Sanora Babb

écrivaine américaine From Wikipedia, the free encyclopedia

Sanora Louise Babb (21 avril 1907 - 31 décembre 2005) est une romancière, poète et éditrice littéraire américaine, reconnue pour sa représentation réaliste de la vie pendant la Grande Dépression.

Décès
Pseudonyme
Sylvester DavisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Sanora Babb
Biographie
Naissance
Décès
Pseudonyme
Sylvester DavisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Fratrie
Dorothy Babb (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
James Wong Howe (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
Whose Names Are Unknown (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fermer

Au cours de sa carrière, elle a publié huit livres, dont des romans, des mémoires, des recueils de nouvelles et un recueil de poésie. Après sa mort, elle figure dans le documentaire de Ken Burns, The Dust Bowl, réalisé en 2012[1].

Son œuvre la plus connue, Whose Names Are Unknown (2004) (Eux dont les noms sont inconnus), a été saluée par la critique et a été finaliste du prix Spur 2005 du meilleur roman western[2] et le prix littéraire PEN Center USA 2005 de fiction[3]. Le roman a été écrit bien avant – « Les Raisins de la colère », roman de John Steinbeck, lauréat du prix Pulitzer en 1939. Celui-ci s'appuie sur les notes de terrain de Babb, recueillies lors d'entretiens avec des familles de camps de migrants pour son propre livre. Son supérieur, le directeur du camp, Tom Collins, lui avait demandé de fournir une copie de ses notes à John Steinbeck, qui a dédié son roman à sa femme et à Collins, « qui l'a vécu », sans citer Babb, dont l'ouvrage sera soumis à son éditeur peu après[4].

Ses nouvelles et poèmes sont également été reconnus. Ses nouvelles « Wildflower » et « Santa Ana » sont reprises dans The Best American Short Stories (éditions 1950 et 1960) éditées par Martha Foley[5]. Son recueil de poésie, Told in the Seed, a remporté le Borestone Mountain Poetry Award en 1967 et son poème « Captive » de la Mitre Press Anthology remporte le Gold Medal Award en 1932[6]. Ses thèmes d'écriture se focalise sur les personnes marginalisées et leur lien avec la nature lors de la Grande Dépression[6]. Ses autres œuvres incluent The Lost Traveler (1958), An Owl on Every Post (1970), The Dark Earth and Other Stories (1987), Cry of Tinamou (1997), Told in the Seed (1998), On the Dirty Plate Trail (2007) et The Dark Earth and Selected Prose from the Great Depression (2021).

Jeunesse

Sanora Louise Babb naît à Leavenworth, au Kansas . Elle est la fille aînée de Walter L. et d'Anna Jeanette « Jennie » ( née Parks ; plus tard Kempner) Babb, alors que son père vivait dans ce qui est aujourd'hui Red Rock, en Oklahoma[7]. Bien qu'aucun de ses parents n'appartienne à la tribu Otoe, vivre dans une communauté amérindienne l'a rendue particulièrement sensible à la relation entre la terre et ses habitants[8]. Son père était un joueur professionnel qui faisait fréquemment déménager sa famille[9]. Après avoir misé sur l'avenir de l'agriculture en terres arides, Walter déménage avec sa femme, Sanora, et sa jeune sœur Dorothy dans une cabane d'une seule pièce située dans une ferme de sorgho fondée par son grand-père, Alonzo Babb, près de Lamar, au Colorado[9].

Elle décrit ses expériences de cette période de sa vie dans son roman autobiographique « Le Voyageur perdu » (1958), qui dépeint un père joueur et errant, du point de vue de sa fille qui atteint l'âge adulte pendant la Grande Dépression, et dans « Un hibou sur chaque poteau » (1970), un mémoire qui raconte l'histoire la propriété familiale dans les Grandes Plaines depuis ses sept ans. La ville de « Un hibou sur chaque poteau » est Two Buttes, dans le comté de Baca, au sud de Lamar, dans le comté de Prowers .

