Schirrhoffen
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| Schirrhoffen | |
Blason |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Collectivité territoriale | Collectivité européenne d'Alsace |
| Circonscription départementale | Bas-Rhin |
| Arrondissement | Haguenau-Wissembourg |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération de Haguenau |
| Maire Mandat |
Christine Heitz 2020-2026 |
| Code postal | 67240 |
| Code commune | 67450 |
| Démographie | |
| Population municipale |
838 hab. (2023 |
| Densité | 1 330 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 48′ 25″ nord, 7° 55′ 22″ est |
| Altitude | Min. 119 m Max. 138 m |
| Superficie | 0,63 km2 |
| Type | Bourg rural |
| Unité urbaine | Schirrhein (banlieue) |
| Aire d'attraction | Haguenau (commune de la couronne) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Bischwiller |
| Législatives | Huitième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | schirrhoffen.fr |
| modifier |
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Schirrhoffen [ʃiʁofən] est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
Localisation
Communes limitrophes
Hydrographie
Réseau hydrographique
La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau le Fallgraben et le ruisseau l'Eisenbaechel[1],[Carte 1].
Le Fallgraben, d'une longueur de 14 km, prend sa source dans la commune de Oberhoffen-sur-Moder et se jette dans l'Eberbach à Soufflenheim, après avoir traversé cinq communes[2].

Gestion et qualité des eaux
Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur 3 596 km2. Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est[3].
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité[Carte 2].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[4]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[5]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[6] et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à 30 jours)[7]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[8],[9].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,8 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 832 mm, avec 10,6 jours de précipitations en janvier et 1 jours en juillet[4]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Preuschdorf à 18 km à vol d'oiseau[10], est de 11,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 834,2 mm[11],[12]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,8 °C, atteinte le ; la température minimale est de −19,9 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
Typologie
Au , Schirrhoffen est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[13]. Elle appartient à l'unité urbaine de Schirrhein[Note 3], une agglomération intra-départementale regroupant deux communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 4],[14],[15]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Haguenau, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[15]. Cette aire, qui regroupe 34 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[16],[17].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (50,8 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (45,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (50,8 %), zones agricoles hétérogènes (34,4 %), forêts (13 %), terres arables (1,9 %)[18]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Transports en commun
La commune de Schirrhoffen est intégrée depuis le au réseau Ritmo de la Communauté d'agglomération de Haguenau[19]. Elle est desservie par :
- H La ligne H, reliant la commune au lycée Heinrich-Nessel de Haguenau, via Bischwiller et Marienthal, qui dessert 2 arrêts dans la commune. Bien qu’étant une ligne à vocation scolaire, elle est ouverte à tout public.
- Le Flexi'Ritmo, un service de transport à la demande, permettant de se rendre aux deux arrêts desservis par la ligne H en-dehors de ses horaires de circulation.
Toponymie
La mention la plus ancienne connue du village daterait de 1294 dans un texte conservé aux archives de Karlsruhe. La commune y est dénommée Schüre. En 1347, apparaît une forme proche de l'actuelle : Schürhof. Cette forme va progressivement évoluer jusqu'à donner la forme officielle d'aujourd'hui Schirrhoffen et Schirhoft en dialecte local. Cependant, au cours du XVIIIème siècle, le village est également appelé Ziegelhof . Les différentes appellations connues sont[20] :
- Schüre, 1294
- Schürhof, en 1347
- Schierhoft, en 1659
- Schierhof, 1756
- Ziegelhof, dans certains textes du XVIIIème siècle
- Scheuerhof, en 1790
- Schirrhoffen, depuis 1791. Schirhoft en dialecte local.
Le toponyme est formé de deux étymons : "Schür/Schir/Scheuer", qui signifie "Grange/hangar", et "hof/hoft" qui désigne "le domaine" dans les dialectes vieux haut allemands. Le nom du village signifie donc "la grange du domaine". Le domaine dont il est question est le domaine seigneuriale qu'était Schirrhoffen jusqu'à la révolution française[21].
