Selina Asenjo Fueyo est née à La Felguera en 1910, au sein d'une famille liée à la politique. Son père, Manuel Asenjo Sampedro, était mineur et avait été l'un des fondateurs du Groupement Socialiste de La Felguera. Selina avait quatre soeurs: Amada, Delfina, Maruja et Libertad. Encore adolescente, Selina a adhéré aux Jeunesses Socialistes de Sama où elle a manifesté sa capacité oratoire et son activisme. Elle a été la principale initiatrice de la création d'un syndicat pour les couturières qui s'est concrétisé pendant la Seconde République. Le syndicat, appelé Sociedad La Aguja de Sama était présidé par sa soeur cadette, Delfina Asenjo[1].
Pendant la Révolution d'Octobre 1934 elle a été arrêtée et emprisonnée pendant quinze jours. Une fois remise en liberté elle a poursuivi son travail de propagande en participant à des réunions clandestines. Elle s'est aussi occupée, avec d'autres femmes, de soutenir les prisonniers de la révolution. Selina s'est mariée avec Manuel González Peña, natif d'Ablaña, à Mieres, qui a lui aussi participé activement à la Révolution d'Octobre. Après le triomphe du Front Populaire en février 1936, les soeurs Asenjo Fueyo ont repris leur travail syndical et politique qu'elles ont développé aussi pendant la guerre, après le Coup d'Etat du 18 juillet 1936. Quinze mois plus tard, le 21 octobre 1937, suite à la chute des Asturies, Selina et ses soeurs embarquent depuis Gijón vers l'exil[2].
La famille s'est installée en Catalogne et, à la demande du dirigeant socialiste José Barreiro, connu comme l'instituteur de Sama, les soeurs se sont impliquées dans l'organisation du Groupement de Socialistes Asturiens (ASA). Selina s'est chargé en outre de diriger un atelier de confection, où ont aussi travaillé ses soeurs[3]. Il était situé sur le Passeig de Gracia de Barcelone et fournissait un emploi aux filles et aux épouses des morts, disparus et prisonniers de la guerre. Il travaillait à la confection d'uniformes militaires, ainsi que de vêtements pour homme et femme, mais aussi de vêtements pour enfants qui étaient envoyés aux enfants des colonies des environs de Barcelone. Le travail à l'atelier s'est poursuivi jusqu'au 24 janvier 1939, lorsque la Catalogne est tombée aux mains des troupes franquistes[4].
Pendant son exil en France Selina Asenjo Fueyo a travaillé dans une usine de masques à gaz pour l'armée allemande et dans un atelier de couture[5]. Elle a habité à Orléans où elle a connu celui qui serait son mari, Servilio Flórez. Avec lui elle a participé à la constitution des sections locales du syndicat UGT et du PSOE[6]. Elle a été déléguée suppléante au IIIe Congrès du PSOE en exil qui s'est tenu à Toulouse en 1948. En 1951 elle a émigré en Argentine. Elle s'est établie à Buenos Aires où avec son mari elle a géré un atelier de confection de sous-vêtements pour femme. Elle a adhéré aux organisations socialistes en exil, auxquelles elle a appartenu jusqu'à son décès en juillet 2006[7],[3],[4],[8].