Saïd Bouamama

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Saïd Bouamama, né le à Roubaix[1], est un sociologue et un militant associatif et politique de nationalité algérienne résidant en France.

Sociologue et socioéconomiste, Saïd Bouamama était jusqu'en 2018 chargé de recherche et formateur de travailleurs sociaux au sein de l'association Intervention Formation Action Recherche (IFAR) de Mons-en-Barœul, en lien avec l'école d'éducateurs spécialisés EES Lille. Il a été cofondateur avec Yvon Fotia, Jessy Cormont et Marion Dalibert de P.H.A.R.E. (Praxis Histoire Action-Recherche Éducation Populaire pour l’Égalité) pour l’Égalité, un organisme d'intervention sociologique. Il est maintenant à la retraite.

Approche sociologique

Saïd Bouamama développe une sociologie des dominations prenant pour objets les questions liées aux quartiers populaires et ouvriers, à l'immigration et la place des personnes issues de l'immigration dans la société française, les jeunesses et la citoyenneté, les différentes formes et expressions des discriminations de sexe, de « race[2] » et de classe, etc.

Il a publié plusieurs ouvrages et a contribué à de nombreuses publications collectives telles que le Dictionnaire des inégalités ou Culture coloniale.

Depuis 2015, Bouamama coanime un projet de recherche sur l'extrémisme, qui aboutit à l'organisation, en à Bobigny, d'un colloque international intitulé « Mécaniques de l'« extrémisme violent » : leçons d'une expérience et d'une logique comparative »[3]. Du fait de la présence « du sociologue controversé Said Bouamama », les représentants de l'État décident de ne pas participer au colloque[4]. Son intervention, prévue lors de ce colloque, est annulée à la suite de pressions émanant du ministère de l'Intérieur. Il est ensuite soutenu par une tribune de « 130 personnalités » publiée dans Mediapart[5].

Prises de positions et engagements politiques

Saïd Bouamama est impliqué à la fois dans des luttes syndicales et ouvrières et dans des luttes liées à l'immigration et contre le racisme. Il est affilié à la CGT, un des porte-parole du Comité des sans-papiers 59 (CSP59) et membre de la Coordination communiste, issue des anti-révisionnistes du PCF (devenue Rassemblement communiste, RC, puis Union pour la reconstruction communiste, URC)[6][source insuffisante].

Il a participé à différentes « luttes de l'immigration » et « luttes ouvrières », dès les années 1970[Quand ?], et a milité depuis le début de son engagement pour un « mouvement autonome de l'immigration[7] ».

Il a aussi participé à la Marche pour l'égalité et contre le racisme en 1983 et aux mouvements similaires dans les années qui suivent (« Convergence 1984 », « Divergence 1985 ») requalifiés en « Marche des Beurs », terme qu'il récuse au fil de ses travaux, tout comme Abdelmalek Sayad avant lui[8].

Philippe Bernard, journaliste au Monde, le présente comme un « sociologue d'extrême gauche antinationaliste et militant d'un nouveau rapport aux « différences » »[9].

Il est aussi présenté en 2005 par le journal Libération comme un soutien de l'humoriste Dieudonné[10].

Il est parmi les fondateurs et animateur du Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP)[11] créé en 2012 à la suite de deux rassemblements nationaux : le Forum social des quartiers populaires et les Rencontres nationales des luttes de l'immigration.

Il a collaboré avec des associations de lutte contre les effets de la prostitution, comme l'Amicale du Nid, avec des féministes telles que Christine Delphy, avec laquelle il a signé un appel collectif pour des « statistiques sur les discriminations racistes »[12].

Il s'engage aussi à plusieurs reprises pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah[13].

Il collabore depuis quelques années au magazine web Investig’Action, collectif fondé par Michel Collon en 2004.

Indigènes de la République

En 2005, il fait partie des auteurs et signataires de l'appel « Nous sommes les indigènes de la République » qui débouche sur la création du mouvement des Indigènes de la République. Il est membre cofondateur du MIR (Mouvement des Indigènes de la République) en 2006. Si en 2019, Ariane Bonzon, affirme qu'il est un ancien membre du parti des Indigènes créé en 2008[14], il n'en a jamais été membre pour des divergences d'analyse sur d'une part, les liens entre racisme/immigration et classes sociales[15] et d'autre part sur la question des alliances[16].

Affaire judiciaire

Plainte de l'AGRIF

À la suite d'une plainte de l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (AGRIF), Saïd Bouamama et Saïdou (Saïd Zouggagh de son vrai nom) du groupe de rap Zone d'expression populaire, sont mis en examen en pour « injures publiques envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une race ou une religion »[17] pour avoir coécrit en 2010 le livre-CD Nique la France – Devoir d’insolence.

Le , la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris les relaxe. Elle considère que les « Français blancs dits de souche » ne constituent pas un « groupe de personnes »[18]. L'AGRIF fait appel au civil, seule, le parquet acceptant la décision du tribunal.

La cour d'appel de Paris la déboute le , puis le , la Cour de cassation rejette son pourvoi en ce qui concerne Saïd Bouamama qui est donc mis définitivement hors de cause[19]. Saïd Zouggagh est lui renvoyé devant la cour d'appel de Lyon qui le , le condamne à une peine d'un euro symbolique et 3 000 euros de dédommagement à l'AGRIF. Cet arrêt de la cour d'appel de Lyon est finalement cassé sans renvoi le par la Cour de cassation qui déboute définitivement l'Agrif[20],[21],[22].

Publications

Notes et références

Liens externes

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