Schieweschlawe

fête traditionnelle germanique d'origine païenne From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Schieweschlawe (ou Schiewackefier) « lancer de disque » est une fête païenne[réf. nécessaire] solaire d'équinoxe de printemps, pratiquée actuellement dans le Nord de l'Alsace dans plusieurs villages (Offwiller, Wintzenheim-Kochersberg, Dieffenthal, etc.), traditionnellement le premier dimanche après Mardi Gras[1], mais aussi dans le Sud de l'Allemagne sous le nom de Scheibenschlagen et en Suisse alémanique sous l'appellation Schiibeschlage ou Schiibaschlaha. On la retrouve aussi proche de la frontière suisse, dans le Sundgau, sous le nom de Schiebeschlàga, à Neuwiller ou encore Magstatt-le-Bas, et Schiewaschlàga à Guevenatten. Il était aussi pratiqué jusque dans les années 1950 en Lorraine francique à Lutzelbourg, Walscheid, Grand-Soldat et Bitche[2]. La tradition existait également en Lorraine romane sous le nom de Lè Chîb, signifiant « la disque » en lorrain, et ce célèbrait le dimanche des bures (bûchers) et des brandons (torches)[3].

Autre(s) nom(s)Scheibenschlagen
Schiibeschlage
Schiewackefier
Fête du lancer de disque
SignificationCélébration de l'équinoxe de printemps.
Faits en bref Autre(s) nom(s), Observé par ...
Schieweschlawe
Le Scheibenschlagen à Zams, dans le Tyrol en 2008.
Le Scheibenschlagen à Zams, dans le Tyrol en 2008.

Autre(s) nom(s) Scheibenschlagen
Schiibeschlage
Schiewackefier
Fête du lancer de disque
Observé par Alsace, Allemagne, Suisse, Autriche, Italie
Type Fête païenne
Signification Célébration de l'équinoxe de printemps.
Date entre février et avril
Fermer

Cette fête se déroule dans le petit village de Dieffenthal sur la route du vin, dans le lieu appelé Rocher de celtes sur les hauteurs du village. Mais également dans le Kochersberg, sur les hauteurs de Wintzenheim-Kochersberg, le samedi, depuis 2025, permettant aux familles de rester plus tard dans la soirée.

Origine

Le document le plus ancien date du mais ses origines seraient (?) plus anciennes puisqu’un capitulaire de Charlemagne de 742[4] interdisait déjà de tels feux en raison des dangers qu’ils présentaient pour les habitations[5].

Aujourd'hui

Les disques utilisés pour la fête.

Au bout d'une baguette flexible de châtaignier, on fixe un petit disque en bois de hêtre de 10 cm de diamètre percé d'un trou central. Le disque est plongé dans les braises d'un bûcher. Lorsque les bords amincis commencent à brûler, on le retire. Le lanceur se dirige vers une pierre ou une planche plate inclinée vers la vallée, décrit plusieurs moulinets en l'air puis frappe le disque sur le tremplin. La rondelle de bois se détache et décrit une trajectoire lumineuse dans le ciel.

La croyance ancienne pensait chasser par le feu les mauvais esprits des ténèbres et s'attirer la prospérité pour la saison à venir. Le disque symbolise le soleil.

Dans la littérature

Erckman-Chatrian nous livre un témoignage de cette pratique dans la Haute-Vallée de la Sarre rouge au XIXe siècle dans Histoire d'un sous-maître publié en 1861.

« Pendant le Carnaval, au cœur de l'hiver, on célèbre dans ces montagnes ce qu'on pourrait nommer la fête des mauvaises langues. C'est une bien vieille coutume, et qui se renouvelle tous les ans. Quelques jours après l'épiphanie, un soir, les garçons du village se rendent sur la roche la plus élevée de la côte, au milieu des bois, qui s'appelle « la roche des Chibés* ». Ils y font un grand feu de ronces et de bruyères. Les garçons jettent dans le feu des rondelles de bois large de six à huit pouces, percées d'un trou par le milieu; quand ces rondelles flambent, ils passent la rondelle dans le trou la pointe d'une perche; et après l'avoir fait tourbillonner, ils la lancent de toutes leurs forces dans les airs; et pendant qu'elle file comme une étoile, traçant une grande courbe au-dessus des vieux chênes, ils crient d'une voix traînante « Chibé !... Chibé !... »

 Erckmann-Chatrian, Histoire d'un sous-maître (1861)

* La roche des Chibés fait vraisemblablement référence au Schiewefelse (litt. « rocher des Schiewe ») près du Grand-Soldat, hameau natal d'Alexandre Chatrian[2].

Notes et références

Lien externe

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