Sanatorium de Bergesserin

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Destination initiale
Destination actuelle
Architecte
Frédéric Bidaut puis Henri Palazzi
Construction
Sanatorium de Bergesserin
Vue de la façade sud depuis la tour d’escalier.
Présentation
Destination initiale
Destination actuelle
Architecte
Frédéric Bidaut puis Henri Palazzi
Construction
Propriétaire
Patrimonialité
Recensé à l’inventaire régional du patrimoine de Bourgogne-Franche-Comté
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Localisation
Pays
Région
Département
Commune
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Le sanatorium de Bergesserin était une station sanitaire spécialisée dans le traitement de la tuberculose pulmonaire (phtisie) située dans le village de Bergesserin (département de Saône-et-Loire) en France.

La construction du sanatorium s’est étalée de 1932 à 1952, tout d’abord sous la conduite de Frédéric Bidaut (jusqu’en 1945) puis d’Henri Palazzi, tous les deux architectes du département.

Le bâtiment a été fermé en 2008 par le centre hospitalier de Mâcon, qui en est devenu propriétaire en 1974. Après plusieurs années d’abandon, il est racheté en 2022 par la Communauté de communes du Clunisois via l'EPF Doubs BFC. Il héberge aujourd’hui des artistes, artisans et entreprises et fait l’objet d’un vaste projet de reconversion.

Construction et utilisation comme sanatorium

La construction du sanatorium de Bergesserin débute en 1929, alors qu’expire le délai de 10 ans donné par la loi Honnorat qui oblige les départements français à disposer de places en sanatoriums publics pour leur population[1].

Pour partager le coût de son établissement, la Saône-et-Loire s’associe avec les départements de la Haute-Marne, de l'Aube, de l'Yonne pour former une entente interdépartementale : la Saône-et-Loire supporte la dépense la plus élevée en finançant l’équivalent de 100 lits, suivi de l’Yonne avec 50 lits, et de l’Aube et la Haute-Marne avec 30 lits chacun[2]. L’établissement est donc conçu pour 210 lits[3] et emploie jusqu'à 110 personnes à la fin des années 1990[4].

Le sanatorium de Bergesserin sera initialement réservé aux femmes, le département de Saône-et-Loire possédant déjà un établissement pour hommes à La Guiche, construit entre 1916 et 1918[5].

La construction débute en 1932, sous la conduite de l'architecte Frédéric Bidaut[6], mais est interrompue par la Seconde Guerre mondiale. Elle reprend en fin d’année 1945, et les premières patientes sont accueillies en février 1946 dans un édifice encore largement en chantier. Le sanatorium de Bergesserin est officiellement inauguré par le ministre de la Santé Robert Prigent en avril 1946[7].

Entre-temps, l’architecte Frédéric Bidaut a été démis de ses fonctions à la suite d'un rapport de l’Inspection générale des services administratifs[8] portant “sur les conditions des travaux au sanatorium interdépartemental de Bergesserin” et a été remplacé par Henri Palazzi[9], qui reprend le chantier à partir de 1946[10].

Alors que le rationnement a encore cours dans les années qui suivent le conflit, la pénurie complique la mise en service de l’établissement. Les étages du bâtiment sont ouverts au fil de l’avancée des travaux, et l’établissement n’entre en pleine capacité (210 lits) qu’à partir de 1948. Le captage des sources prend beaucoup de retard, et l’eau est rationnée pendant plusieurs années. Il faut attendre juillet 1952 pour que le sanatorium soit relié au réseau d’eau potable intercommunal par une canalisation construite depuis la station de pompage de Clermain, ce qui marque la fin officielle des travaux de construction[11].

Transformation et abandon

Le recul de la tuberculose et l’arrivée de nouvelles pratiques thérapeutiques obligent l’établissement de Bergesserin à évoluer vers l’accueil de nouveaux patients à partir des années 1960-1970[12]. En 1974, il est rattaché au centre hospitalier de Mâcon, qui le transforme en centre de soins de suite et de réadaptation. Mais l’architecture des lieux et son éloignement géographique complique le fonctionnement de l’établissement, situé loin du plateau technique de l’hôpital de Chanaux à Mâcon. Finalement, le site est progressivement fermé par son gestionnaire, et les derniers patients sont transférés le 15 juin 2008[13].

Après son abandon, le site va devenir un lieu prisé des amateurs d’exploration urbaine[14]. Faute de gardiennage, il va être régulièrement pillé ce qui va entraîner sa rapide dégradation[15]. En 2017, l’hôpital de Mâcon loue le bâtiment à une société d’airsoft[16].

Architecture

Construit avec les codes architecturaux des années 1930, le sanatorium de Bergesserin illustre l’application rigoureuse des principes de l’architecture fonctionnaliste largement diffusée en France durant la période de la Reconstruction. Construit selon une volonté de rationalisation, le bâtiment épouse la déclivité du terrain, s’élevant entre trois et six niveaux selon les pavillons[6].

En forme de T, le bâtiment abrite, au nord, le pavillon des services généraux (intendance, cuisine, salle à manger, salle de spectacles…). Sa façade sud, de 268 mètres de longueur[3], est composée d’un premier bâtiment, côté est, abritant le service médical et 24 chambres individuelles avec balcon de cure et, côté ouest de deux bâtiments abritant au total 63 chambres de trois malades répartis sur trois étages, séparés par les galeries de cures. Au centre de l’édifice trône le grand escalier principal à quart tournant, dont le sommet offre un panorama sur la vallée de Cluny et le Clunisois[6].

La charpente en métal est recouverte de tuiles mécaniques issues de la fabrique de Saint-Romain-des-Îles[6].

Le site du sanatorium accueille également 10 bâtiments annexes dès sa construction en 1932 (chaufferie-buanderie, immeuble des infirmières, maison du médecin-directeur, cinq pavillons de logements, loge pour le concierge) auxquels seront ajoutés 3 petits immeubles dans les années 1960-1970[17].

Reconversion

Notes et références

Voir aussi

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