Say Man
Chanson de Bo Diddley sortie en 1959
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Say Man est une chanson du musicien américain Bo Diddley. Écrite sous son vrai nom, Ellas McDaniel, elle est enregistrée en 1958 et sortie en single en 1959 par Checker Records[1].
| Face A | Say Man |
|---|---|
| Face B | The Clock Strikes Twelve |
| Sortie | [1] |
| Enregistré | [2] Studios Chess, Chicago |
| Durée | 3:09 |
| Genre | Rock 'n' roll, rhythm and blues |
| Format | Single 7" 45 tours |
| Auteur | Ellas McDaniel (alias Bo Diddley) |
| Label | Checker |
Singles de Bo Diddley
Cet enregistrement devient son plus grand succès pop américain, atteignant le no 20 du palmarès Hot 100 du magazine Billboard[3] et le no 3 du classement R&B[4]. En raison de son thème, qui peut faire penser aux « battles », Say Man est parfois considéré comme un précurseur du rap[5],[6].
Composition et enregistrement
La chanson naît d'une jam session entre Bo Diddley et son joueur de maracas Jerome Green, et met en scène Diddley et Green échangeant des insultes dans le style de joute oratoire connue sous le nom de The Dozens[7]. Jerome joue le clown avec « son rire sauvage et son accent traînant exagéré », tandis que Bo reste « calme en dur à cuire imperturbable, aussi déjanté soit-il »[8]. La chanson emprunte un rythme haïtien/cubain[5], amplifié par le jeu de piano de Lafayette Leake[2].
Bo Diddley déclare à propos de cette chanson : « J'ai fait beaucoup de choses aux studios Chess, c'était juste pour rigoler… Ils l'ont réécoutée, et ça nous a tous choqués ! Bien sûr, ils ont coupé tous les passages obscènes ».
La séance d'enregistrement de Say Man a lieu dans les studios Chess à Chicago le , le même jour que Dearest Darling[2]. Bo Diddley (chant, guitare) est accompagné de Jerome Green (chant, maracas), Willie Dixon (basse), Peggy Jones (guitare), Lafayette Leake (piano) et Frank Kirkland (batterie)[2].
Parution et réception
L'enregistrement est d'abord intégré dans l'album de Go Bo Diddley[7], avant d'être publié en single en [1]. Le single suivant de Diddley, sorti en , est une suite de Say Man, avec des guitares plus fortes, intitulée Say Man, Back Again[9]. Celle-ci est incluse en 1960 dans son 3e album, Have Guitar Will Travel.
« Say Man, raconté comme une conversation au coin d'une rue, s'inscrit dans la tradition et constitue l'un des premiers exemples de "dozens" dans le blues. Son style a même conduit certains à considérer Say Man comme un rap anticipé »[5]. Le critique musical Maury Dean, tout en rejetant l'idée que ce soit « le premier morceau de rap », affirme qu'il s'agit du « premier morceau soul majeur à comporter un florilège de remarques désobligeantes sur un rythme rock… La main droite éclairante de Bo hache les accords comme de la canne à sucre. Le rythme incessant vibre dans la chaude soirée américaine. Du rap, avec une pointe d'humour ghetto-blast »[10]. Bo Diddley lui-même, dans une interview pour Uncut, affirme « on n'appelait pas ça du rap, on appelait ça du "signifyin' (en)". Mais les nouveaux venus d'aujourd'hui appellent ça du rap »[6].
Say Man fait partie de la liste des 660 « chansons qui ont façonné le rock 'n' roll » (The Songs That Shaped Rock and Roll) du Rock and Roll Hall of Fame[11].
Dès 1959, Don Stacey fait une reprise de la chanson, éditée sur la face B du single Don't You Know de Susan Lane. R. Stevie Moore l'enregistre à son tour en 1986 pour la compilation du label New Rose intitulée Play New Rose for Me[12].
Jimmy Soul s'inspire du dialogue de Say Man pour le final sa chanson If You Wanna Be Happy en 1963[13].