Saltus
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Le saltus est pour les Romains et les Gallo-Romains une terre non cultivée ou sauvage (espaces plus ou moins boisés), éventuellement vouée à l'élevage ou plus précisément au pacage.
En latin, saltus peut aussi désigner :
- une zone boisée ou enforestée (exemple : silvestres saltus[1]) ;
- une gorge ou un défilé (exemple : saltus Thermopylarum[2]).
Dans les paysages ruraux européens, il se distingue de :
- l'ager (champ cultivé) ;
- l'hortus (espaces jardinés) ;
- la silva (forêt seigneuriale, monastique ou paysanne).
Un saltus (dans leur région d'origine ou ailleurs) pouvait être offert aux légionnaires romains en fin de carrière. Ceci a fait partie du processus de colonisation et romanisation de terres de l'Empire romain.
L'origine de cet usage du mot n'est pas claire, saltus, signifiant originellement « saut, bond, bondissement » (Dare saltum : sauter, faire un saut - Fera saltu fertur super venabula (Virgile) : La beste sauvage saulte par dessus, etc.)
Le saltator désignait en outre pour les gallo-romains un danseur, carroleur, ou baleur[3].
Le mot a pu évoquer le désordre apparent de la nature (par exemple : Saltuatim scribere chez Lucius Cornelius Sisenna est traduit par « Escrire une chose sans ordre comme il vient à la mémoire » par Albert Estienne). Le saltus pourrait alors être le lieu du désordre de la vie sauvage par opposition à l'ordre que le cultivateur veut imposer à la nature.
De nombreuses communes et lieux-dits semblent avoir un nom pouvant dériver du mot saltus (voir exemples en Europe et Amérique), mais le mot peut aussi être assimilé aux sauts que font les fleuves au niveau de leurs biefs naturels.