Sanctuaire de la Consolata
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Le sanctuaire de la Consolata est une basilique construite au XVIIIe siècle à Turin et confié à la congrégation des Missionnaires de la Consolata. Le sanctuaire est directement sous la juridiction de l'archevêque de Turin, en tant que basilique mariale diocésaine, de la patronne de l'archidiocèse et de la ville de Turin.
Fondation
Le Chronicon Novalicense (rédigé au XIe siècle) signale que des moines bénédictins de l'abbaye de Novalaise, contraints de se réfugier à Turin en 906 à cause de l'avancée des troupes sarrasines, se sont installés dans une ancienne chapelle autrefois consacrée à la Vierge Marie. Une église dédiée à l'apôtre saint André (Sant’Andrea) est construite plus tard en 929, don du marquis Adalbert Ier d'Ivrée. L'ordre bénédictin se développe et, vers la fin du Xe siècle, l'église est rénovée et agrandie[1],[2].
La Cronaca di Fruttuaria indique quant à elle qu'en 1016, Arduin d’Ivrée a une vision de la Vierge Marie, de saint Benoît et de Marie de Magdala lui ordonnant de construire trois sanctuaires : la Consolata, le Mont Sacré de Belmonte et le Mont Sacré de Crea[3]. À la suite de celle-ci, Arduin, usurpateur du trône d'Italie, dépose ses titres et se fait moine[4].
L'image miraculeuse

Une icône de la Vierge Marie Consolatrice aurait été retrouvée en 1104 dans les sous-sols de l'église Sant'Andrea, par un jeune aveugle de Briançon, Jean Ravais (Giovanni Ravacchio)[5], qui, guidé par la Vierge, recouvre pleinement la vue à la suite de la découverte du précieux objet perdu lors des différentes rénovations de l'église. Suite à cet événement miraculeux, l'icône est placée dans une chapelle et l'église est restaurée et élevée au rang de basilique. Chaque année, le 20 juin, la fête de la Consolata est célébrée en commémoration de cet événement. Une procession et l'illumination des maisons anciennes du centre historique de nombreuses bougies multicolores témoignent de la dévotion indéfectible à la Consolata[6].
Autre témoignage des nombreux pèlerins et des miracles accordés, de très nombreux ex-voto sont placés à différents emplacements du sanctuaire. Coutume ancestrale unissant des personnes de toutes les classes sociales, aujourd’hui, on peut y admirer une galerie de peintures, datant pour la plupart d’avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale, ainsi qu’une collection complète de cœurs en argent, d’épaulettes d’officiers, de médailles et même de créations au crochet. La Consolata abrite plus de 13 000 ex-voto[7].
L'arrivée des Cisterciens

En 1584, Mgr Angelo Peruzzi, évêque de Sarsina, en visite apostolique, trouve le sanctuaire délabré[8]. En 1589, les Cisterciens remplacent les Bénédictins, et en 1678, les travaux d'agrandissement commencent, conçus par l'architecte-abbé Guarino Guarini de Teano. Ils sont achevés en 1704 avec la création du sanctuaire mariale[9].
L'évolution de l'église actuelle
L'église, de style baroque, connaît une deuxième phase d'agrandissement, réalisée entre 1729 et 1740 par Filippo Juvarra, avec un nouveau maître-autel placé dans un espace ovale abritant l'image de la Vierge qu'il est toujours possible d'admirer aujourd'hui. La décoration de la coupole, œuvre de Giambattista Crosato (it), date aussi de cette période[10].
En 1706, lors du siège français, la Consolata est au cœur de la dévotion des Turinois. Les bienheureux Sébastien Valfrè et Marie des Anges (Marianna Fontanella) soutiennent la résistance de la ville par leur dévotion à la Consolata et à la chapelle du Saint-Suaire. Le 21 mai 1714, le conseil municipal vote à l'unanimité pour couronner et proclamer la Consolata « Avocate et Protectrice de Turin »[9].
Divers changements au XIXe siècle

Napoléon ayant envahi le Piémont, un décret promulgué par lui supprime de 1802 à 1815 les ordres religieux. Le monastère est alors transformé en caserne jusqu'à la Restauration (it). Les moines cisterciens sont remplacés en 1834 par les Oblats de Marie-Immaculée à la suite d'une visite apostolique du cardinal Morozzo et conformément au souhait de Luigi Fransoni, archevêque de Turin[11]. De 1858 à 1871, la direction du sanctuaire est assurée par les Franciscains mineurs observants[12]. Le sanctuaire connaît ses ultimes agrandissements entre 1899 et 1904, sous la direction de l'architecte Carlo Ceppi (it) et de l'ingénieur Antonio Vandone[9]. Joseph Allamano est recteur du sanctuaire de 1880 jusqu'à sa mort, inculquant aux Missionnaires qu'il a fondés une profonde dévotion à Notre-Dame de la Consolata[13].
Durant la Seconde Guerre mondiale
En janvier 1943, une procession rassemblant nombre d'habitants de toute la ville se rend à la basilique implorer la protection de la ville[14]. Le bâtiment du sanctuaire est partiellement détruit par des bombardements les 12 et 13 août 1943[15].
Architecture intérieure

L'édifice présente un plan complexe et varié, unique en son genre. Dès l'entrée, on est accueilli par le vaste corps elliptique qui précède la nef principale hexagonale. Cette première partie, appelée Aula di Sant'Andrea (salle Saint-André), correspond à la nef unique de l'ancienne église Sant'Andrea. Elle est richement décorée, avec trois autels latéraux : à gauche, la chapelle Sainte-Anne, ornée du retable de Rapous et de la chapelle mariale abritant la statue en argent repoussé de la Consolata ; à droite, la chapelle du bienheureux Joseph Cafasso. L'entrée principale mène à la nef centrale, dite « hexagone guarinien », car remaniée par Guarino Guarini à la fin du XVIIe siècle. Deux paires de chapelles ogivales flanquent la chapelle centrale, qui abrite le maître-autel, conçu par Filippo Juvarra.
L'ancienne crypte, initialement placée sous le chœur de l'ancienne église Sant'Andrea, correspond à l'actuelle chapelle des Grâces, visible depuis la loggia construite sur une mezzanine lors de la dernière extension du XXe siècle.
