Scofield Thayer
poète américain
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Scofield Thayer (1889-1982), est un éditeur, poète, et philanthrope américain. Patron de The Dial (1918-1929), une partie de sa vaste collection d'objets d'art à rejoint le Metropolitan Museum of Art.
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Edward Davis Thayer, Jr. (d) |
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Elaine Orr (d) |
Biographie
Origines et éducation
Scofield Thayer naît à Worcester, dans le Massachusetts, le 12 décembre 1889, de Edward D. Thayer et de Florence Scofield. Les Thayer sont une famille influente et fortunée du Massachusetts. Le père de Scofield est propriétaire de plusieurs filatures de laine de la région, investisseur fondateur de la Crompton & Thayer Loom Company et administrateur de la Worcester Trust Company. L'oncle de Scofield, Ernest Thayer, est écrivain et poète, auteur du célèbre poème Casey at the Bat: A Ballad of the Republic, Sung in the Year 1888[1].
Thayer devient étudiant à l'université Harvard. Ses années à Harvard sont déterminantes pour sa formation ; il est notamment rédacteur du Harvard Monthly. Durant cette période, il rencontre également de nombreux autres futurs jeunes poètes et écrivains, parmi lesquels E. E. Cummings, Alan Seeger, Lincoln MacVeagh, Arthur Wilson (dit Winslow Wilson) et Gilbert Seldes. Un grand dortoir pour les étudiants de première année à Harvard, porte le nom de la famille Thayer. Scofield obtient son diplôme de Harvard en 1913. Après Harvard, il part pour Oxford afin d'y poursuivre des études supérieures, en même temps que T. S. Eliot, avec lequel il se lie d'amitié[2].
Après l'Angleterre et un séjour à Paris, il revient aux États-Unis du fait de la guerre. Thayer épouse Elaine Orr le 21 juin 1916. Il commande à son ami Cummings un poème en guise de cadeau de mariage, ce sera Epithalamion. L'union sera cependant de courte durée, et Thayer, peu après, s'installe seul dans son propre appartement. En 1919, Elaine entretient une liaison avec Cummings, et donne naissance à leur fille, Nancy, en décembre de la même année. Le divorce entre elle et Thayer est prononcé dans la foulée[3].
Carrière littéraire
L'implication de Thayer dans The Dial débute en avril 1918 lorsqu'il acquiert pour la somme de 600 dollars d'actions dans la société éditrice du magazine qui connaissait alors de graves difficultés financières. Fin 1919, Thayer et son ancien camarade de Harvard, James Sibley Watson, rachètent 100 % des actions de The Dial à ses propriétaires, dont Martyn Johnson. Watson devient président du magazine tandis que Thayer en prend la direction éditoriale. Thayer est également secondé par un autre ancien de Harvard, le futur dramaturge Merrill Rogers (en) (1892-1964), et avec lui, entreprend une restructuration complète du magazine. La nouvelle équipe publie le premier numéro de Dial en janvier 1920, qui ouvre ses colonnes aux écrivains et artistes modernistes[4].
En juillet 1921, Thayer retourne en Europe. Il s'installe à Vienne et, bien qu'il y restât plus de deux ans, il continua de diriger les opérations de The Dial. Durant son séjour, il sollicite des financements auprès de plusieurs investisseurs européens et envoie régulièrement des instructions concernant la mise en page et le contenu aux bureaux du magazine à New York[4]. À Vienne, il entreprend auprès de Sigmund Freud une analyse et rencontre Hermann Bahr et Arthur Schnitzler[5].
En 1923, Gaston Lachaise exécute son buste (The MET)[6].
Retrait et fin de vie
Au milieu des années 1920, Thayer commence à souffrir de plusieurs crises de démence et progressivement sa santé mentale se détériore. Il démissionne de son poste de rédacteur en chef de The Dial en juin 1926 et passe le reste de sa vie auprès de sa famille, dans divers établissements et sanatoriums. On lui diagnostique une schizophrénie paranoïde. Watson poursuit seul la collaboration avec la nouvelle rédactrice en chef Marianne Moore, jusqu'en juillet 1929, date du dernier numéro du magazine.
Thayer est un temps interné en 1937, un an après le décès de sa mère.
Il vit ensuite de façon recluse, entouré de domestiques et de médecins, voyageant entre ses diverses propriétés, tantôt aux Bermudes, en Floride, ou à Boston, ainsi que dans sa maison familiale située à Martha's Vineyard.
Il meurt le 9 juillet 1982 à l'âge de 93 ans à Edgartown, Massachusetts, laissant un legs de 400 objets de sa collection d'art au Metropolitan Museum of Art[7]. Il fait également don de sa collection de dessins d'Aubrey Beardsley au Fogg Art Museum[8].