Savoia-Marchetti SM.82

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RôleAvion de transport et de bombardement
StatutRetiré du service
Savoia-Marchetti SM.82
Vue de l'avion.
Un SM.82 Marsupiale sauvegardé au Musée historique de l'aviation de Vigna di Valle (Italie).

Constructeur Savoia-Marchetti
Rôle Avion de transport et de bombardement
Statut Retiré du service
Premier vol
Mise en service en aéronautique
Date de retrait années 1960
Nombre construits ~ 720
Équipage
4 hommes d'équipage + 40 soldats (transport)
Motorisation
Moteur Alfa Romeo 128 RC.21
Nombre 3
Type 9 cylindres en étoile
Puissance unitaire 950 ch
Dimensions
Envergure 29,68 m
Longueur 22,9 m
Hauteur 6,0 m
Surface alaire 118,6 m2
Masses
À vide transport : 10 550 kg
bombardier : 11 200 kg
Carburant 4 403 kg
Maximale transport : 18 020 kg
bombardier : 18 410 kg
Performances
Vitesse de croisière 250 km/h
Vitesse maximale 347 km/h
Vitesse de décrochage 110 km/h
Plafond 6 000 m
Rayon d'action 2 100 km
Armement
Interne 1 mitrailleuse Scotti de 12,7 mm en tourelle dorsale
3 mitrailleuses Breda-SAFAT de 7,7 mm en position ventrale et latérales
4 000 kg de bombes

Le Savoia-Marchetti SM.82 Marsupiale était un avion italien de transport et de bombardement de la Seconde Guerre mondiale.

Il s'agissait d'un trimoteur monoplan à ailes cantilever et à train rentrant. Il fut construit à environ 720 exemplaires et entra en service en 1940. Cet appareil, qui illustre bien le concept italien de bombardier mixte, était capable de transporter une charge de bombes de plus de 4 000 kg et d'opérer sur de longues distances. Toutefois en raison de sa grande vulnérabilité à la DCA et à la chasse ennemie, il fut assez peu utilisé comme bombardier. En revanche, il se révéla un très bon avion de transport.

Après la guerre, une trentaine de SM.82 servirent dans l'Aeronautica Militare jusque dans les années 1960.

Développé à partir du Savoia-Marchetti SM.75 Marsupiale de transport civil, le SM.82 fut conçu pour remplir à la fois le rôle de bombardier lourd et d'avion de transport militaire. Il partage avec son aîné la même configuration, mais il est plus grand et plus lourd que celui-ci. Le développement fut assez rapide et le prototype effectua son premier vol en 1939. Bien que lent et sous-motorisé, le SM.82 était capable de transporter de lourdes charges et de parcourir de longues distances. En outre son large fuselage lui permettait d'embarquer des fardeaux encombrants. Certaines versions spécialement modifiées pouvaient accueillir par exemple un char léger L3 ou un chasseur Fiat CR.32 démonté. Capable de transporter à la fois du fret et des hommes, il pouvait accueillir jusqu'à 40 soldats équipés.

Le SM.82 entra en service avec la Regia Aeronautica en 1940. Toutefois, en raison d'une cadence de production très lente, celle-ci ne put jamais disposer d'un nombre suffisant d'appareils en service. En effet, seulement une centaine d'avions par an furent livrés en 1940 et 1941. La production passa à 200 exemplaires par an à partir de 1942 et se poursuivit jusqu'en 1944, date à laquelle environ 700 machines avaient été livrées. À partir de l'armistice de 1943, les usines, qui se trouvaient sur le territoire de la République sociale italienne (RSI), passèrent sous contrôle allemand.

Caractéristiques

Construction

Le SM.82 était un appareil de construction mixte bois/métal. Le fuselage, construit en tubes d'acier soudés, était recouvert de feuilles métalliques sur la partie avant. L'arrière était recouvert de contreplaqué ou entoilé à certains endroits.

Les ailes, quasi entièrement en bois, comportaient trois longerons et 42 nervures. Les volets étaient faits d'une seule pièce de bois tandis que les nervures étaient en bois de peuplier, léger et flexible. Le revêtement était en contreplaqué entoilé et verni afin de le rendre étanche à l'eau. Les ailerons couraient sur près de la moitié du bord de fuite tandis que le bord d'attaque était équipé de becs Handley-Page.

L'empennage était en pin revêtu de contreplaqué tandis que les gouvernes, de structure métallique, étaient entoilées.

La partie utile du fuselage était aménagée sur deux niveaux. Le pont supérieur comportait 32 sièges pour les passagers. La soute inférieure était destinée à emporter du fret ou des bombes et comportait deux larges trappes en duralumin. Le plancher, en bois, était composé de neuf panneaux amovibles destinés à faciliter l'installation à bord du fret encombrant qui était chargé à bord à travers les portes de la soute à bombes.

Le cockpit était doté de quatre sièges pour le commandant de bord, le copilote, le mécanicien navigant et le radio-mitrailleur. L'instrumentation comprenait un altimètre, un compas, un chronomètre, des thermomètres et un radio-goniomètre Telefunken P63N. L'équipement de série comprenait en outre un émetteur-récepteur, un système d'extinction des feux et un générateur électrique.

Propulsion

La motorisation de l'appareil était assurée par trois moteurs en étoile Alfa Romeo 128.RC.18 d'une puissance unitaire de 641 kW (860 ch) actionnant chacun une hélice métallique tripale à vitesse constante. Ces moteurs étaient une évolution du Bristol Pegasus construits sous licence par l'Italie.