Après quatre années infructueuses, son père déménage avec sa famille à Elkhart, au Kansas, puis à Forgan, dans l'Oklahoma, dans la région de l'Oklahoma Panhandle . Babb commence l'école à onze ans[10]. Elle est major de sa promotion au lycée[11]. Par la suite, son père déménage à nouveau avec sa famille au Kansas. Elle commence ses études à l'Université du Kansas , mais au bout d'un an, faute de ressources financières, elle doit s'inscrire dans un collège à Garden City, au Kansas[10].

Carrière

Le travail bénévole de Babb l'a amenée à côtoyer des communautés agricoles migrantes. Ce travail bénévole auprès de la Farm Security Administration va grandement influencer son roman Whose Names Are Unknown.

Elle commence à travailler comme assistante en imprimerie à 12 ans. Par la suite, elle travaille comme institutrice pendant une courte période, avant d'entamer une carrière de journaliste au Garden City Herald[10],Sanora Babb et Dorothy Babb, On the dirty plate trail: remembering the Dust Bowl refugee camps, Austin, Tex, 1., coll. « Harry Ransom Humanities Research Center imprint series », (ISBN 978-0-292-71445-8)</ref> où plusieurs de ses articles ont été repris par l' Associated Press . Elle déménage à Los Angeles en 1929 pour travailler au Los Angeles Times, mais le journal a annulé son contrat après le krach boursier américain de 1929. Babb est occasionnellement sans abri pendant la Grande Dépression, dormant parfois à Lafayette Park. Elle trouve finalement un travail de secrétariat chez Warner Brothers et écrit des scénarios pour la station de radio KFWB. Elle rejoint le John Reed Club et est membre du Parti communiste américain pendant 11 ans[12]. Elle visite l'Union soviétique en 1936[10].

En 1938, Elle retourne en Californie pour travailler pour la Farm Security Administration[13], un poste qui influencera profondément la composition de son roman Whose Names Are Unknown . Pendant qu'elle est à la FSA, elle prend des notes détaillées sur ses expériences dans les camps de tentes avec les migrants du Dust Bowl[13]. Le superviseur de Babb, Tom Collins, partage ses notes avec John Steinbeck[14], qui avait récemment publié plusieurs articles sur les migrants pour le San Francisco News[11]. Babb transforme les histoires qu'elle a collectées en Whose Names Are Unknown et envoie les premiers chapitres à Random House[15]. L'éditeur Bennett Cerf lui donne une avance pour son roman en lui demandant de le terminer[10]. Malheureusement, avec la publication de The Grapes of Wrath de Steinbeck, Cerf annule le contrat de Babb en 1939[16] par crainte qu'il n'y ait pas suffisamment de lectorat pour deux romans similaires[17]. Whose Names Are Unknown, ne sera publié qu'en 2004.

Au début des années 1940, Babb est secrétaire de la Ligue des écrivains américains pour la Côte Ouest. Elle dirige la revue littéraire The Clipper et sa successeure The California Quarterly, contribuant ainsi à la diffusion des œuvres de Ray Bradbury et de B. Traven . Parallèlement, elle tient un restaurant chinois à Los Angeles, Ching How, propriété de son futur mari, James Wong Howe[52] .

Au cours des premières années des audiences du Comité des activités anti-américaines de la Chambre (HUAC) enquêtant sur Hollywood pour influence communiste qui ont débuté en 1947, Babb est mise sur la liste noire[18] et déménage à Mexico pour protéger Howe, qui est alors sur « liste grise », de tout harcèlement supplémentaire.

Babb recommence à publier en 1958 avec son roman Le Voyageur perdu, suivi en 1970 de ses mémoires Un hibou sur chaque poteau . Son roman sur le Dust Bowl, Whose Names Are Unknown, est finalement publié par l'Université de l'Oklahoma Press en 2004[19].

Vie personnelle

Babb avec son mari James Wong Howe

À partir de 1932, Babb a une longue amitié avec l'écrivain William Saroyan qui s'est transformée en une histoire d'amour non réciproque de la part de Saroyan[20]. Elle a également une liaison avec Ralph Ellison entre 1941 et 1943[21].

