Salima Naji

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Salima Naji, née à Rabat le , est une architecte et anthropologue marocaine, spécialiste et promotrice des réalisations en terre et autres matériaux marocains et africains traditionnels. Elle reçoit la Grande Médaille d'Or de l'Académie d'architecture française en 2024.

Salima Naji naît à Rabat le [1],[2]. Son père est marocain, sa mère est française[3]. Elle effectue ses études supérieures à l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette[4] et à l'École des hautes études en sciences sociales[3]. Elle soutient une thèse de doctorat en anthropologie[4], intitulée Les entrepôts de la baraka : du grenier collectif à la zawya : réseaux du sacré et processus de patrimonialisation dans l'Atlas et Maroc présaharien[5].

En tant qu'architecte, Salima Naji utilise les matériaux premiers comme les briques de terre et les pierres, plutôt que le ciment[6],[3], d'abord dans le cadre de restauration de greniers collectifs, puis d'autres types de bâtiments[3]. Elle restaure ainsi des villages fortifiés ou ksours, des mosquées, des greniers collectifs[3], des synagogues[7].

Elle conçoit aussi de nouveaux bâtiments culturels qui utilisent les matériaux en pierre comme le centre culturel d'Aït Ouabelli dans la province de Tata[8] et en terre comme le centre des archives de Tiznit, réalisé essentiellement en adobes, des briques d'argile[9],[6]. Elle privilégie une architecture avec les matériaux disponibles localement à l'exception des éléments en béton ou métalliques imposés par le code de l'urbanisme[8]. En 2023, elle termine la restauration de la casbah d'Agadir[4]. Le projet se compose d'un travail de restauration des murs, de valorisation du patrimoine archéologique et d'une plateforme d'accueil articulée au premier téléphérique urbain du Maroc. Il rencontre un très fort écho international. Il est distingué par le prix européen d'architecture Philippe Rotthier pour le renouveau des techniques vernaculaires en 2024[10] et par le Materia Award en 2025[11]. Salima Naji reçoit également en 2024 la Grande Médaille d'or de l'Académie d'architecture française[12].

Salima Naji appelle « paléo-innovation » son processus d'étude des techniques historiques pour construire des bâtiments contemporains adaptés au réchauffement climatique[13]. Elle défend une architecture terrestre ancrée dans le territoire, avec les ressources locales, contre une architecture hors-sol produite avec des matériaux industriels[4].

Elle écrit de nombreux ouvrages sur l'architecture marocaine[14].

Ouvrages

  • Portes du sud marocain, Aix-en-Provence, Edisud, et Casablanca, la Croisée des chemins, 2003.
  • Greniers collectifs de l'Atlas : patrimoines du Sud marocain, Aix-en-Provence, Édisud, et Casablanca, Éd. la Croisée des chemins, 2006.
  • Art et architectures berbères du Maroc : Atlas et vallées présahariennes, 2e éd., Casablanca, Éd. la Croisée des chemins, 2009.
  • Fils de saints contre fils d'esclaves : les pèlerinages de la Zawya d'Imi n'Tatelt, Anti-Atlas et Maroc présaharien, Angers, les Cinq parties du Monde, et Rabat, DTG Société nouvelle, 2011 [présentation en ligne].
  • Architectures du bien commun : Pour une éthique de la préservation, Genève, MetisPresse, 2019, 240 pages (ISBN 978-2940563593) [présentation en ligne].
  • Amazighes – Cycles, parures, motifs, Mucem, 2025, 160 pages. (ISBN : 979-10-92708-28-8) Présentation en ligne

Prix et récompenses

Salima Naji reçoit les récompenses et distinctions suivantes[15],[16] :


Notes et références

Sources

Liens externes

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