Salim Hatubou

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Nom de naissance
Salim Ali HatubouVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Salim Hatubou
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Salim Ali HatubouVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Écrivain, collecteur de textes traditionnelsVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction
Prix du livre insulaire - Littérature Jeunesse (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Salim Hatubou est un écrivain et conteur franco-comorien, né le à Hahaya, en Grande-Comore, et mort le à Marseille[1].

Au sein de sa famille, sous l’influence de sa mère, les livres occupe une place importante, à une époque où leur possession est pourtant rare et où la lecture ne constitue pas une pratique répandue. Dans son environnement villageois, éloigné et marqué par la tradition orale, sa grand-mère maternelle anime les veillées de contes du village de Milépvani. Par son éloquence et son talent de narratrice, elle captive son auditoire, en particulier le jeune Salim, celui-ci demeure durablement marqué par cette figure, dépositaire d'un riche héritage culturel qui influencera profondément son parcours et son œuvre.

À dix ans, Salim Hatubou s’installe dans les quartiers nord de Marseille, ville où il passera l'essentiel de sa vie, tout en demeurant nostalgique de son enfance comorienne, de ses contes et de ses légendes. Adolescent, il commence par écrire des nouvelles, puis des articles, qui sont progressivement publiés dans diverses revues et magazines. En 1994, il sort aux Éditions L’Harmattan son premier ouvrage, un recueil de contes intitulé «Contes de ma grand-mère», dans lequel sont retranscrites des histoires assimilées dès son plus jeune âge.

Depuis une quinzaine d’années, alors que le patrimoine oral des Comores est en déclin, en raison notamment d'un manque de mobilisation des pouvoirs publics et d'un contexte social difficile, il retourne régulièrement dans son pays d'origine afin de recueillir à la source les contes traditionnels. Ce travail revêt un caractère urgent, les personnes âgées, détentrices de cete mémoire, disparaissant progressivement dans une relative indifférente.

En plus de sauvegarder les contes grâce à l’écriture, Salim Hatubou leur redonne vie en revêtant son habit de conteur dans les festivals, les bibliothèques, les écoles de France et du monde. Il écrit également des romans et des poèmes. Il a par deux fois bénéficié d’une bourse d’écriture du Centre national du livre ainsi que de deux Missions Stendhal du ministère des Affaires étrangères français, notamment pour effectuer des recherches sur l’épidémie de choléra qui a emporté sa mère en 1975.

Salim Hatubou anime enfin des ateliers d’écriture, et est parfois sollicité pour des résidences d’écriture (Gardanne, Bordeaux, Mayotte, Grande-Comores, Kiev…). Il continue de voyager à travers le monde pour faire entendre la voix des Comores et de la ville de son enfance : Marseille. Dans le cadre de la réhabilitation des cités La Solidarité (où il a grandi) et Kallisté, il a été missionné avec un photographe et un auteur-compositeur pour mener un travail de Mémoire auprès des habitants pendant deux ans (2009 et 2010), ce qui a donné un livre (avec un CD et une exposition) intitulé "Solidarité-Kallisté : que sont nos cités devenues ?" paru aux éditions Images plurielles. En résidence d’écriture avec le Théâtre la Baleine qui dit Vagues (Marseille), il a écrit et interprété « Kara’ ou le destin conté d’un guerrier », un feuilleton de 8 épisodes sur une épopée comorienne. Son texte, coécrit avec Damir Ben Ali, «Les remparts s’écroulent ou le destin ambigu du guerrier Kara » est mis en scène et joué à Marseille dans le cadre de Marseille Capitale européenne de la Culture 2013.

Il meurt à 42 ans d'une crise cardiaque et est inhumé à la Grande Comore, son île natale[2].

Ses écrits

La littérature écrite comorienne d’expression française est naissante. Le premier roman La République des Imberbes de Mohamed Toihiri ne remonte qu’à 1984.

Salim Hatubou est considéré comme l’un des pionniers de cette littérature, sans doute celui qui, de tous les écrivains comoriens, publie le plus régulièrement. Son imagination est en perpétuel éveil : dans le bus, le métro, le café… Ses livres s’écrivent d’abord dans sa tête avant d’être matérialisés sur le papier. Leurs styles peuvent être aussi variés que leurs thèmes. Parfois drôles (Marâtre, Un conteur dans ma cité…), parfois graves (la trilogie sur la Mémoire et l’Identité : Métro Bougainville, De cette terre… Comores-Zanzibar…), leurs dénominateurs communs restent l’Identité et la Mémoire. Ayant une culture franco-comorienne, Salim Hatubou traite aussi bien de la société française que de la société comorienne. Auteur engagé, il porte un regard avisé sur ses deux pays et dénonce, si besoin est, leurs travers, au risque de s’attirer les foudres de certains détracteurs. Pour exemple, dans Le sang de l’obéissance, il s’oppose aux mariages arrangés aux Comores, dans Hamouro, il soulève l’épineux problème de la balkanisation de son archipel et témoigne des relations catastrophiques entre Mayotte, restée sous giron français et les autres îles des Comores, ayant accédé à l’indépendance. Nombre de ses livres sont étudiés dans les écoles françaises et comoriennes (Chifchif et la reine des diables, Trois contes vagabonds, Marâtre, Métro Bougainville, Hassanati…). Il attache une grande importance à la transmission de la culture et de la tradition, ce à quoi contribuent également ses multiples recueils de contes. Il travaille enfin comme collaborateur pour différents journaux (Respect, Kashkazi…). L’écriture est le mode d’expression qu’il a choisi pour revendiquer ses origines, avec toujours comme devise « Sache d’où tu viens, tu sauras toujours où tu vas ».

Prix et distinctions

  • Prix Diamant en Belgique pour Comores-Zanzibar, éditions Françoise Truffaut
  • Prix Insulaire à Ouessant pour Ali de Zanzibar, éditions Orphie
  • Prix Kalam de bronze décerné par le ministère de la Culture des Comores
  • Prix des lecteurs à Mayotte pour Hamouro, éditions l’Harmattan

La médiathèque du quartier Saint-Antoine à Marseille, ouverte en 2020[3] à Plan d'Aou (Marseille, 15e arr.), porte son nom.

Ouvrages

Notes et références

Liens externes

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