Ce site a été ajouté à la Liste indicative du patrimoine mondial de l'UNESCO le dans la catégorie Culturelle[3].
Historique et archéologie
La grotte du sanctuaire de Loth.
Les prospections archéologiques de 1986 par l'archéologue Burton MacDonald(en)[4] révèlent un régime d'occupation durable de la grotte autour de laquelle le sanctuaire est construit qu'il nomma Deir 'Ain'Abata' (monastère de la source d'Abata). Les vestiges les plus anciens trouvés à l'intérieur de la grotte suggèrent une présence importante datant du début et du milieu de l'âge du bronze, suivie de poteries nabatéennes, témoignant d'une occupation du site durant les premiers siècles avant et après notre ère[5].
De 1988 à 1996, Konstantinos D. Politis dirigea les fouilles avec le soutien du British Museum. Des inscriptions découvertes dans la basilique confirmèrent le culte de Loth en ce lieu[6]. Depuis 1993, le ministère jordanien du Tourisme et des Antiquités soutient la restauration et la préservation du site, ainsi que son développement touristique.
Lieu de culte
Cependant, la majeure partie des découvertes est liée à l'église et au monastère et date du début de la période byzantine (environ VeetVIIesiècles). Deux inscriptions sur la mosaïque du sol de l'église portent des dates du VIIesiècle: la construction en avril 606 et une rénovation à Xanthikos (vers mai) 691[7]. Son occupation ne cessa qu'après le début de la période abbasside (fin du VIIIe - début du IXesiècle), ce qui suggère que chrétiens et musulmans continuaient de vénérer saint Lot sur le site durant toute cette période.
L'église à plan basilical à trois nefs se dresse sur une étroite bande creusée à flanc de montagne. Trois absides subsistent, celle du nord donnant accès à la grotte. Le portail est orné de rosaces et de croix, et un étroit passage descend dans la grotte derrière lui. La nef est séparée des bas-côtés par quatre colonnes de chaque côté. Le chœur est surélevé de deux marches, sur lesquelles reposent encore les fondations des barrières de la nef principale. Trois gradins sont aménagés dans la courbe de l'abside principale. Bien que le narthex ait glissé le long de la pente, ses dimensions peuvent être reconstituées (environ de 18 × 17 m).
Mosaïques du sanctuaire de Loth.
Plusieurs mosaïques ont été découvertes dans l'église, portant les dates de rénovation 572/573 (signées par le mosaïste de l'Antiquité tardiveKosmas(de)), 606 et 691[8]. Cette dernière remonte à l'époque omeyyade, période où chrétiens et musulmans vivaient en paix dans la région. Même après l'abandon du monastère, le culte de Loth s'est poursuivi sur ce site jusqu'à la période abbasside, comme en témoignent les objets mis au jour dans la grotte.
Au nord se situe le réfectoire avec un grand four, suivi des chambres pour les pèlerins et des cellules des moines.
Tombeaux
Au sud de la basilique se trouve une tombe collective dans une citerne désaffectée, des sépultures en grotte et des sépultures individuelles revêtues de pierres témoignent de la présence de moines et de pèlerins; au moins une sépulture était d'origine africaine, corroborant la présence de pièces de monnaie et de poteries coptes.
↑(en) MacDonald, B.; Adams, R. B.; and Bienkowski, P. (eds.) (2001), The Archaeology of Jordan. Levantine Archaeology 1. Sheffield Academic (ISBN1-84127-136-5).
↑(en) Avraham Negev; Shimon Gibson, eds. (2001). Deir Ain Abata. Archaeological Encyclopedia of the Holy Land. New York and London: Continuum. p.137–138(ISBN0-8264-1316-1).
↑(en) Konstantinos D. Politis, The Conservation and Heritage Management of the Sanctuary of Lot at Dayr ‘Ayn ‘Abata in Studies in the History and Archaeology of Jordan, Band 10, 2009, p.259–268.
↑(en) Politis, Konstantinos D. (2001), Early Byzantine monasticism in southern Jordan, Studies in the History and Archaeology of Jordan, 7, p.587–588.