Samy Debah

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Samy Debah, né le à Paris, est un enseignant, militant associatif et homme politique français.

Faits en bref Conseiller municipal Garges-lès-Gonesse, depuis le 4 juillet 2020 ...
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Sa trajectoire et ses engagements font l’objet de débats et de critiques dans le débat public, certains observateurs l’associant à des réseaux proches de la mouvance des Frères musulmans.

Il est le fondateur du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), qu’il préside de 2003 à 2017 et qui est dissous par le gouvernement en 2020.

Candidat sans étiquette soutenu par les Indigènes de la République, il parvient au second tour des élections législatives de 2017 dans 8e circonscription du Val-d'Oise et est battu de peu au second tour des élections municipales de 2020 à Garges-lès-Gonesse.

Situation personnelle

Samy Debah est né le 14 octobre 1971 à Paris de deux parents algériens arrivés en France au début des années 1960[1],[2].

Depuis 1993, il enseigne l'histoire-géographie au lycée Simone-de-Beauvoir, un établissement public de Garges-lès-Gonesse[3],[4].

D’après Élisabeth Badinter et Georges Bensoussan, qui le qualifient de « vieux routier du militantisme politico-religieux », il a été le dirigeant de l'association Le Rappel, créée en , « active sur le département du Val-d'Oise dans le soutien aux jeunes filles voilées ». En 1993, avec Nouari Khiari[note 1], il fonde l'association « Jeunes citoyens de France », dont il devient secrétaire général[7].

Il reconnaît avoir été un prédicateur (da'i) du Tabligh[note 2] de ses « 17 à 20 ans »[3]. Il déclare : « être Frère musulman, ce n’est pas une tare, mais je ne le suis pas »[9]. Pour Mohamed Louizi, lui-même ancien Frère musulman, il est issu de la « frérosphère »[12].

Engagement militant et politique

Collectif contre l'islamophobie en France

Fin 2003, Samy Debah fonde le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), qui entend compter les actes antimusulmans et d’apporter une aide à ses victimes. Un article de Libération indique : « L’histoire du collectif se confond étroitement avec la propre trajectoire de Samy Debah. Au CCIF, le vrai patron, c’est lui, même si les porte-parole successifs ont incarné médiatiquement l’association. […] Il est à la fois l’un des acteurs et l’une des réussites du retour à l’islam des enfants de la deuxième génération d’immigrés dans les années 90. »[9].

Pour Bernard Godard, Samy Debah « fait partie de cette nouvelle génération venue à l'islam par les réseaux fréristes, l'UOIF ou le Collectif des musulmans de France proche de Tariq Ramadan »[13]. Selon Laure Daussy de Charlie Hebdo, Samy Debah est lui-même proche de Tariq Ramadan[14]. Selon Bernard Rougier, Samy Debah a pour stratégie la confusion : « Le terme d’islamophobie a précisément pour fonction d’empêcher de distinguer islam et islamisme »[15].

Rapporteuse de la commission d’enquête sur la radicalisation islamiste, la sénatrice Jacqueline Eustache-Brinio s’inquiète que « le CCIF [soit] domicilié chez lui », dans le Val-d'Oise, où il se présente aux élections[16]. Le militant laïque Naëm Bestandji estime quant à lui que « si Marwan Muhammad était la figure médiatique de ce collectif, Samy Debah en était le vrai patron »[17].

En 2015, peu de temps après l'attentat contre Charlie Hebdo et la prise d'otages de l'Hyper Cacher, Samy Debah dénonce, lors d'un rassemblement public à Saint-Denis, un « racisme d'État contre les musulmans qui ressemble étrangement à ce qu'on a pu connaître dans les années 1930 »[15].

Il quitte la présidence de l’association en pour se consacrer à sa candidature aux élections législatives[18].

Accusé par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin de faire de la « propagande islamiste », le CCIF sera dissous en conseil des ministres le 2 décembre 2020[19] [20].

Le décret reproche notamment au CCIF d’avoir diffusé ou relayé sur les réseaux sociaux des contenus considérés comme pouvant légitimer le terrorisme et à ses responsables de ne pas avoir modéré certains commentaires appelant à la violence. Il évoque également le soutien public à plusieurs personnalités ou organisations - telle que BarakaCity, dissoute au même moment - ayant promu l'antisémitisme, l'homophobie, la violence ou le terrorisme[17] [20].

En septembre 2025, il est placé en garde à vue à Cergy avec trois autres personnes. Placés sous contrôle judiciaire, les quatre prévenus doivent être jugés au tribunal de Pontoise pour « participation au maintien ou à la reconstitution d’un groupement dissous », sous un autre nom, en Belgique, délit puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende[21]. Initialement prévue le 3 mars 2026, l’audience a été finalement reportée à une date ultérieure[17].

Candidatures électorales

Élections législatives de 2017

François Pupponi, adversaire de Samy Debah au second tour des élections législatives de 2017.

