Service de sécurité d'État de Géorgie
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| Service de sécurité d'État | ||||||||
![]() Sceau. |
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| Création | ||||||||
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| Siège | Tbilissi | |||||||
| Budget annuel | 137,5 millions laris (2020) | |||||||
| Direction | Mamouka Mdinaradze (directeur) | |||||||
| Site web | SSG.gov.ge | |||||||
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Le Service de sécurité d'État de Géorgie (SUS ou SSSG ; en géorgien : სახელმწიფო უსაფრთხოების სამსახური) est une agence d'État de la république de Géorgie, qui est chargée de nombreuses missions visant à préserver la sécurité nationale, conformément à la loi de l'État.
Ses missions sont de protéger l'ordre constitutionnel, la souveraineté, l'intégrité territoriale et le potentiel militaire de la Géorgie contre les actes illégaux des services spéciaux et des individus de pays étrangers et d'empêcher les changements d'ordre et d'autorité étatiques violents et inconstitutionnels. Il s'agit en outre d'assurer la sécurité économique et de lutter contre le terrorisme aux niveaux national et international, la criminalité transnationale organisée et la criminalité internationale, ainsi que de prendre des mesures de prévention, de détection et de répression de la corruption. Il est également responsable de la protection des secrets d'État.
L'agence est théoriquement indépendante depuis 2015 ; elle était auparavant une branche subordonnée du ministère des Affaires intérieures de Géorgie[1],[2]. Cependant, elle devient un instrument de la répression politique exercée par le parti Rêve géorgien.
Débuts et indépendance du ministère des Affaires intérieures
Ayant ses racines dans l'Union soviétique des années 1940, le service de sécurité de l'État est à l'origine le ministère de la Sécurité d'État de la RSS de Géorgie et a été réformé à plusieurs reprises et fusionné avec le ministère de l'Intérieur au cours de plusieurs décennies avant que les deux ministères ne fusionnent finalement en 2003. Avant la déclaration d'indépendance de la Géorgie en 1991, la République avait sa propre agence républicaine de renseignement sur la base du Comité pour la sécurité de l'État (KGB), remarquable en partie parce que le KGB géorgien était considéré par le la direction du parti pour être la plus efficace des branches régionales du KGB. Le KGB géorgien était sous la direction notable de 30 ans d'Aleksi Inaouri et de Guivi Goumbaridzé[3].
Jusqu'en 2015, l'Agence de sécurité de l'État fait partie intégrante du ministère des Affaires intérieures[2] et de sa principale composante de renseignement et de contre-espionnage. Dans la lutte contre le terrorisme, cependant, la Géorgie ne disposait pas d'une force coordonnée uniforme, car de nombreuses unités chargées de l'application de la loi et des agences gouvernementales revendiquaient la lutte contre le terrorisme comme leur domaine de responsabilité, alors qu'une unité antiterroriste spécialisée et désignée existait déjà depuis de nombreuses années. Afin d'unifier les efforts de toutes les institutions, un mécanisme interinstitutions est mis en place en 2014 qui fonctionne comme un groupe de travail conjoint subordonné à un conseil de gestion de crise en cas d'attaques terroristes majeures[4]. Néanmoins, en raison de la menace croissante du terrorisme international, le gouvernement géorgien décide de refaire du Service de sécurité de l'État un organisme distinct et indépendant et de le charger de missions et d'activités prioritaires en matière de lutte contre le terrorisme. Pour cette tâche, l'unité antiterroriste d'élite y est intégrée pour toutes les mesures opérationnelles.
Absorption du Service de renseignement de Géorgie
En mai 2025, le Parlement contesté de Géorgie adopte un paquet de lois prévoyant notamment la fusion du Service de renseignement de Géorgie et du Service de sécurité d'État de Géorgie (SSSG). À son entrée en vigueur le , le SSSG absorbe le GIS qui devient une de ses branches subordonnées, sous le nom d'Agence nationale de renseignement[5].
L'objectif affiché de la réforme est d'améliorer l'efficacité et de rationaliser les missions des deux services, qui seraient « étroitement liées ». Cependant, le placement du GIS sous la tutelle du SSSG, fortement contrôlé par le parti au pouvoir Rêve géorgien, laisse craindre aux experts et à l'opposition que les moyens soient alloués uniquement à la surveillance de l'opposition et des menaces internes, en délaissant la protection contre les menaces extérieures, au premier rang desquelles la Russie. Selon un militant d'opposition, la loi vise à « protéger le régime plutôt que la Géorgie »[5].
Irakli Beraia, ancien directeur du GIS, devient le chef de l'Agence nationale de renseignement et l'un des adjoints du directeur du SSSG (alors Anri Okhanachvili)[5].
Instrumentalisation politique du service
Au cours des années 2020 et en particulier durant les manifestations d'opposition de 2024-2025, le Service de sécurité d'État est politisé et transformé en un « organisme tentaculaire de surveillance et d'application de la loi » s'en prenant notamment aux militants d'opposition démocratique. Avec le ministère des Affaires intérieures, il est cité comme l'un des outils de répression utilisé par le gouvernement contre la contestation, dans un rapport publié en 2025[6]. Son indépendance du pouvoir est également remise en question, ledit rapport indiquant que le service est « dirigé par des loyalistes et fonctionne sans contrôle significatif, répondant directement à Ivanichvili ». L'oligarque et ancien Premier ministre limoge début 2025 Grigol Lilouachvili, en poste depuis 2019, lui reprochant d'avoir « profité de son poste pour siphonner des fonds occultes destinés aux campagnes électorales », avant de le remplacer par Anri Okhanachvili, qui est lui-même démis de ses fonctions pour « incompétence » en septembre 2025 après seulement 5 mois à la tête du service. Mamouka Mdinaradze, ancien parlementaire du Rêve géorgien et très proche d'Ivanichvili, lui succède[6],[7].
Le , Irakli Kobakhidze annonce le remplacement à venir de Mamouka Mdinaradze par Geka Geladze, ancien ministre de l'Intérieur, à la tête du Service de sécurité d'État. Un vote au Parlement doit avoir lieu pour confirmer ce changement[8].