Elle rencontre le directeur de la photographie sino-américain James Wong Howe. Ils se rendent à Paris en 1937 pour se marier[22]. Leur mariage n'est pas reconnu en Californie parce que l'État avait une loi anti-métissage qui interdisant le mariage entre personnes de races différentes[23]. Les traditions chinoises de Howe l'empêchant de cohabiter avec Babb sans être légalement mariés, ils conservent des appartements séparés dans le même immeuble[24]. De plus, le contrat de studio de Howe comportait une « clause morale » lui interdisait d'afficher publiquement leur relation.

Howe et Babb ne se sont mariés légalement en Californie qu'en 1948, après que l'affaire Perez c. Sharp ait annulé l'interdiction de ces mariages dans l'État. Lorsque le couple trouve un juge qui accepte de célébrer leur mariage, il aurait déclaré : « Elle a l'air assez âgée. Si elle veut épouser un "chinetoque", c'est son affaire. »[25].

Les relations politiques de Babb indiquent une orientation progressiste à gauche. Mish et Whisenhunt soulignent que ses liens avec le Parti communiste, entre autres organisations, indiquent qu'elle est « influencée par des idéaux de gauche »[26]. En fait, elle a rompu ses liens avec le Parti communiste américain, car ce parti n'était pas assez à gauche pour elle[27]. Son engagement auprès du John Reed Club dans les années 1930 l'a mise en contact avec d'autres écrivains de l'époque, comme Edna St. Vincent Millay[27].

Les tendances progressistes de Babb l'ont finalement conduite à être inscrite sur la liste noire de la Commission des activités anti-américaines de la Chambre des représentants[28]. À un moment donné, elle est contrainte de fuir les États-Unis pour le Mexique[27]. Elle retourne aux États-Unis en 1951 et s'installe à Los Angeles. Elle y rejoint le groupe d'écriture de Los Angeles fondé par Ray Bradbury[10] Sanora Babb et Dorothy Babb, On the dirty plate trail: remembering the Dust Bowl refugee camps, Austin, Tex, 1., coll. « Harry Ransom Humanities Research Center imprint series », (ISBN 978-0-292-71445-8)</ref> et donne des cours de fiction à l'UCLA[29]. Elle continue d'écrire et de publier jusqu'à ses 80 ans[10].

Décès et publications posthumes

Elle décède dans sa maison de Los Angeles le 31 décembre 2005, à l'âge de 98 ans, de causes naturelles, selon son éditrice, Joanne Dearcopp[30]. Elle était veuve de son mari, James Wong Howe, décédé en 1976[31]. Elle n'a pas laissé de descendant. Joanne Dearcoppe, qui la connaissait depuis plus de 60 ans, devient son exécutrice testamentaire littéraire[32].

Joanne Dearcopp a publié d'autres de ses œuvres à titre posthume, en plus de se consacrer à la redécouverte de ses écrits. À la mort de Sanora Babb, un an à peine s'était écoulé depuis la publication de « Whose Names Are Unknown » par les Presses de l'Université d'Oklahoma, ce que le New York Times et le Los Angeles Times mentionnent dans leurs nécrologies.

Réception et héritage

L'accueil réservé à « Dont les noms sont inconnus » a été globalement positif. Les chercheurs et les critiques ont salué sa représentation réaliste d'une famille touchée par la Grande Dépression et le Dust Bowl, ainsi que son rôle dans l'introduction d'une approche progressiste et féministe d'une histoire surtout connue grâce à l'auteur masculin John Steinbeck. Malgré les éloges de la critique, de nombreuses spéculations ont suivi sur la relation (ou l'absence de relation) entre Babb et Steinbeck.

Les œuvres de Babb s'inscrivent dans de nombreux domaines des études littéraires et culturelles contemporaines, notamment les études régionales, les études sur les Grandes Plaines, les études sur le Dust Bowl, les études californiennes et les études rurales. Ses travaux s'inscrivent également dans les études sur la classe ouvrière, la littérature des migrants et les écrits sur l'environnement et la nature[26]. De plus, ses écrits ont été comparés à ceux de Willa Cather et de Laura Ingalls Wilder[29].

