Selami Yurdan

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Selami Yurdan, né en 1966 à Patnos (Ağrı) et mort le près de Travnik en Bosnie-Herzégovine, est un combattant volontaire kurde.

Décès
Près de Travnik, Bosnie-Herzégovine
Mort au combat
OrigineKurde
Faits en bref Naissance, Décès ...
Selami Yurdan
Naissance
Patnos, Ağrı (Turquie)
Décès
Près de Travnik, Bosnie-Herzégovine
Mort au combat
Origine Kurde
Allégeance Armée de la république de Bosnie-Herzégovine (volontaire)
Arme Infanterie
Unité Unité de volontaires étrangers
Grade Volontaire (Moudjahidine)
Conflits Première guerre du Haut-Karabagh
Guerre de Bosnie-Herzégovine
Faits d'armes Considéré comme le premier volontaire de Turquie tué en Bosnie
Autres fonctions Cordonnier (civil)
Famille Ferman Yurdan (père)
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Il est connu pour être l'un des premiers volontaires venus de Turquie à avoir perdu la vie lors de la guerre de Bosnie[1]. Comme de nombreux combattants kurdes, il est fréquemment désigné comme « turc » dans les sources médiatiques, une appellation faisant référence à sa citoyenneté et non à son origine ethnique.

Biographie

Enfance et jeunesse

Selami Yurdan naît en 1966 à Patnos, une ville située dans l'est de la Turquie. Il est issu d'une famille d'origine kurde venant du village de Yako, dans la province de Bitlis. Il effectue son école primaire à Patnos avant que sa famille ne déménage à Istanbul en 1978, alors qu'il est âgé de 12 ans[2].

Installé dans le district de Fatih, il exerce le métier de cordonnier durant sa jeunesse. Il fréquente assidûment la mosquée Sohta Sinan et participe à plusieurs manifestations sur la place Beyazıt pour défendre des causes religieuses[2].

Engagement militant

Dans les années 1980, il tente de rejoindre l'Afghanistan pour combattre l'invasion soviétique. Toutefois, selon certaines sources biographiques, il ne parvient pas à participer directement aux combats sur le long terme, contrairement à ce que d'autres témoignages familiaux ont pu suggérer[2],[3].

Après son service militaire en Turquie, il se rend en 1992 en Azerbaïdjan pour soutenir les forces azerbaïdjanaises dans le Première guerre du Haut-Karabagh.

Guerre de Bosnie

Au début de la guerre de Bosnie en 1992, Yurdan décide de partir pour les Balkans. Pour quitter la Turquie sans alarmer ses proches, il prétexte un voyage d'affaires en Macédoine[3].

Son itinéraire vers le front est complexe : accompagné de quelques amis, il transite par la Macédoine et l'Albanie, avant de prendre un bateau pour Split en Croatie. De là, il parvient à pénétrer en territoire bosnien[2]. Il intègre alors des unités de volontaires étrangers (moudjahidines) venus soutenir l'Armée de la République de Bosnie-Herzégovine.

Décès

Le , son unité participe à une opération militaire dans la région montagneuse de Karaula, près de Travnik, avec pour objectif d'ouvrir un corridor vers Sarajevo assiégée.

Au cours des affrontements, Selami Yurdan est mortellement blessé par une balle qui l'atteint à l'abdomen[2]. Il est inhumé sur place, à Travnik, aux côtés d'autres combattants étrangers.

Héritage et commémorations

Sa mort est vécue comme un événement marquant par une partie de la communauté religieuse en Turquie. L'Union des écrivains de Turquie (Türkiye Yazarlar Birliği) a documenté son parcours, le décrivant comme une figure emblématique de la jeunesse militante de cette époque[4].

Conformément à ses dernières volontés, une prière funéraire par contumace (gıyabi cenaze namazı) est organisée à la Mosquée Beyazıt d'Istanbul après l'annonce de son décès. Cet événement rassemble une foule nombreuse et son père, Ferman Yurdan, y prononce un discours qui marquera les esprits[3]. Bien qu'il soit d'origine kurde, il est souvent commémoré dans les discours nationalistes comme le « premier martyr turc » de Bosnie, illustrant l'assimilation fréquente des minorités ethniques dans la rhétorique étatique turque.

Articles connexes

Notes et références

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