Satires (Boileau)

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Satires
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Les Satires sont un recueil de Nicolas Boileau composé à partir de 1657[1] et publié à partir de 1666, inspiré des Satires d'Horace et de celles de Juvénal, et entièrement écrit en alexandrins.

Le recueil comportait sept poèmes dans l'édition originale de 1666. En 1668 est parue une nouvelle édition augmentée de deux satires et d'un Discours sur la satire. En 1694 a été ajoutée la satire X « Contre les femmes », puis en 1701 la onzième. La douzième satire, interdite de publication, n'est parue qu'après la mort de son auteur en 1716.

Les thèmes abordés sont très variés, et il n'y a pas de plan d'ensemble. Parmi ces thèmes, on compte la difficulté de vivre à Paris (I et VI), la vanité des nobles (V) et un dîner ridicule (III). Mais la cible préférée de Boileau reste les auteurs de son temps qu'il jugeait mauvais (II, III et IX notamment)[2].

Réception

Dès leur première publication, les Satires provoquèrent un scandale, en partie parce qu'elles attaquaient nommément certaines personnes[3]. Malgré les mécontents, Boileau a toujours bénéficié de la bienveillance du roi ; seule la douzième satire, sur les jésuites, est interdite. La polémique a tellement enflé qu'on a pu parler de « Querelle des Satires ».

Les « victimes » de Boileau ne manquèrent pas de contre-attaquer au cours de l'année 1667, qui suivit la première édition. Un anonyme fit circuler dans Paris une diatribe en alexandrins intitulée Despréaux ou la Satyre des Satyres, dans laquelle il s'en prenait également au « farceur » Molière, « encensé » selon lui par le satiriste « comme un de ses héros ». Molière[4] et Boileau attribuèrent ce texte à l'abbé Cotin, nommé dans la deuxième satire (« le repas ridicule ») où il était suggéré que ses sermons attiraient peu de monde. Cotin l'attribua à Boileau lui-même[5] et fit, presque dans le même temps, imprimer une intéressante Critique désintéressée sur les satyres du temps. Jean Chapelain composa un violent Discours satyrique au cynique Despréaux ; l'abbé Perrin, un virelai intitulé La Bastonnade ; Jacques de Coras publia Le Satirique berné ; Edme Boursault composa une assez inoffensive comédie, La Satire des satires, dont Boileau obtint, par un arrêt du parlement de Paris du , que les représentations que devaient en donner les comédiens du Marais fussent interdites.

Nicolas Pradon a adressé plusieurs critiques à Boileau dans ses Nouvelles remarques sur tous les ouvrages du sieur D*** et dans Le Satirique français expirant. (Dans ses satires, Boileau se désigne généralement lui-même sous le nom de Despréaux ou avec l'initiale D.)

Tout le reste de sa vie, Boileau justifiera son entreprise. Il revendiquait la liberté de composer et de juger les autres, et notamment les auteurs contemporains. Dans son Discours sur la satire, il fait valoir qu'il s'est montré bien moins hardi que tels de ses prédécesseurs, comme Horace, Juvénal ou Régnier. Dans l'Avis au lecteur qui précède Le Lutrin, il revient sur la question des satires, mentionnant non sans fierté que le président Guillaume de Lamoignon l'a loué plusieurs fois « d'avoir purgé, pour ainsi dire, ce genre de poésie de la saleté qui lui avait été jusqu'alors comme affectée »[6]. Et dans l'Épître X il rappelle qu'Arnauld lui-même loua extrêmement son œuvre satirique : « Arnauld, le grand Arnauld, fit mon apologie. »

Détail

Sources

Voir aussi

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