Aux élections législatives de 2017, il se présente dans la huitième circonscription du Val-d'Oise en tant qu’indépendant, déclarant avoir décliné le soutien de militants de partis de gauche[18]. Il reçoit notamment l’appui du mouvement des Indigènes de la République[15]. Selon l'essayiste anti-islamiste Mohamed Louizi (ex-président de la section lilloise des Étudiants musulmans de France), il est alors l'un des candidats « notoirement islamistes »[12],[22].

À l’issue du premier tour, il obtient 13,9 %, se qualifiant pour le second tour face au maire de Sarcelles et député de gauche sortant, François Pupponi. Dans l’entre-deux-tours, le Premier ministre socialiste de 2016 à 2017, Bernard Cazeneuve, se déplace dans la circonscription et appelle au « front républicain » contre Samy Debah[23]. Ce dernier obtient finalement 34,2 % des suffrages exprimés au second tour, avec un taux d’abstention de 69,1 %. Il est cependant majoritaire dans la commune de Garges-lès-Gonesse avec 55,7 % des voix[24].

Ne se représentant pas aux élections législatives de 2022 afin de ne « pas réduire les chances d’éliminer François Pupponi », il ne soutient aucun candidat au premier tour et appelle à voter Carlos Martens Bilongo (LFI) au second.

Élections municipales de 2020

Aux élections municipales de 2020, il est tête de liste sans étiquette à Garges-lès-Gonesse. Le ministère de l'Intérieur[25] considère sa liste comme communautariste et liée à l'islam politique[26]. Samy Debah affirme qu'un tel jugement est « un préjugé raciste » et menace de porter plainte[3].

Le politologue Julien Talpin[note 3] note : « Alors qu’on lui reproche de cibler l’électorat musulman, peu de ses propositions semblent les concerner directement, lui prétendant à l’inverse vouloir s’adresser à l’ensemble des citoyens de sa commune. Ce qui est en réalité reproché à Samy Debah, c’est son passé : il a été président fondateur du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Cette association qui lutte contre les discriminations qui touchent les musulman.es notamment via le recours au droit, reconnue comme un interlocuteur dans plusieurs instances internationales, est pourtant fréquemment attaquée pour son "communautarisme" supposé ou sa "proximité avec les Frères musulmans" »[28].

Samy Debah axe son programme « sur la sécurité, ainsi que l’éducation et la réussite scolaire, qui tient à cœur à ce professeur d’histoire dans le secondaire »[28], militant « pour le retour d'un commissariat de plein exercice »[4]. La candidate soutenue par La France insoumise, Paméla Hocini, à qui Debah a proposé une alliance qu’elle a refusée, le considère comme un homme de « de droite et populiste. Il parle de l’insécurité comme Sarko »[29]. Il incorpore une dimension écologiste à son programme et place en troisième position sur la liste un membre d'Europe Écologie Les Verts en la personne de Dean Nguyen. Pour l'universitaire Bernard Rougier, « Samy Debah n'a plus besoin de mettre en avant un agenda de défense de l'islam, parce que cet électorat lui est acquis et qu'il a besoin de ratisser plus large »[15]. Selon le journaliste Louis Hausalter, de Marianne, « derrière une campagne axée sur des sujets quotidiens (sécurité, emploi, éducation), ce professeur d'histoire-géographie n’a pas hésité à draguer l’électorat musulman, notamment en diffusant un tract traduit en plusieurs langues à l’occasion de la fin du ramadan l’été dernier »[30].

Au premier tour du scrutin municipal, sa liste réunit 34,7 % des suffrages exprimés, arrivant derrière celle du candidat de l'UDI Benoît Jimenez (42,4 %), soutenu par la majorité présidentielle et le maire sortant[31],[32],[33]. Au second tour, ce dernier l’emporte de seulement 127 voix (sur 7 763 votants) face à la liste de Samy Debah, qui annonce aussitôt le dépôt d’un recours en annulation[34]. Le , le recours est rejeté par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise[35].

Élections municipales de 2026

Aux élections municipales de 2026, il est tête de liste Union de la Gauche et Citoyenne à Garges-lès-Gonesse. La liste bénéficie notamment du soutien de responsables de La France insoumise, dont le député du Val-d’Oise Carlos Martens Bilongo, qui apparaît sur les affiches de campagne. En septembre 2025, la fédération du Val-d’Oise du Parti socialiste indique publiquement qu’« aucun membre de notre famille politique ne peut être membre de cette liste ni la soutenir », précisant que la liste conduite par Samy Debah ne peut se prévaloir d’aucun soutien du parti[17] [36].

Résultats électoraux

Élections législatives

Davantage d’informations Année, Parti ...
Année Parti Circonscription 1er tour 2d tour Issue
Voix % Rang Voix % Rang
2017 SE 8e du Val d'Oise 2 352 13,94 2e 5 328 34,20 2e Battu
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Élections municipales

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste.

Davantage d’informations Année, Parti ...
Année Parti Commune 1er tour 2d tour Sièges obtenus
Voix % Rang Voix % Rang
2020 SE Garges-lès-Gonesse 2 106 34,67 2e 3 705 49,16 2e
10  /  43
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Notes et références

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