Savon Dzaïr
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Le savon Dzaïr, connu localement sous le nom de « saboun Dzaïr » (صابون الدزاير, soit « savon d’Algérie »), est un savon artisanal algérien fabriqué à partir d’ingrédients tels que l’huile d’olive, des acides gras et de la potasse[1],[2],[3].

Le savon Dzaïr se présente généralement sous des teintes brunes, parfois noires, voire jaunes selon sa composition et sa méthode de fabrication. Il se caractérise par sa viscosité et son état semi-liquide. Il est vendu au poids et souvent exposé dans de grands fûts dans les herboristeries ou les magasins de produits naturels[4].
Fabrication
Les Algériens fabriquent ce savon selon des techniques artisanales ancestrales, reposant sur des procédés naturels, sans recours aux méthodes industrielles modernes[5][note 1],[6][note 2],[7].
Dans L’exploration scientifique de l’Algérie publiée en 1844, les auteurs détaillent l’importance culturelle et économique de la production de savon chez certaines tribus d’Algérie au début des années 1840. La saponification des huiles ne répondait pas uniquement aux besoins locaux, mais permettait aussi des exportations significatives depuis ces communautés. Parmi les tribus les plus impliquées dans cette industrie figuraient les Beni Ourlis, les Fenaïa et les Beni Abbès, chacune jouant un rôle essentiel dans la fabrication du savon[8].
Parmi les principaux lieux de fabrication figuraient Tifra, Tîbân, Temezgoug, Zerarka, Tir ilt Imalïoun et Aït Alloun pour les Beni Ourlis ; Tir ilt oun et Gradj pour les Fenaïa ; ainsi que de nombreux villages dans le territoire des Beni Abbès, où la production de savon était largement répandue et intégrée à la vie quotidienne. L’abondance de matières premières locales, telles que l’huile d’olive extraite dans des pressoirs communautaires et la soude obtenue à partir de cendres de myrte récoltées dans les plaines de la région, témoignait de l’autosuffisance de ces traditions savonnières[6].
Les dynamiques économiques étaient également notables, les prix du savon et les méthodes de fabrication variant d’un marché tribal à l’autre. Par exemple, les Fenaïa étaient connus pour incorporer de la chaux dans leur préparation, ce qui influait sur le coût et la qualité du savon. Sur leur marché, une livre de savon de seize onces se vendait à 25 centimes, illustrant l’accessibilité et l’abordabilité locale de ce produit essentiel[9].
- Savon Dzair
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