Histoire
L'histoire de Schirrhoffen est indissociable de celle de Schirrhein, les deux villages n'en formant qu'un seul au départ. Ils partagent la même origine historique. C'est au XIVème que le domaine du village originel est séparé en deux parties.
Préhistoire
Les premières traces d'occupation des environs du domaine datent du Néolithique, comme l'attestent les haches de pierre et autres ustensiles en terre cuite découverts sur la zone. Ces objets sont datés de -5000 à -2200 avant JC et appartiennent à la culture de la céramique cordée.
Antiquité
L'âge du bronze
D'après les fouilles réalisées par Maximilien Ring et Xavier Nessel[22] au XIXème siècle, le site est plus densément peuplé à partir de l'âge du bronze vers 2200 av. J.-C. Les nombreux tumulus présents dans la forêt environnante attestent une présence humaine continue. À cette époque, des huttes se dressaient probablement sur le rebord de la terrasse formant déjà un véritable village. Des activités agricoles telles que l'élevage, sont pratiquées dans les prairies environnantes. Les objets retrouvés sont le plus souvent typiques de la culture campaniforme.
L'âge du fer et l'époque celtique
Vers 750 av.JC commence l'âge du fer avec la période dite de Hallstatt. La population qui occupe alors le site est les Celtes. Comme leurs prédécesseurs, ils enterrent leur morts sous des tumulus, mais ceux-ci sont bien plus grands. Mais, contrairement à eux, les Celtes pratiquent d'avantage l'agriculture que l'élevage. Ils travaillent abondamment le fer, comme l'attestent les scories découvertes aux abords de l'Eisenbächel et les nombreux objets (fibules, bracelets, armes...) retrouvés dans les tertres[23].
L'Antiquité Romaine
En 56 av. J.-C., commence la conquête de la Gaule par les Romains. Une fois le territoire romanisé, le site sera traversé par plusieurs routes dont la plus importante reliait Brumath (Brocomagus) à Seltz (Saletio). De rares vestiges de ces antiques voies sont encore existants dans la forêt de Haguenau. À cette époque, il existait sur le territoire de Schirrhein-Schirrhoffen ce que l'on pourrait assimiler aujourd'hui à une aire de repos pour les armées romaines. Elle se situait aux abords du ruisseau de l'Eïsenbächel et était constituée d'une auberge, d'écuries, d'une ferme et de quelques habitations d'après les fouilles réalisées par Xavier Nessel, puis F.Abert et Archéologie Alsace au lieu dit "Alte Keller". Les fouilles réalisées en 2016 et 2018 attestent également de la présence d'un site funéraire[24] gallo-romain. L'aire fut détruite à la fin de l'Antiquité à la suite du passage des Huns et des Alamans lors des Grandes Invasions.
Le Moyen-âge
Après les grandes invasions, le site tombe peu à peu dans l'oubli. La première mention certaine du territoire apparait en 1257 sous l'appellation "Rieth" et désigne alors le territoire formé par les actuels bans communaux de Schirrhoffen et Schirrhein. Selon toute vraisemblance, il n'était alors pas habité. En 1294, des bâtiments sont probablement présents, puisque le site est alors appelé "Schüre", c'est à dire "les granges/les hangars". Le domaine appartient à la ville de Haguenau.
La naissance de la seigneurie de Schirrhoffen
Au début du XIVème siècle, le domaine originel a été scindé en deux parties : le Schürrieth, qui deviendra la commune de Schirrhein, et le Schürhof, qui est Schirrhoffen. Cette partie appartenait alors à la famille Dotzler, famille noble qui occupait l'aile Ouest du château impérial de Haguenau comme l'atteste un texte de 1347. Ce sont les Hohenstaufen, seigneurs de Haguenau, qui leur avaient attribué cette partie du domaine. La séparation des deux communes de Schirrhein et Schirrhoffen date donc de cette époque.
En 1391, le domaine du Schürhof, ses terres et 500 fauchées de prés, fut attribué à Claus Rosenbaum. La famille Rosenbaum était une famille patricienne de Haguenau. Claus Rosenbaum mourut sans laisser d'enfants. Le fief passa alors à sa sœur Catherine, épouse de Billung zu der Mägde, et ensuite à ses descendants, les Eschenau.
La Renaissance et les temps modernes
En 1429, Wendling von Eschenau fut investi du domaine par une patente impériale. Après la mort du dernier des Eschenau, en 1561, le domaine du Schürhof fut attribué aux deux secrétaires de la chancellerie, Wolgang Haller et Georges Knod, chacun pour moitié. À partir de 1593, les Niedheimer prirent possession du Schürhof. Ils allaient jouer un rôle important dans l'histoire de Schirrhoffen et de Schirrhein. Grâce à leurs relations et interventions, les deux communes échappèrent à une destruction quasi certaine pendant la guerre de Trente Ans. Les maîtres successifs du Schürhof furent Jean-Jacques Niedheimer de 1593 à 1609, Jean-Philippe Niedheimer de 1609 à 1659, Jean-Nicolas Niedheimer de 1659 à 1687, Jean-Christophe Niedheimer de 1687 à 1693, et Jean-Frédéric Niedheimer de 1693 à 1750. Avec lui s'éteignit la lignée des Niedheimer.
C'est François-Antoine-Ferdinand Warstatt qui fut investi de la seigneurie du Schürhof. Il s'occupa de son domaine jusqu'à la Révolution française. Au début de la Révolution, il était le commandant de la garde nationale de Schirrhoffen. En 1793, lorsque les Autrichiens battirent en retraite, il quitta le pays et se retira à Bühl dans le Pays de Bade. Ses biens furent confisqués et vendus aux enchères.
La communauté juive de Schirrhoffen
Au XIXe siècle, Schirrhoffen abritait l'une des plus importantes communautés juives rurales du Bas-Rhin. Chose rare et en même temps unique en Alsace, les juifs étaient largement majoritaires dans le village. En 1841, 71 % de la population de Schirrhoffen était juive. Mais à la suite de l'émigration des juifs, seuls 38 juifs vivent encore à Schirrhoffen en 1936. Les trois quarts d'entre eux disparaissent dans les camps de la mort nazis et seules deux personnes reviennent vivre à Schirrhoffen après la guerre. Cette communauté a donc aujourd'hui complètement disparu. Les seuls témoins de l'existence de cette communauté sont l'école et le cimetière.
La synagogue
En 1817, la communauté juive de Schirrhoffen obtint l'autorisation de construire une synagogue. Cette synagogue fut inaugurée le samedi précédant le nouvel an juif en 1818, sous la protection de l'armée dépêchée pour éviter les troubles antijuifs. La synagogue fut bombardée et incendiée lors des combats de la libération en 1945. Il ne restait plus que des murs calcinés et il n'était plus question de la reconstruire.
L'école juive
Dès la fin du XVIIIe siècle, une école juive fonctionna à Schirrhoffen. C'était une école privée. En 1844, la communauté israélite fit construire une école. Schirrhoffen fut administrée dès 1844 par une majorité d'élus juifs vu leur forte implantation dans la commune. Pendant plus d'un demi-siècle, la municipalité fut dirigée par des maires juifs : 1844 à 1864 par Raphaël Lévy, 1865 à 1871 par Léon Weill, 1872 à 1881 par Abraham Weill, 1882 à 1905 par Simon Heymann, 1905 à 1907 par Salomon Kahn.
Le cimetière juif
Le fut érigé un cimetière juif à Schirrhoffen. Ce cimetière existe encore de nos jours, bien qu'il ne réside plus de juifs à Schirrhoffen.
Schirrhoffen aujourd'hui
Au centre du village, sur une butte de la terrasse qui borde le Ried, s'élève l'ancien château, autour duquel le village s'est développé.
Schirrhoffen a été sinistrée à 49 % à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Politique et administration
Liste des maires
Population et société
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[26].
En 2023, la commune comptait 838 habitants[Note 6], en évolution de +20,75 % par rapport à 2017 (Bas-Rhin : +3,4 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Enseignement
Culture
- une bibliothèque intercommunale créée en 1994 proposant 10 000 livres environ et bénéficiant de services de la Bibliothèque départementale du Bas-Rhin[29] ;