Le SM.82 emportait une quantité maximale de 4 403 kg de carburant réparti sur douze réservoirs de voilure. Chaque demi-aile comportait six réservoirs auto-obturants. Trois réservoirs, d'une contenance totale de 1 276 l étaient logés entre la première et la seconde nervure, tandis que les trois autres réservoirs, d'une contenance totale de 653 l trouvaient leurs places entre la seconde et la troisième nervure. Par ailleurs, un petit réservoir de 167 l contenant de l'essence 100LL pour le générateur était placé dans le nez. L'appareil emportait également 136 l d'huile.

Armement défensif et blindage

Le SM.82 était armé d'une mitrailleuse Scotti de 12,7 mm en tourelle dorsale et de trois Breda-SAFAT de 7,7 mm (une de chaque côté de l'appareil et une troisième dans la gondole ventrale du bombardier). La tourelle était de type Caproni-Lanciani et était approvisionnée avec 350 coups. Les autres armes étaient approvisionnées avec quatre magasins de 215 coups. Cet armement, qui n'avait rien de ridicule à l'époque de la conception de l'avion, ne se montra pas très efficace. En effet, la mitrailleuse Scotti, théoriquement plus puissante et légère que la Breda-SAFAT de même calibre, se montra peu fiable. De plus elle n'était pas précise. La dispersion était telle que sa portée pratique dut être réduite de 400 à 200 m. Par ailleurs, le calibre 7,7 mm se révéla trop faible à la lumière des combats aériens de la Seconde Guerre mondiale. Pour finir, la mitrailleuse ventrale, servie par le bombardier, était inutilisable et finit par être démontée. Les SM.82 réquisitionnés par la Luftwaffe après l'armistice de 1943 furent équipées de MG.131 (13 mm) en tourelle et parfois de MG.17 (7,92 mm).

La protection de l'équipage laissait également à désirer. En effet, seul le commandant de bord disposait d'un siège blindé. Les réservoirs auto-obturants étaient, en théorie, à l'épreuve du calibre 12.7 mais n'étaient pas équipés de système de pressurisation au gaz carbonique pour prévenir les risques d'explosion en cas d'impact par des projectiles incendiaires. Aucun autre blindage n'avait été ajouté. Tout cela rendait l'appareil extrêmement vulnérable au feu de l'ennemi.

Charge offensive

Le SM.82 était capable d'emporter une lourde charge de bombes (4 000 kg), et la taille de sa soute lui permettait d'emporter une vaste panoplie d'armements. Par exemple, il pouvait emporter :

  • 4 bombes de 800 kg
  • 8 bombes de 500 kg
  • 8 bombes de 250 kg
  • 27 bombes de 50 kg
  • 25 bombes à sous-munitions de 100 kg contenant chacune 56 sous-munitions (ces dernières ne furent néanmoins pas beaucoup utilisées).

Bien entendu, le SM.82 n'opérait pas toujours à pleine charge. Ainsi, lors des missions à long rayon d'action, la charge offensive n'était que de 1 000 ou 1 500 kg de bombes. Il n'en reste pas moins vrai que la combinaison charge offensive/rayon d'action du SM.82 le classait assez favorablement sur ce point par rapport aux autres bombardiers en service en 1940.

Le bombardier opérait depuis une tourelle rétractable située sous l'avant de l'avion. Il disposait d'un viseur de bombardement Jozza. Il devait servir en outre une mitrailleuse Breda 7,7 mm pointée vers l'arrière. Son poste de combat, très inconfortable, n'était ni chauffé, ni pressurisé, ni connecté au réseau d'oxygène de l'avion. Il ne disposait, comme protection contre les balles ennemies, que de la mince tôle d'un millimètre d'épaisseur formant le revêtement extérieur de l'avion.

Performances au combat

Combinant sous-motorisation et large fuselage à forte traînée, les performances du SM.82 étaient loin d'être flatteuses. Sa vitesse de croisière de 250 km/h à 3 000 m en faisait un avion particulièrement lent. Cette caractéristique, qui n'influait que très peu sur ses performances en tant qu'avion de transport, rendait par contre son emploi en tant que bombardier particulièrement dangereux. De plus son plafond pratique de 5 000 m (16 400 pieds) le rendait vulnérable à la fois aux canons antiaériens et à la chasse ennemie. En comparaison, le B-17 Flying Fortress américain pouvait opérer jusqu'à 9 000 m (29 530 pieds) c'est-à-dire à l'extrême portée de la Flak et du plafond des chasseurs allemands. Pour finir, la large silhouette du SM.82 le rendait particulièrement facile à repérer dans le ciel. Pour ces raisons, le SM.82 connut un taux de perte particulièrement élevé face à la chasse ennemie. Ainsi le où trois Beaufighter abattirent sept SM.82 sur sept, soit un taux de pertes de 100 % ou le , où un seul P-38 Lightning réussit à descendre 10 SM.82 sur 20 en une seule passe.

Par contre, en mission de transport, le SM.82, avec sa grande autonomie, sa charge utile particulièrement élevée pour l'époque et sa vaste soute modulable lui permettant d'emporter des fardeaux aussi divers qu'encombrants, fut très sollicité par les Italiens qui avaient à affronter le cauchemar logistique d'un théâtre d'opérations particulièrement éparpillé.

Utilisation opérationnelle

Sources

Notes et références

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