La vie et l'œuvre de Babb sont largement mises en avant dans le documentaire de Ken Burns, The Dust Bowl[28], et Four Winds de Kristin Hannah a été influencé par Whose Names Are Unknown et les travaux de terrain de Babb. Plus récemment, la biographie d'Iris Jamahl Dunkle, Riding Like the Wind: The Life of Sanora Babb, cherche à restituer ses œuvres, affirmant que l'œuvre de Babb a non seulement été éclipsée par Steinbeck, mais que ses notes ont servi de base à son roman[28] .

Œuvres

Livres

  • The Lost Traveler, 1958
  • An Owl on Every Post, 1970
  • The Killer Instinct and Other Stories from the Great Depression, Santa Barbara, CA : Capra Press, 1987, (ISBN 978-0-88496-283-0)
  • Cry of the Tinamou, 1997, Muse Ink Press (27. Juli 2021), (ISBN 978-0985991555)
  • Told in the Seed, 1998, Muse Ink Press (30. Juli 2021), (ISBN 978-0985991548)
  • Whose Names Are Unknown, Norman, Oklahoma: University of Oklahoma Press, 2004, (ISBN 0-8061-3579-4)
- traduit en français sous le titre Eux dont les noms sont inconnus par Thierry Beauchamp, Paris, Éditions du Sonneur, coll. « La grande collection », 2025, 380 p. (ISBN 978-2-37385-321-6)
  • On the Dirty Plate Trail: Remembering the Dust Bowl Refugee Camps, 2007, Austin: University of Texas Press, 2007, (ISBN 978-0-292-71445-8)
  • The Dark Earth and Selected Prose from the Great Depression, Muse Ink Press (24 Aug. 2021), (ISBN 978-0985991579)

Nouvelles

  • "The Larger Cage"[33] The Anitoch Review, vol. 13, no. 2, 1953, pp. 168–80.
  • "The Tea Party"[34] Seventeen, vol. 15, no. 3, 1956, 0p. 110, 142, 145, 175–77.
  • "The Wild Flower"[35] in The Best American Short Stories 1950, edited by Martha Foley.
  • "Night of Yearning"[36] Saturday Evening Post, vol. 232, no. 22, Nov. 1959, pp. 20106.
  • "The Santa Ana"[37] in The Best American Short Stories 1960, edited by Martha Foley.

Poèmes

  • "Spring Wooing"[38] Prairie Schooner, vol. 7, no. 1, 1933, p. 66.
  • "Essence"[39] Prairie Schooner, vol. 7, no. 2, 1933, p. 93.
  • "Why Does the Dog Howl on the Midnight Hill?"[40] Dalhousie Review, vol. 36, 1956, p. 58.
  • "Allegro Con Fuoco"[41] Dalhousie Review, vol. 36, 1956, p. 58.
  • "The Visitor"[42] Dalhousie Review, vol. 43, no. 2, 1963, p. 189.
  • "Old Snapshots: Poem."[43] Prairie Schooner, vol. 39, 1965, p. 302.
  • "Told in the Seed"[44] The Southern Review (Baton Rouge), vol. 2, no. 1, 1966, p. 117.
  • "Night Visit"[45] The Southern Review (Baton Rouge), vol. 17, no. 3, 1981, p. 583.
  • "The Last Year"[46] Hawaii Review, 1987, p. 20.
  • "Above Malpaso Creek"[47] Hawaii Review, vol. 12, no. 2, 1988, p. 54.
  • "Night in a Greek Village"[48] The Southern Review (Baton Rouge), vol. 26, no. 3, 1990, p. 679.

Lectures complémentaires

  • Joanne Dearcopp, Christine Hill Smith (Ed.): Unknown no more: recovering Sanora Babb, Norman : University of Oklahoma Press, (2021), (ISBN 978-0-8061-6936-1)
  • Iris Jamahl Dunkle: Riding Like the Wind: The Life of Sanora Babb: University of California Press, (2024), (ISBN 978-0520395442)

 Source de la traduction 

Notes et références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI