Scanners
film de David Cronenberg, sorti en 1981
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Scanners est un film de science-fiction horrifique canadien écrit et réalisé par David Cronenberg [1]et sorti en 1981[2].
Jennifer O'Neill
Patrick McGoohan
Lawrence Dane
Michael Ironside
Filmplan International
| Réalisation | David Cronenberg |
|---|---|
| Scénario | David Cronenberg |
| Acteurs principaux |
Stephen Lack Jennifer O'Neill Patrick McGoohan Lawrence Dane Michael Ironside |
| Sociétés de production |
Canadian Film Development Corporation Filmplan International |
| Pays de production |
|
| Genre | science-fiction horrifique |
| Durée | 97 minutes |
| Sortie | 1981 |
Série
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Il donne lieu à plusieurs suites indépendantes.
Synopsis
Dans une cafétéria, Cameron Vale, un jeune médium de 35 ans, provoque par télépathie un grave malaise chez une femme. Il est capturé par un inconnu qui le livre au docteur Paul Ruth. Il se retrouve attaché sur un lit et observé par un groupe d'inconnus.
Dans un autre lieu, un amphithéâtre, un médecin demande un volontaire pour faire une expérience. Darryl Revok, un scanner, se porte volontaire, mais par concentration, parvient à faire exploser la tête du médecin devant l'assemblée horrifiée. Revok est arrêté et on lui fait une injection d'un médicament nommé l'Ephemerol. Revok parvient à prendre le contrôle de ses ravisseurs qui se suicident. Six personnes sont tuées.
En conséquence, la société ConSec[3] cherche à regrouper les « scanners », des médiums aux pouvoirs surnaturels. Son directeur, le docteur Paul Ruth, recrute donc Cameron Vale pour détecter tous les scanners qui lui sont opposés et les anéantir[4]. Cameron va découvrir les zones obscures de cette dangereuse mission[5]. Au sein de ConSec, Revok dispose d'un informateur, Braedon Keller.
Ruth demande à Vale de prendre contact avec un scanner, Benjamin Pierce. Ancien détenu dans un hôpital psychiatrique, il a été libéré et est devenu un artiste sculpteur. Vale ne peut l'empêcher d'être assassiné par des scanners à la solde de Revok. Il mène l'enquête avec une jeune femme, Kim Obrist.
Vale découvre qu'il a été dupé par Ruth. Ce dernier a créé un laboratoire de fabrication d'Ephemerol dont Revok a pris possession. Peu après, Keller assassine le docteur Ruth qui voulait mettre fin au programme des scanners. Vale et Kim prennent la fuite. Vale, par télékinésie, détruit le laboratoire de ConSec. Il découvre que des médecins continuent de prescrire de l'Ephemerol à des femmes enceintes qui donnent ainsi naissance à des scanners. Revok fait kidnapper Vale et Kim. Il révèle à Vale qu'il est son frère et que leur père était le docteur Paul Ruth. Les frères s'engagent dans un duel télépathique qui réduit le corps de Vale en cendres. Cependant, lorsqu'Obrist rencontre Revok, elle découvre que Vale a réussi à échanger son esprit avec celui de Revok ; ce dernier mourant dans le corps du premier durant le duel .
Fiche technique
- Titre original et français : Scanners
- Réalisation et scénario : David Cronenberg
- Photographie : Mark Irwin
- Montage : Ronald Sanders
- Musique : Howard Shore
- Production : Claude Héroux
- Sociétés de production : Canadian Film Development Corporation et Filmplan International
- Société de distribution : Embassy Pictures
- Budget : 2 700 000 de dollars[6]
- Pays de production :
Canada - Langue originale : anglais
- Format : couleur - mono - 35 mm - 1.85:1
- Genre : science-fiction horrifique
- Durée : 97 minutes
- Dates de sortie :
- États-Unis :
- Canada :
- France :
- Classification :
Distribution
- Stephen Lack (VF : Jean Barney) : Cameron Vale
- Jennifer O'Neill (VF : Nadine Delanoë) : Kim Obrist
- Patrick McGoohan (VF : Jean Michaud) : Dr Paul Ruth
- Lawrence Dane : Braedon Keller
- Michael Ironside (VF : Georges Claisse) : Darryl Revok
- Robert A. Silverman (en) (VF : Sady Rebbot) : Benjamin Pierce
- Mavor Moore : Trevellyan
- Larry Perkins (VF : Pierre Hatet) : l'homme de Security One qui escorte Revok (crédité Lee Broker)
- Adam Ludwig (VF : Jacques Ebner) : Arno Crostic
- Louis Del Grande (en) (VF : Claude Rollet) : le scanner tué dans l'amphithéâtre
Production
Le tournage a principalement lieu à Montréal au Québec et à Toronto en Ontario[8].
