Saâd Bouakba
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Saâd Bouakba, (en arabe : سعد بوعقبة) né en 1946 à Azzaba dans la wilaya de Skikda, est un journaliste algérien. En novembre 2025, accusé d'atteinte aux figures de la Révolution il est incarcéré dans l'attente de son jugement.
Condamnation pour atteinte aux figures de la Révolution (2025)
Saâd Bouakba a commencé sa carrière de journaliste dans les années 1970 dans la presse publique algérienne, en particulier dans les journaux El Moudjahid et Ech Chaâb. Il acquiert une célébrité avec ses chroniques Point d’ordre et Le cri du coq diffusées dans des médias arabophones, dont Echorouk El Yawmi et El Khabar[1].
Saâd Bouakba a été incarcéré à deux reprises en 1992 et 1996[2].
En 2013, dans une chronique, publiée dans le quotidien El Khabar, il évoque la teneur d'un communiqué relatant l’entrevue entre le Président Abdelaziz Bouteflika et le vice-ministre de la Défense concernant les funérailles vietnamiennes du général Giáp. Le Ministère algérien de la Défense nationale réagit immédiatement considérant que cette chronique porte atteinte à l'armée algérienne. Saâd Bouakba conteste cette analyse, il reçoit en cela le soutien du général à la retraite Khaled Nezzar[3].
En février 2023, à la suite d’une chronique sarcastique dans laquelle il critique l’implantation à Djelfa d’un projet qatari d’élevage de vaches, il est arrêté[4]. Il est condamné, en octobre 2023, par le tribunal de Dar El Beida à un an de prison dont six mois de prison ferme pour diffamation à l’encontre des habitants de Djelfa[5],[6]. Pour le journaliste Khaled Drareni de Reporters sans Frontières : « Criminaliser le travail d’un éditorialiste reconnu […] n’a pas de sens, mais un objectif : celui de faire comprendre que le moindre article d’opinion est passible de poursuites »[1].
Saâd Bouakba est arrêté le pour être relâché le soir même avec une convocation ultèrieure. Cette interpellation s'effectue à la suite des entretiens donnés à Vision Tv où il a présenté plusieurs évènements historiques de l'Algérie depuis l’indépendance en 1962. Dans un de ses enregistrements, il a dressé un portrait favorable de Krim Belkacem, assassiné le par des tueurs à la solde du pouvoir d'Houari Boumédiène[7].
Le , il est placé en détention provisoire dans la prison d'El-Harrach[2] à la suite de la plainte déposée par Mahdia Ben Bella, fille du premier président algérien Ahmed Ben Bella, qui accuse Saâd Bouakba d’avoir porté atteinte à la mémoire de son père, figure majeure de l’histoire de l’État algérien. En effet, Saâd Bouakba a affirmé que les « dirigeants de la révolution avaient illégalement réparti les fonds du FLN et les avaient déposés sur leurs comptes personnels »[N 1]. Haraoui Abdelrahim, propriétaire de Vision Tv, est également poursuivi pour « diffamation des symboles de la Révolution », cependant il n'est pas incarcéré. Le ministère des Moudjahidine s'est aussi porté partie civile[9],[10].
Cette arrestation de Saâd Bouakba provoque des débats au sein de la société algérienne. Ainsi H'mida Ayachi considère que si la Révolution demeure sacrée avec ses martyrs et ses héros, il ne faut pas néanmoins occulter la vérité historique et criminaliser la recherche ou l’analyse : « Il faut soumettre l’histoire à la raison (…) Mettre en prison un journaliste de quatre-vingts ans n’est pas une solution. Cela n’aide personne, n’améliore pas l’image du pays et affaiblit la confiance du peuple dans ses institutions. ». Pour l'avocate Fetta Sadat ce dossier concerne un délit de presse, or la constitution protège la liberté d’opinion, d’expression et de la presse. Il existe là une contradiction[11],[12]. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) demande la libération du journaliste[13].
Le procés s'est tenu le , le procureur a demandé cinq ans de prison ferme pour Saâd Bouakba avec 2 millions de DA d’amende, et deux ans de prison ferme pour Abdelhalim Haraoui le directeur de la chaîne Vision TV. Par contre Mahdia Ben Bella est prête à retirer sa plainte si des excuses lui sont présentées[14]. Finalement, le tribunal le condamne à trois ans de prison avec sursis et un million de dinars d’amende. Pour sa part, le propriétaire de la Web TV Vision est condamné à un an de prison avec sursis et une amende de 500 000 DA, sa chaîne est définitivement fermée et son matériel confisqué[15].
Notes et références
Notes
- ↑ L'affaire du trésor du FLN fait référence aux différents entre le président Ahmed Ben Bella et Mohamed Khider après le congrès du FLN en avril 1964. Ahmed Ben Bella aurait essayé de récupérer les fonds que Mohamed Khider controlait. Ce dernier ayant déclaré ne pas reconnaître la légitimité de l'autorité de Ben Bella et annonçait « mettre à la disposition de l’opposition les fonds du FLN »[8],[2].
Références
- 1 2 « Algérie : un journaliste de 77 ans poursuivi pour un article satirique », sur Reporters sans Frontières, (consulté le )
- 1 2 3 Arezki Said, « En Algérie, un journaliste emprisonné sur fond d’interrogations sur le trésor de guerre du FLN », sur Jeune Afrique, (consulté le )
- ↑ « Alors qu’il est menacé de poursuites judiciaires pour sa chronique, Saâd Bouakba : « Je n’ai pas diffamé l’armée » », sur Algérie 360, (consulté le )
- ↑ « Accusé de propos haineux, le journaliste Saâd Bouakba en detention », sur Le Jeune Indépendant, (consulté le )
- ↑ « Le journaliste Saad Bouakba condamné à six mois de prison ferme », sur TSA, (consulté le )
- ↑ Yacine K., « Le journaliste Saad Bouakba condamné à un an de prison », sur Le Matin d'Algérie, (consulté le )
- ↑ Sofiane Ayache, « Le journaliste Saad Bouakba interpelé », sur Le Matin d'Algérie, (consulté le )
- ↑ Sofiane Ayache, « Le journaliste Saad Bouakba placé sous mandat de dépôt », sur Le Matin d'Algérie, (consulté le ).
- ↑ « L'accusé Saâd Bouakba placé en détention provisoire pour "atteinte aux symboles de la Révolution de libération" », sur aps.dz, (consulté le )
- ↑ Rafik Tadjer, « Incarcération du journaliste Saâd Bouakba : ce qui lui est reproché », sur TSA, (consulté le )
- ↑ « Affaire Saad Bouakba : que révèle l’incarcération du journaliste sur notre rapport à l’histoire ? », sur Le Matin d'Algérie, (consulté le ).
- ↑ « Incarcération de Bouakba : lectures juridiques sur une affaire symptomatique de la fermeture du champ des libertés », sur Le Matin d'Algérie, (consulté le ).
- ↑ « Le RCD appelle à la libération de Saad Bouakba et à la levée des scellés sur Vision TV », sur Le Matin d'Algérie, (consulté le ).
- ↑ Rafik Tadjer, « Affaire Saâd Bouakba : cinq ans de prison requis », sur TSA, (consulté le ).
- ↑ Rafik Tadjer, « Procès du journaliste Saâd Bouakba : le tribunal rend son verdict », sur TSA, (consulté le ).