end.
En 1954, il émigre en France[1]. Il arrive d'abord en Meurthe-et-Moselle[1], comme beaucoup de gens de son village d'origine. Son frère Hamou qui l'accompagne se rend à Paris alors que Salah vient d'être embauché à la Société nationale des chemins de fer français. Un mois après, Hamou l'invite à le rejoindre. Salah devient manœuvre en usine. Mais il anime aussi des soirées dans les cafés nord-africains que fréquentent notamment les immigrés, avant de retrouver Amraoui Missoum qui l’engage dans son orchestre[2] comme batteur et choriste, pour des concerts puis des enregistrements. Il travaille à Radio Paris[1]. Il rencontre Cherif Kheddam, Akli Yahiaten et Kamel Hamadi. Avec son frère Hamou, comédien et marionnettiste algérien, il participe à la tournée de la troupe artistique du FLN dans les pays de l’Est, pour sensibiliser leur opinion à la cause des nationalistes algériens.
En 1962, il choisit de rester en France et commence une carrière solo. Son principal sujet est la vie des immigrés en France, la douleur de l'exil et les désillusions. Il chante en français, arabe algérien et, surtout, en kabyle, sa langue maternelle, des chansons maniant aussi bien l'humour que la morale comme Tiercé, Soukarji [Alcoolique], Ya ouled el Ghorba [Chers enfants de l’exil] ou Alach François khir menni [Pourquoi François serait-il mieux que moi ?]. Sadaoui joue au théâtre dans des sketchs avec Kaci Tizi Ouzou. En 1967, il participe au tournage de scopitones le mettant en scène ainsi que d'autres chanteurs maghrébins de l’exil, toujours dans les cafés nord-africains[3],[4]. Il célèbre aussi l'Algérie, pour sa beauté, son peuple ou son accession à l'indépendance. En 1966, il devient un des premiers membres de l'Académie Berbère[1].
Salah Sadaoui monte un cabaret, L’Oasis[5], dans le 11e arrondissement de Paris[1] où il invite les vedettes algériennes. El Ghalia, son épouse de 1963 à 1974, est aussi l’une de ses interprètes favorites.
Il fréquente Barbès et ses magasins de disque. Il crée un magasin de disques et sa maison d’édition discographique Sadaoui Phone[1],[5] et compose pour d’autres artistes comme Meriem Abed et Samy Djazairi. Au cours des années 1970, il écrit et chante des chansons dénonçant la dégradation de la vie des immigrés ou invitant à un retour au pays. Retiré de la scène, il participe à de nombreux galas aux côtés d'autres artistes kabyles comme Akli Yahyaten, Rabah Taleb.
Il meurt d'une longue maladie le à Villiers-sur-Marne[1],[2],[6] et est enterré à Alger.