David Cronenberg a qualifié le film comme étant le plus frustrant de toute sa carrière[9]. La production a été précipitée : le tournage a dû commencer sans scénario finalisé et s'achever en deux mois environ afin que le financement soit déductible des impôts, obligeant Cronenberg à écrire et à tourner simultanément. Cronenberg a également évoqué des difficultés et des tensions entre les acteurs principaux, notamment Patrick McGoohan et Jennifer O'Neill.
Accueil
Le film a connu un certain succès commercial[10], rapportant environ 14 225 000 de dollars au box-office en Amérique du Nord pour un budget de 2 700 000 de dollars[11]. En France, il a réalisé 598 339 entrées[6].
Il a reçu un accueil critique favorable, recueillant 76 % de critiques positives, avec une note moyenne de 6,8/10 et sur la base de 25 critiques collectées, sur le site agrégateur de critiques Rotten Tomatoes[12].
Distinctions
Récompenses
- Saturn Awards 1981 : meilleur film international
- Fantasporto 1983 : meilleur film pour David Cronenberg
Nominations
- Saturn Awards 1981 : meilleur maquillage pour Gary Zeller
- Prix Génie 1982 : meilleur film, meilleur acteur dans un second rôle pour Michael Ironside, meilleur réalisateur pour David Cronenberg, meilleur scénario pour David Cronenberg, meilleure direction artistique pour Carol Spier, meilleurs costumes pour Delphine White, meilleur montage sonore pour Ronald Sanders et meilleur son pour Peter Burgess
Analyse
Scanners exploite une des thématiques préférées de David Cronenberg, la rencontre entre le médical et l'horrible. Comme à l'accoutumée chez le réalisateur canadien, un sentiment d'étrangeté traverse le film. Qu'il s'agisse de la séquence fameuse de la tête qui explose, ou d'autres, plus anodines, Cronenberg reste fidèle à ce qu'il va renouveler plus tard dans La Mouche, ou dans eXistenZ. C’est-à-dire que le corps humain n'est qu'un tas de chair difforme avec lequel il est intéressant de s'amuser, de rêver et surtout de faire des cauchemars. Une des scènes clés est celle du musée d'art contemporain où sont exposées les œuvres d'un de ces êtres génétiquement modifiés que sont les Scanners, véritable musée des horreurs.
Les Scanners en eux-mêmes sont présentés comme des erreurs de la nature, biologiquement modifiées par un médicament (l'Ephemerol) qui avait pour but d'apaiser les contractions dues aux grossesses des mères américaines des années 1950 — on pourra y voir une référence à des médicaments tératogènes réels comme la thalidomide ou le Distilbène. Le médicament échoue et transforme les fœtus en des êtres capables de télépathie et de télékinésie. La première génération, le héros, Cameron Vale, et son pendant méchant, Darryl Revok, sont en réalité les fils de l'inventeur du médicament, le Dr Paul Ruth. Une scène particulièrement étrange est celle où Cameron et Kim Obrist (Jennifer O'Neil) se rendent chez un médecin qui administre encore l'Ephemerol à ses patientes. Cameron laisse Kim dans la salle d'attente pendant qu'il part interroger le médecin. À côté d'elle, une femme enceinte lit un journal, et Kim a l'impression de se faire « scanner » par le fœtus lui-même.
Cette dernière scène, qui précède le duel final entre les deux frères monstrueux, est révélatrice de l'intérêt que porte David Cronenberg pour ce qui peut paraître grotesque dans la nature humaine, c’est-à-dire dans sa conception et son essence même. La tête du savant explose devant une assemblée de scientifiques dans un amphithéâtre de style très contemporain. Depuis une simple cabine téléphonique, Cameron est capable d'accéder à l'ordinateur de ConSec (la société qui met au point les Scanners) pour y dérober le nom des médecins qui distribuent l'Ephemerol. La fin de la scène se termine par l'explosion de la salle de l'ordinateur et la mort de tous ceux qui s'y trouvent.
Chaque fois, le film montre qu'un être humain légèrement amélioré, si l'on peut dire, bouleverse toute une société basée sur le confort hypermoderne et consumériste. L'élégance du centre commercial où Cameron se fait capturer en témoigne, de même que les locaux de ConSec ou le bureau de Darryl Revok à la fin. Toutes les séquences de télépathie ne se produisent pas comme une révélation (comme ce sera le cas dans Dead Zone en 1983) mais comme une expulsion psychique de colère et de plaisir. Et au centre de l'organigramme, on retrouve le père Patrick McGoohan à la fois père des deux rivaux (Cameron et Darryl) mais également faux démiurge, parce que responsable de la difformité de ses fils, et donc haï par l'un d'eux.
Suites et spin-off
Le film connait deux suites sorties directement en vidéo :
- 1991 : Scanners 2 : La Nouvelle Génération de Christian Duguay
- 1991 : Scanners 3 : Puissance maximum de Christian Duguay
Par ailleurs, deux films dérivés sont produits :
- 1994 : Scanner Cop de Pierre David
- 1995 : Scanners: The Showdown de Steve Barnett

